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Les proches des disparus de King Fish militent pour une compensation

10 mars 2008, 00:00

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Un an déjà depuis la disparition de 16 pêcheurs à bord du King Fish II et King Fish V. Outre le désespoir qu?éprouvent ces familles endeuillées par la disparition de leurs proches, les difficultés financières sont aussi du lot. Ces femmes de pêcheurs disparus peinent à joindre les deux bouts. Mères, elles ont une lourde responsabilité à assumer : payer le loyer à la fin du mois et envoyer leurs enfants à l?école. Subitement, elles se sont retrouvées seules, sans leur mari pour les aider à la tâche. Et pour bénéficier d?une compensation, elles doivent d?abord obtenir leur certificat de décès. Or, ils sont tout simplement portés disparus.

Ces femmes ont mis sur pied une association qui a pour but de se battre pour une compensation. Si certaines pensent qu?elles reverront leur époux, d?autres sont moins optimistes. En attendant, il leur faut de l?aide financière. L?article 222 du code civil mauricien stipule que toute personne disparue ne sera déclarée morte qu?au bout de cinq ans. Selon un homme de loi, l?application de cette loi varie en fonction des circonstances de la disparition.

A l?instar du garde-côte, Judex Spéville, disparu le 13 mai 2007 qui a été déclaré mort le 27 février de cette année. Plusieurs facteurs ont accéléré le processus, notamment le fait que le corps de son collègue, Christophe Phillipe, qui était à bord du même bateau, a été retrouvé.

Certificat de décès

Dans le cas du bateau King Fish, aucun corps n?a été retrouvé. En revanche, le King Fish II, a, de son côté, été retrouvé, mais sans son équipage. Certains proches des pêcheurs disparus du Kingfish II s?appuient sur le cas du Coast Guard, Judex Spéville, pour entreprendre des démarches afin d?obtenir le certificat de décès de leur mari avant cinq ans.

D?autres, n?en veulent pas. A l?instar de Mario Darga, père d?un des pêcheurs disparus, qui se dit confiant que son fils Christophe, qui était à bord du King Fish II «est vivant». Il déclare que tant qu?aucun corps de l?équipage n?a pas été retrouvé, il ne croira jamais que son fils est décédé. «Ce n?est qu?après avoir eu la certitude de son décès que j?entamerai des démarches pour son acte de décès», lâche Mario Darga. Ce dernier relate qu?il a l?habitude de voir son fils dans son rêve : sain et sauf et attendant qu?on vienne le récupérer.

Néanmoins, parmi la majorité des familles des pêcheurs disparus, l?espoir n?est plus. Elles veulent que le certificat de décès de leurs proches leur soit attribué afin de pouvoir sortir de leur misère.

Nathalie Lincoln est mère de trois enfants âgés d?un an, 5 ans et 11 ans. «Outre de subvenir aux besoins de mes enfants, je dois payer les impôts. Cette disparition soudaine a bousculé ma vie et l?a empirée», raconte-t-elle. Nathalie Lincoln travaille dans un établissement préscolaire. « Ce fardeau est trop lourd pour moi. Je sens que ma tête va exploser», lâche-t-elle.

Nathalie Lincoln est membre de l?Association des familles proches des marins pêcheurs disparus. Mario Jolicoeur, un des porte-parole de l?association, est en faveur d?une compensation pour ces familles «brisées». Il confie que celles-ci auraient dû obtenir une pension temporaire en attendant qu?elles obtiennent le certificat de décès de leur mari. «Cette pension serait d?une grande aide pour ces familles en attendant les démarches pour obtenir une compensation», explique-t-il.

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