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«L?embrouille par voie de courrier»
François Hollande ne veut pas d?alliance nationale entre le Parti socialiste (PS) et le Mouvement Democrate (MoDem) de François Bayrou. Il est seulement prêt à des accords locaux, au cas par cas, dans certaines villes et sous certaines conditions.
Ségolène Royal tenait un tout autre discours, récemment, sur France 3. Elle regrette toujours son rendez-vous manqué avec Bayrou entre les deux tours de l?élection présidentielle. Il y avait de la lumière dans l?appartement parisien de ce dernier, mais il ne l?avait pas laissée monter... François Hollande n?a manifestement aucune nostalgie de ce genre. Le premier secrétaire, pour quelque temps encore, du PS était lundi soir l?invité d?Audrey Pulvar, dans le «19-20» de France 3. «Vous avez ironisé sur ce que vous avez appelé l?appel au secours de l? Union pour un mouvement populaire (UMP) au MoDem. Vous avez affirmé qu?il n?y avait pas de stratégie d?alliance entre le PS et le MoDem. Ce n?est pas tout à fait ce que nous a dit Ségolène Royal récemment.
On comprend mal. Qui décide au Parti socialiste et quelle est la consigne ?», lui demandait-elle. La journaliste était bien placée pour pointer cette différence. Elle avait participé dimanche soir à l?entretien en duplex avec Ségolène Royal. «La chose est simple», répondait François Hollande. On admirera l?adjectif.
«Si, parmi les candidats, il y en a qui veulent venir avec nous, sur notre projet, avec nos alliances à gauche, et clairement dans une opposition à la politique de Nicolas Sarkozy, ils seront les bienvenus», expliquait-il.
En clair, la stratégie au cas par cas est maintenue. Quant à savoir qui décide au Parti socialiste et quelle est la consigne pour le second tour des municipales, la réponse va tellement de soi aux yeux de l?intéressé qu?il n?éprouvait pas le besoin de préciser davantage. «Il y a autant de positions du MoDem qu?il y a de villes en France», disait-il encore. A Marseille, précisément, au moment même où se déroulait l?entretien, on apprenait que le candidat socialiste Jean-Noël Guérini venait de faire alliance avec Jean-Luc Bennahmias, un ancien des Verts passé au MoDem. «Je préfère des fusions de liste sur des projets politiques plutôt que la lettre de Nicolas Sarkozy qui arrive sur le bureau de Jean-Claude Gaudin à la veille d?un scrutin. Je préfère la clarté politique à l?embrouille, y compris par voie de courrier», expliquait François Hollande. Le président de la République promet en effet monts et merveilles à Marseille, dans une lettre datée du 6 mars, mais rendue publique en début de semaine. «La capitale française de l?Union pour la Méditerranée s?appellera Marseille», écrit Nicolas Sarkozy à son ami «Jean-Claude», entre autres gâteries destinées à arracher la réélection du maire sortant. Cela faisait sourire François Hollande.
Dominique DHOMBRES
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