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Bata revient au galop

4 mars 2008, 00:00

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Elle s?était retirée sur la pointe des pieds l?an dernier. Après quelques mois de silence et d?absence, l?enseigne internationale Bata revient à Maurice «en force», avec «la ferme intention de devenir le leader de la région». Lors de la liquidation de l?entreprise, tous croyaient que c?en était fini de la parenthèse mauricienne de cette entreprise suisse. Après avoir fermé les boutiques et tout liquidé, la famille Tsang Mang Kin et Tamak Textiles avaient définitivement tourné la page de cette histoire de la chaussure made in Mauritius.

«Quand nous avons repris Bata, c?était pour avoir un local pour étendre nos activités. En ramenant toutes nos unités de production sous le même toit, nous espérions être plus efficaces et ainsi augmenter notre production», explique Lily Tsang Mang Kin, directrice de Tamak Textiles et responsable du projet Bata. Et puis? «Le PDG de Bata Malaisie était à Maurice pour régler quelques affaires et il a voulu rencontrer les repreneurs, nous rencontrer. Il nous a alors expliqué ce qu?était Bata à l?international. Rien à voir avec ce que nous connaissions de Bata à Maurice.» Séduits, les Tsang Mang Kin décident de faire un saut à Singapour. Pendant deux jours, ils s?imprègnent de l?esprit Bata et invitent à leur tour celui qui délivre les franchises à Singapour à venir à Maurice. «Nous ne sommes pas des chausseurs. Nous voulions qu?ils viennent à Maurice et qu?ils se rendent compte par eux-mêmes de ce qu?est le marché mauricien», explique Lily Tsang Mang Kin.

Car cette fois, il n?est pas question de fabriquer des chaussures. «L?expérience prouve bien que fabriquer les chaussures à Maurice n?est pas viable financièrement. Nous ne serions pas capables de donner au public cet assortiment de chaussures et cette variété de modèles. La fabrication locale ne peut faire face à la concurrence internationale», soutient Lily Tsang Mang Kin. Alors qu?avec cette franchise, Bata Mauritius pourra offrir une nouvelle collection à ses clients . Si la première collection a été imposée par la franchise internationale basée à Singapour, Lily Tsang Mang Kin attend de pouvoir choisir «ses» chaussures parmi les 700 collections que propose la marque. Arriveront-ils à changer la perception des Mauriciens que Bata, ce sont des chaussures «vieillottes, pas de très bonne qualité, au choix limité et pas cher» ? «Ce sera difficile. Cela prendra du temps mais j?espère que nous y arriverons.», soutient la directrice. Un changement qui amènera certainement un changement de clientèle. «Certes la taxe va alourdir notre prix mais je suis certaine que nous arriverons tout de même à être compétitifs et à offrir un produit de qualité. Les gens auront de la value for money», soutient Lily Tsang Mang Kin.

Deux «concepts» seront offerts aux clients : le «family» et le «city». Dans la gamme «City», outre les chaussures, des accessoires seront également proposés aux clients. En ce moment, ils sont en plein dans la «préparation» des trois magasins qui devraient ouvrir en mai. «La décoration des magasins sera totalement revue. L?éclairage choisi mettra en valeur les produits.» .

Le recrutement du personnel est également en cours. D?abord une quinzaine de personnes. Un personnel qu?ils espèrent doubler au fil des mois et qui suivra une formation «rigoureuse» à Singapour. «Les employés seront formés afin qu?ils servent au mieux le client. Qu?ils puissent le conseiller afin qu?il trouve chaussure à son pied», explique Lily Tsang Mang Kin.

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