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Sarita Prithipaul expose à Londres
Du 18 au 27 avril 2008 se tiendra à Londres, The Botanical Palette, une exposition de peinture de la Society of Botanical Artists. Les Mauriciens en général, les amateurs de Beaux Arts en particulier, mais plus spécialement ceux appréciant le plus la peinture minutieuse et précise, tout en restant élégante et valorisante, reproduisant les plantes et les fleurs, seront fiers et heureux d?apprendre que parmi les artistes, triés sur le volet et sélectionnés pour participer à cet événement artistique, attirant des foules appréciables, se trouve une Mauricienne : Sarita Barnby, née Prithipaul, l?une des petites-filles de l?inoubliable Aunauth Beejadhur, l?homme qui murmurait à l?oreille des roses de son jardin de Quatre-Bornes.
La reproduction minutieuse des plantes et des animaux est une partie très importante de l?art pictural, se doublant d?une précision scientifique, pouvant faire défaut aux tournesols de Van Gogh ou aux Nymphéas de Claude Monet, en dépit de tout le bien qu?on peut penser de ces toiles inspirées.
L?artiste botaniste s?efforce de reproduire la plante, la fleur, l?animal, les servant de sujet, avec le plus d?exactitude possible, respectant rigoureusement la taille, la forme, les couleurs, en faisant totalement confiance au fait que chaque plante, chaque animal, possède une beauté spécifique qu?il appartient à l?artiste de mettre en exergue, sans induire personne en erreur.
Il s?agit d?un travail de haute précision qui procure à l?artiste une satisfaction épanouissante, semblable à celle pouvant résulter d?une re-création. Mieux qu?une photographie même de haute précision car incapable, sauf manipulation postérieure, d?isoler pédagogiquement une partie de la plante ou de l?animal, de la nature l?environnant, l?art botaniste n?a pas son pareil, pour mettre en valeur la beauté insoupçonnée des créatures même les plus petites, même les plus ignorées et dédaignées.
Cette peinture botaniste est quelque peu tombée en désuétude, à Maurice comme ailleurs, dans le monde, en raison des progrès de la technologie photographique et principalement de la macro-photographie. Notre monde est ainsi ridiculement fait que plus il multiplie et améliore les moyens techniques lui permettant de scruter les merveilles de la nature et moins il y en a d?amateurs à se passionner pour ces reproductions merveilleuses.
Fort heureusement, il s?en trouve des artistes et autres dessinateurs à poursuivre le lent travail des artistes de tous les temps et de tous les lieux, pour recréer, par leurs propres talents, les merveilles de la nature nous environnant, en sachant que, contrairement à la pure technologie, la passion, qui les dévore, comme leurs dons artistiques sont capables, non seulement de reproduire ces merveilles de la nature, mais encore de leur donner une âme, une nouvelle dimension spirituelle.
Ces artistes botanistes se situent dans la droite lignée de ces dessinateurs et peintres de grand talent, doublés de solides connaissances botaniques, qui faisaient partie des expéditions scientifiques, aux XVIIIe et XIXe siècles, et qui étaient chargés de reproduire tout ce que les savants de l?expédition leur signalaient comme sujets valables, devant être reproduits avec une exactitude et une précision optimales.
<B>Plus vrais que nature</B>
Plusieurs de ces artistes de haute précision ont fait souche, artistiquement parlant, à Maurice et ont suscité des vocations locales. La plus connue de ces artistes locaux est sans doute Mme Moon, née de Chazal. La Société Royal des Arts et des Sciences met présentement en vente un magnifique album de certaines de ses planches naturalistes. La Réunion voisine a eu en Antoine Roussin un autre maître dans cette discipline. De nos jours, un Jean Michel Vinson nous a amplement prouvé avec quel talent il peut reproduire plus vrais que nature nos poissons et nos oiseaux.
Sarita Prithipaul n?a rien à envier à tous ces artistes si talentueux. Elle ne compte pourtant que quelques années de pratique. Fidèle à ses principes, quand elle a voulu se mettre à cette peinture si exigeante en termes de respect et de rigueur, elle n?a pas hésité à frapper aux meilleurs artistes sur la place pour apprendre d?eux les rudiments de cette peinture naturaliste. C?est ainsi qu?elle frappe aux portes d?Anne Swan et de Valérie Price à Londres. Celles-ci parviennent à lui communiquer le meilleur de leur maîtrise.
<B>Elle fait honneur à son île</B>
Sarita Prithipaul compte déjà à son actif deux participations à des expositions d?artistes botanistes en Grande-Bretagne. Elles ont lieu à Wantage et à Bampton, Oxfordshire. À sa passion pour la peinture botaniste, elle ajoute une autre pour la calligraphie. Elle participe ainsi à une exposition, à Stratford on Avon, pour avoir calligraphié un sonnet de William Shakespeare.
Sa participation à l?exposition Botanical Palette (qui se tiendra du 18 au 27 avril 2008 au Westminster Central Hall, Storey?s Gate, London SW1, à deux pas de Westminster Bridge et du Houses of Parliament) dit bien qu?elle est assez talentueuse pour être admise dans un cénacle aussi relevé. Elle n?en demeure pas moins désireuse de rencontrer les artistes mauriciens partageant sa passion pour ce genre de peinture.
Nous ne pouvons que lui souhaiter bonne chance pour sa participation à Botanical Palette. Mais d?ores et déjà, nous pouvons lui assurer qu?elle fait honneur à son île Maurice natale. Mieux encore, nous pouvons lui donner l?assurance que son grand-père maternel aurait été fier de sa performance, lui qui était connu pour chérir les innombrables roses de son jardin de Quatre-Bornes.
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