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Bérenger reconnaît «l?absence de fracture idéologique» en politique

13 mars 2008, 00:00

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«Ceux qui visitent la demeure de Paul Bérenger, située dans un faubourg vallonné du sud de Port-Louis (sic !), n?ont qu?à jeter un ?il par-delà les murs de sa propriété pour comprendre la logique selon laquelle la politique se pratique à Maurice : son domicile vient mourir sur les jardins tropicaux qui entourent l?une des résidences de son grand rival, le Premier ministre.» Entre deux lignes appréciatives de la tradition démocratique du pays, le Financial Times, dans une édition spéciale de 10 pages, en date du 11 mars consacrée à Maurice, laisse échapper quelques remarques bien senties sur le microcosme local.

Hormis le Premier ministre, qui a droit à un article séparé, les ténors de l?arène politique sont convoqués, de Rama Sithanen à son possible successeur de l?opposition, Vishnu Lutchmeenaraidoo. Ce dernier, sans surprise, dresse un tableau sans concession de la situation économique : «Elle est explosive. Les énormes augmentations de prix ont nourri un sentiment de frustration qui va au-delà de la classe la plus défavorisée. Les réformes inspirées du Fonds monétaire international nous ont amenés à un tel point que la paix sociale est au bord de la rupture.»

Le journal anglais met aussi en contexte la contestation «des conservateurs au sein du Parti travailliste, insatisfaits du prix à payer pour les réformes économiques poursuivies par le gouvernement».

«Attaché au sort des pauvres»

Rama Sithanen, décrit comme «un technocrate issu de la London School of Economics», se défend en avançant que l?inflation n?est qu?un «blip» dans l?horizon économique, et rappelle une liste de mesures prises pour atténuer les effets douloureux des réformes : subsides sur le gaz ménager, aides à la scolarité des groupes situés au bas de l?échelle, et transport gratuit pour les écoliers (re-sic !).

Paul Bérenger apparaît, quant à lui, comme un leader de l?opposition «haut en couleurs», «soucieux de ne pas donner l?impression que les rapports avec la majorité paraissent trop consensuels».

Le journaliste brosse le portrait d?un homme dont les boucles de chevelure argentée bondissent lorsqu?il tonne de la voix, lui que le fort tempérament avait conduit à la prison pour avoir mené les foules dans les premières années suivant l?indépendance : «Le peuple en a assez de ce gouvernement, avec les hausses de prix et la corruption amenée en deux ans et demi de mandat.» Un homme qui reconnaît juste après qu?«il n?y a pas de grande fracture idéologique. Les trois grands partis ont travaillé ensemble dans des alliances à un moment ou un autre».

Un ton finalement bien moins agressif que celui du Premier ministre, Navin Ramgoolam, dans l?entretien accordé à la veille du 12 mars. «Nous avons renversé la tendance, quoique nous ne disposions pas considérablement de ressources naturelles.»

Face aux critiques, Navin Ramgoolam déclare :«Il n?y a jamais eu à Maurice un gouvernement aussi attaché au sort des pauvres et à ceux qui ont besoin d?être soutenus.»

Interrogé sur sa gestion thatchérienne (du nom de l?ex-Premier ministre anglais Margaret Thatcher, surnommée la Dame de fer) des réformes économiques, il rétorque n?avoir pas eu de meilleur choix : «Nous vivons dans un monde globalisé, et ces réformes étaient essentielles.»

Amené à commenter les liens grandissants avec la Chine, le Premier ministre se félicite de l?avoir «persuadé d?utiliser Maurice comme pont entre l?Asie et l?Afrique», alors que Maurice ne figurait pas au départ sur la liste des cinq nations africaines lorgnées par Beijing pour l?installation de ses zones économiques spéciales.

Le Premier ministre ne se montre en tout cas pas très inquiet du ralentissement économique observé à l?échelle mondiale. Sauf si une récession majeure aux Etats-Unis s?étendait à l?Europe.

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