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Jugnauth arbitre de la guéguerre hymne national en créole
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Jugnauth arbitre de la guéguerre hymne national en créole
C?est l?inévitable S. Tengur qui lève le lièvre de la version créole de l?hymne national, le 3 mars 1983, dans la presse boolelliste : «J?apprends que le GM MMM/PSM veut faire du créole notre langue nationale et qu?il s?apprête à remplacer la version officielle et anglaise du Motherland par une version créole. Qu?en est-il exactement ? » Cet entrefilet titre : L?hymne de la discorde. Sur ce, se déroule la guéguerre de la suppléance de Jugnauth en vadrouille en Inde, du côté des non-alignés. Cette guéguerre finit par se tasser et la discorde de l?hymne national en créole remonte alors à la surface.
La presse commence à parler des multiples convocations de G. Essoo par Deerpalsingh. Selon Le Militant, ce dernier est satisfait du fonctionnement de la MBC. L?express le déclare pourtant mécontent du recrutement de freelancers ainsi que de la politique suivie à la rue Pasteur, Forest-Side. La presse indépendante parle d?instructions contradictoires entre Bérenger et Deerpalsingh, concernant la fréquente diffusion de la version créole de notre hymne national afin de la populariser au maximum, avant la célébration du 12 mars. Deerpalsingh ordonne l?arrêt de ces diffusions mais Bérenger les rétablit peu après.
Anerood Jugnauth rentre à Maurice le 9 mars au lieu du 11, comme initialement prévu. Commence alors l?opération koutiou, koutiou, étrennée au plus fort de la crise d?octobre 1982. Jugnauth confesse d?abord Bérenger qui lui rend compte, selon le protocole, de tout ce qui s?est passé d?important pendant son absence. Au tour de Kishore Deerpalsingh de venir conter au PM les misères subies par le PSM de la part de son suppléant. Jugnauth apprend du même coup que le PSM boycotte jusqu?à nouvel ordre le Conseil des ministres.
Si Jugnauth ne comprend pas l?ampleur de la zizanie au sein de son gouvernement, la presse anti-Bérenger est là pour dramatiser encore la situation. La presse boolelliste fait dire à Deerpalsingh que les ingérences du PM p.i. dans son ministère p.i. de l?Information sont «inacceptables». Le crime de Bérenger : d?avoir donné à G. Essoo le contrordre de maintenir la diffusion par la MBC de la version créole de notre hymne national.
Boodhoo tient une conférence de presse pour accuser Bérenger et Rama Poonoosamy de vouloir déstabiliser son ministère. «Ils usurpent les fonctions du PM et de ministre de l?Info», allègue-t-il. Le MMM place des agents patentés à la MBC. Il s?agit d?ingérences «anticonstitutionnelles». Boodhoo fait l?historique de la MBC, à partir du triste limogeage de Matou Delaître. Pendant l?intérimat de B. Ramudhin, tout va pour le mieux. La situation se gâte avec la nomination de Gaëtan Essoo, au dire de Boodhoo. Les relations direction/personnel s?enveniment. Boodhoo accuse Rama Poonoosamy d?ingérences intolérables. Il accuse deux ministres d?avoir préparé les questions de l?émission télévisée controversée sur la drogue. Il fait état d?un règne de terreur dont sont victimes MM. Ramlakhan et Purmessur et leurs proches.
La pire des ingérences militantes demeure, bien sûr, la version créole de l?hymne national. Boodhoo défend farouchement l?anglais en tant que langue officielle, reconnue par la Constitution. Il met en garde : On piétine notre loi suprême. L?ingérence de Rama Poonoosamy en faveur de la version créole bafoue la Constitution, le Conseil des ministres, notre hymne national, la liberté rédactionnelle de la MBC. Essoo obéit immédiatement à Poonoosamy, sans prendre même la peine de consulter son conseil de direction ni son ministre de tutelle, faisant ainsi preuve d?une liberté d?action inacceptable. Pire encore, il s?en va consulter Bérenger. Cela est anti-constitutionnel et va à l?encontre de l?éthique gouvernementale. Boodhoo est d?avis que même un Premier ministre ne peut s?ingérer dans les affaires d?un autre ministère, sauf en cas d?Etat d?urgence. Pire encore, Bérenger donne un contrordre à Gaëtan Essoo, court-circuitant ainsi Deerpalsingh, ministre p.i. de l?Information. Du même coup, Bérenger l?humilie. «Que se passera-t-il quand Bérenger deviendra le Premier ministre de Maurice ?
Boodhoo affirme que depuis longtemps, il met en garde Jugnauth contre ce qui se passe dans le pays. Il avoue ne pas pouvoir travailler au milieu d?intimidateurs et de tapeurs armés. La MBC appartient non pas à tel ou tel ministre mais au pays, à la nation. Que n?aurait pas dit Boodhoo s?il n?avait pas été alors malade, au point de ne pas pouvoir participer au sommet des pays non-alignés en Inde...
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