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Mot tabou

13 mars 2008, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

La seule tentative sérieuse d?introduire la représentation proportionnelle dans le système électoral mauricien remonte à 1966. Une proposition avait alors été faite par la commission Banwell mais elle s?était heurtée à une vive contestation. Depuis, il y a eu une saga interminable de recherches, de consultations, de discussions et de v?ux pieux mais le système électoral est demeuré intact.

A l?occasion de la fête nationale, le Premier ministre a réitéré son intention d?avancer sur la question. Il faut espérer que sa persévérance finira par payer parce que cela fait dix ans qu?il renouvelle le souhait d?en finir avec ce système inique.

Durant son dernier mandat en tant que Premier ministre, Navin Ramgoolam avait déjà émis l?idée d?une table ronde. Sa proposition fut rejetée d?emblée par les partis d?opposition. Il est revenu avec la même idée dans le discours qu?il a prononcé mercredi : «Mo pou prend l?initiative convoque tous les partis politiques ? petits et grands ? pou assise ensemble pou décide ene meilleure formule?» Il a probablement estimé qu?il a de meilleures chances cette fois d?aboutir à un résultat concret étant donné que la configuration de l?opposition a changé.

Le MSM a de fortes réserves sur la représentation proportionnelle. Ce qui a eu pour résultat d?embarrasser le MMM quand les deux sont en alliance. Avec la séparation entre eux, les circonstances sont favorables à une concrétisation du projet de réforme. Il y a une parfaite convergence de vues entre le PTr et le MMM sur la question. De plus, à eux deux, ils détiennent la majorité des trois quarts nécessaires pour modifier le système électoral.

Néanmoins, le syndrome du chat échaudé nous force à ne pas entretenir l?espoir d?une rapide avancée. Depuis qu?il est revenu au pouvoir, cela fait plusieurs fois déjà que Navin Ramgoolam a proposé des consultations sur la réforme électorale sans donner suite à ses idées. Il déclarait, le mardi 8 mai 2007, au Parlement, que «the best way to proceed would be to reach as broad a consensus as possible among all stakeholders, including of course the opposition?» Le lendemain à The Vale, il ajoutait que tous les partis doivent se mettre autour d?une table pour discuter de la réforme. Auparavant, le mardi 15 novembre 2005, il avait préconisé la mise sur pied d?un «High-Powered Committee» pour étudier les moyens par lesquels le rapport Sachs pouvait être appliqué. Mais, à chaque fois, les actes n?ont pas suivi les paroles.

Le mode de scrutin actuel contient tous les défauts d?un système électoral imparfait. Tous les Mauriciens de bonne volonté le reconnaissent. La solution consiste à appliquer un système mixte avec la plupart des députés élus selon le scrutin majoritaire et un certain nombre à la proportionnelle. A propos, le Premier ministre n?a pas évoqué le vocable «proportionnelle» dans son discours. Ce mot est-il si tabou ?

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