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PS I love you
Après avoir découvert l?étendue du talent d?Hilary Swank dans Boys don?t cry (Kimberly Pierce, 2002), puis l?avoir vue consacrée par un oscar en 2004 dans Million Dollar Baby, on s?attendait à voir l?actrice se choisir des rôles plus intéressants, voire audacieux. Trois ans et trois films plus tard, on espère toujours et la sortie de PS I Love You, comédie romantique signée Richard LaGravenese, ne comble pas nos espérances.
Un couple de New-yorkais d?extraction irlandaise : lui, Gerry/Gerard Butler, baraqué, viril et charmeur ; elle, Holly/Hilary Swank, visage de garçon manqué, mais très féminine de tempérament (la preuve étant qu?elle a des dispositions pour l?art, ce qui donne d?emblée une idée du niveau du film). Ils sont mariés et heureux, malgré les orages passagers que le film attribue au sang irlandais bouillonnant dans leurs veines. Elle est agent immobilier ; lui, on ne sait pas trop, mais ce n?est pas grave, puisqu?il meurt au début du film. Alors qu?on pensait en avoir fini avec ce balourd, voilà qu?il revient à travers des lettres postmortem à sa veuve inconsolable pour lui redonner goût à la vie.
Il est impossible de dire si le roman original, signé Cecilia Ahern, était destiné à être un tire-larmes. Par contre, on peut déclarer sans ambages que le film inspiré du roman est certainement destiné à arracher des larmes, du moins à ceux ou plutôt celles dont les esprits offriraient la même résistance que celle du beurre fondu. On peut tout se permettre au cinéma, à condition que les choses soient bien faites. Partant de ce point de vue (sujet à discussion, certes), il aurait été totalement admissible que PS I Love You soit un film cherchant à réveiller la midinette qui sommeille en tout être humain. Ce qui impliquait une prise de risques. Le réalisateur a choisi la voie facile : il se contente de faire un film pour midinettes. Ce qui n?est pas la même chose.
PS I Love You aurait dû être un film prenant le spectateur ? notez l?usage du masculin ? par surprise au détour de chaque scène clé, lui arrachant cette larme discrète qui lui aurait fait redécouvrir sa propre humanité. Au lieu de quoi, nous avons de belles images qui ne sont qu?un alignement de clichés et de situations convenues. Si le chagrin de la jeune veuve émeut un peu au début, on a, en revanche, moins d?affection pour elle en la voyant entourée de ces personnages stéréotypés, à commencer par les bonnes copines et le bon pote qui lui offre une épaule réconfortante. Les instructions postmortem du défunt sont, elles, tout à fait prévisibles. Il est aussi prévisible, dès la veillée mortuaire au pub, que l?histoire nous mènera en Irlande? avec ses vertes vallées, ses charmants cottages et ses gens si sympathiques et la musique pseudo folklorique qui accompagne chaque scène clé ; on n?ose croire que ce film ait été financé par l?Office irlandais du Tourisme.
Cela dit, PS I Love You plaira à certain(e) s. Un peu à cause du talent de Hilary Swank et de Kathy Bates ; surtout, hélas, à cause des clichés et personnages stéréotypés, justement? Le plus grand nombre s?en régalera, les esprits forts, eux, compteront chaque seconde des 126 minutes que dure ce film.
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