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40 ans de sport
Demain, le 12 mars, sera ? comme tous les ans d?ailleurs ? un jour important pour l?île Maurice, qui célèbre l?anniversaire de son indépendance. Sauf que cette année, la fête revêt un aspet un peu plus particulier puisque le pays fêtera ses 40 ans de liberté.
Les médias, pour marquer l?événement, nous proposent une rétrospective de ces 40 dernières années. La politique, le développement, l?économie? Tels sont les principaux thèmes traités. C?est tout à fait normal, puisque le succès du pays se mesure en fonction des réalisations dans ces domaines.
Cependant, le sport ? bien qu?ayant toujours été considéré comme la cinquième roue de la charrette par les gouvernements successifs ? a également écrit son histoire? et ses vérités.
Maurice, grâce à ces hommes et femmes qui se sont surpassés dans l?effort, a vécu son lot d?émotions, de gloire et aussi de déceptions. Nous pensons ici à des athlètes de la trempe de Mamade Elahee, Regis Jean (football), Gabriel Anazor, Patrick Piat, Patrick Haberland (cyclisme), Maryse Justin, Judex Lefou, Stéphan Buckland (athlétisme), Richard Sunee (boxe), Eddy Clarisse (badminton)? J?en passe, tellement la liste de ces valeureux sportifs est longue.
J?en profite pour rendre un vibrant hommage à tous ces athlètes, hommes politiques et dirigeants honnêtes qui, grâce à leur dévouement à la chose sportive, leur sens de l?effort et surtout de patriotisme, ont fait retentir l?hyme national aux quatre coins du monde.
Je me permets de citer ici, un ancien collègue et ami, Jean-François Leckning dans son ouvrage intitulé ?L?odyssée du sport mauricien? : ?J?ai découvert que le sport mauricien était riche d?exploits et d?anecdotes?.
Bref, ceci pour vous dire que la communauté sportive a marqué, à sa façon, les 40 ans de notre indépendance. Et ses exploits ont permis à la presse écrite ? partenaire incontournable dans le développement du sport à Maurice ? de partager les moments forts de notre sport.
Il a eu aussi les déceptions. Les décisions politiques, les guerres intestines dans bon nombre de fédérations sportives, l?égoïsme et la soif de pouvoir de nos dirigeants sportifs et le manque d?intérêt de la part de la jeune génération pour le sport ont, malheureusement, contribué à la faillite du sport chez nous, alors que diverses disciplines ont permis de propulser l?île sur l?échiquier mondial.
Néanmoins, le sport se résume-t-il uniquement à l?élite ? N?avons nous pas failli à notre tâche à créér une vraie société sportive ? Nous faisons bien sûr référence au sport de loisir.
Il est inquiétant de voir le nombre de personnes souffrant de maladies non transmissibles comme le diabète, l?hypertension ou encore le stress. Des maladies principalement causées par la sédentarité.
Je n?invente rien : les statistiques du ministère de la Santé sont là pour en témoigner...
Ce n?est pas forcément le ministère des Sports qui en est le principal responsable. C?est tout le système qui est à blâmer. A commencer par le ministère de l?Education dont le principal souci est de créér une nation d?élite, quitte à contribuer à gonfler, dans quelques années, le nombre de malades à Maurice?
Ne parlons pas de l?effet boomerang : l?Etat devra dépenser des millions de roupies pour soigner les sédentaires produits par le système! Là encore, il faut voir le budget injecté tous les ans dans ce secteur, alors que ce ne sont pas les infrastructures qui manquent à travers l?île?
Le vrai coupable : l?absence d?une véritable culture sportive, qui existe en Europe et ailleurs, et chez nos voisins réunionnais également.
Maurice célébrera demain ses 40 ans d?indépendance et ses 16 ans de République. Espérons que les principaux acteurs comprendront que le succès, voire l?avenir du pays dépendra également de la santé de son peuple.
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