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CT-Power : des petits planteurs pour l?option charbon-bagasse

8 mars 2008, 00:00

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«Avec une exploitation optimale de la bagasse, nous pourrions arriver à produire 60 % de nos besoins énergétiques.» Souhaitant que CT-Power, la centrale projetée à Albion, ne fonctionne pas qu?au charbon mais aussi à la bagasse, le président de la Mauritius Planters Association, Rafick Chatharoo, veut par la même occasion faire entendre la voix des planteurs désireux de prospérer au sein d?une industrie cannière, basée sur la bagasse et sur le jus de canne servant à l?éthanol.

Exploitée presque de façon optimale, la bagasse ne compte pourtant actuellement que pour 15 % de la production énergétique de Maurice. «L?industrie doit se transformer. Si nous passions effectivement à une industrie cannière, considérant le sucre comme un produit dérivé, la proportion d?énergie à base de bagasse pourrait être sensiblement plus importante», estime-t-il.

La canne à sucre «traditionnelle», qui produit prioritairement du sucre, n?arrive à maturation qu?après 12 mois. C?est pourquoi dans une centrale thermique comme Belle-Vue, la production de bagasse est surtout liée à la période de coupe, le charbon étant le reste de l?année la principale ressource énergétique. «En 2007, nous avons exploité quelque 706 000 tonnes de canne et en avons extrait environ 259 000 tonnes de bagasse, produisant du coup approximativement 88 GigaWatts», indique Geoffroy Mattlinger, directeur de la centrale thermique de Belle-Vue. «Cette même année, 160 000 tonnes de charbon ont fourni 238 GigaWatts.»

Le pays produirait six millions de tonnes de canne. Une tonne rapporterait environ 600 kilowatts. La centralisation a amené l?exploitation de la quasi-totalité de la bagasse comme ressource énergétique.

Pour Rafick Chatharoo, une variété de canne à fort taux de fibres serait récoltable plusieurs fois dans l?année. Ce que confirme René Ng Kee Kwong, directeur du Mauritius Sugar Industry Research Institute. Mais cette high fibre cane ne se plante pas encore. «Nous n?avons jamais abandonné la recherche sur la canne à haute fibre. C?est néanmoins un processus en cours sur des années et qui se concrétise peu à peu. Nous avons même mis en circulation auprès des planteurs une variété qui donne 2 % de fibres supplémentaires», explique René Ng Kee Kwong.

Toujours est-il qu?avec l?épée de Damoclès suspendue au-dessus du projet de CT-Power, qui pourrait être remis en cause par un refus de l?Environnement d?accorder un permis EIA, les spéculations sur les alternatives vont bon train.

Le projet de CT-Power, bâti sur une technologie spéciale de pulvérisation du charbon, assurant des résultats optimaux, «devrait être totalement revu si on voulait y adjoindre la production d?énergie à base de bagasse compressée», estime Bibi, vice-président de la CEB Staff Association. Il considère que le CEB aurait un bon terrain de repli si le projet CT-Power butait sur un feu rouge pour cause de menace environnementale : «Le CEB dispose d?un site approprié à l?emplacement du Fort George (ancien entrepôt du ministère des Travaux).» Il serait d?autant plus adapté que «cette zone au port franc ne pose aucun problème environnemental et dispose de toutes les infrastructures de stockage de charbon». «Un terrain voisin appartenant à la MCFI pourrait être réquisitionné et, considérant la situation du Fort William, il n?y aurait aucun problème de congestion routière pour l?acheminement du charbon.»

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