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BP 247

6 mars 2008, 00:00

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<B>Dieu et la politique</B>

La question des rapports religions-Etat soulevée dans l?éditorial de «l?express» du lundi 3 mars 2008 est tout à fait opportune à l?approche du 40e anniversaire de l?Indépendance, événement qui nous pousse à réfléchir à l?idée de Nation et à celle de République.

Je suis d?accord quand Raj Meetarbhan déclare que «le mélange entre le spirituel et le temporel est contraire aux valeurs de la république et que ce refus de mélanger la religion et la gestion des affaires publiques n?a rien à voir avec un quelconque positionnement anticlérical.» Cependant, je ne dirais pas que «Dieu et la politique ne font pas bon ménage». Je dirai qu?ils (Dieu et la politique) pourraient s?entraider si l?autonomie du politique est respectée aussi bien que le champ propre du domaine religieux.

Cette instrumentalisation mutuelle des religieux et des politiciens que dénonce monsieur Dulthuman tout en la pratiquant lui-même, c?est ce que l?Eglise catholique essaye d?éviter dans le but de permettre aux uns et aux autres d?apporter leur contribution à la construction de la nation, et ce, dans le champ qui leur est propre.

Mais il faut savoir que si l?Eglise tient cette position aujourd?hui, c?est parce qu?elle a tiré des leçons des excès commis par des églises chrétiennes dans les périodes dites de chrétienté où le peuple était forcé à épouser la religion du souverain (cujus regio, ejus religio = la religion du roi est celle de ses sujets) et partant, est entrée dans des confusions regrettables. Par exemple, confusion entre science et religion, ce qui poussait à dire que les données scientifiques étaient des dogmes de foi !

Contrairement à ce que l?on pourrait penser, cette distance à observer entre la religion et la politique, loin de traduire un mépris de la politique, doit être prise au contraire comme une reconnaissance de sa compétence propre. Les religions peuvent ainsi devenir des partenaires de l?Etat, comme c?est le cas à Maurice dans bien des domaines, mais à condition qu?elles respectent le champ propre de l?intervention politique et n?empiètent pas sur un terrain qui n?est pas le leur. L?inverse étant tout aussi nécessaire. L?Etat peut ainsi reconnaître que la religion sait faire certaines choses qui sont vitales pour un pays. Il revient alors à l?Etat de donner les moyens aux religions pour leur permettre de rendre ce service précis?

<B>Jean-Maurice LABOUR</B>

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