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Baisse des importations d?Europe et d?Afrique du Sud

13 mars 2008, 00:00

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Consommer européen ou sud-africain devient de plus en plus cher. Aussi, les Mauriciens se tournent vers des produits comparables mais moins chers, en provenance de l?Extrême-Orient.

Le fret maritime de l?Europe coûte 20 % de plus que celui des pays de l?Asie et les produits eux-mêmes sont plus chers. Le résultat en est que nos importations des pays européens ont chuté de 10 % au moins au cours des sept dernières années.

Pour le capitaine René Sanson, important opérateur maritime entre l?Europe et Maurice, la tendance perdure : «C?est le fret maritime qui en est grandement pour quelque chose. C?est au moins 20 % plus cher chez les Européens, à comparer avec des pays tels que la Malaisie, la Chine, l?Indonésie. Mais il y a aussi le facteur des devises étrangères, notamment le dollar et l?euro, monnaies jugées trop fortes et qui ont découragé de nombreux importateurs à se tourner vers le vieux continent, comme vers l?Afrique du Sud et l?Australie.»

Les données de la Chambre de commerce et d?industrie indiquent qu?en l?an 2000, près de 20 % de nos importations venaient d?Europe. Actuellement, elles sont de l?ordre de 15 % et cette tendance à la baisse devrait se poursuivre, dit-on dans les milieux concernés. De moins en moins d?importations, en gros volume, de viande, de charcuterie, de produits laitiers, de vin, de cosmétiques et de parfums sont faites d?Europe. Si ces produits sont encore sur les étagères des commerces, de moins en moins de consommateurs les achètent.

Concurrence des pays émergents

Par contre, les pays de l?Extrême-Orient réalisent la meilleure opération d?exportation sur Maurice. En 2000, leur taux d?export était de 36 %, il atteint maintenant 46 %. Cette tendance devrait se poursuivre, tout au moins aussi longtemps que les produits de l?Europe et de l?Afrique du Sud restent dans les conditions actuelles. Toutefois, un taux d?inflation de 8 % en Chine, taux atteignant 40 % pour les fruits et légumes, pourrait, dans les mois à venir, avoir une incidence sur certains produits alimentaires importés de ce pays.

Robert Hungley, président de l?Association professionnelle des compagnies transitaires, lui-même directeur d?une société transitaire a une autre lecture de la situation. Il se dit d?avis que la baisse des importations d?Europe et d?Afrique du Sud a été plus prononcée au cours des derniers deux mois. «Chez certains clients, cela atteint même les 40 %, que ce soit au niveau des produits alimentaires ou non et qu?ils ne commandent plus.»

Pour le directeur général de la Chambre de commerce et de l?industrie, Mahmood Cheeroo, la situation actuelle résulte d?une suite logique des événements de ces dernières années. La très forte concurrence des produits asiatiques, égyptiens, indiens et pakistanais par rapport à ceux venant d?Europe, explique bien des choses quant au constat établi.

Il cite l?exemple de l?Inde. Nos importations de ce pays, notamment en produits alimentaires, étaient de 16 % en l?an 2000, elles ont chuté de 14 % pendant cette période de sept ans. Cependant, le contrat pour des produits pétroliers signé avec Mangalore a provoqué un retour en force dans les échanges entre Maurice et l?Inde, pays qui dépasse largement l?Afrique du Sud, souligne Mahmood Cheeroo. La situation serait semblable pour d?autres pays émergents, dont l?Argentine et le Brésil, pour l?huile, les biscuits, les conserves, les viandes?

Le capitaine Sanson souligne que la qualité des produits indiens, alimentaires ou non-alimentaires, est très bonne. Mais, dit-il, «le problème, c?est que bon nombre de navires ne veulent pas attendre des semaines dans les ports indiens pour embarquer les marchandises». Pour cette raison, ajoute-t-il, les ports d?Extrême-Orient, très efficaces, attirent de plus en plus d?importateurs mauriciens.

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