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Un pavé dans la mare

4 mars 2008, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Personne ne peut rester insensible aux souffrances des Chagossiens déportés de force par la puissance coloniale britannique pour permettre l?implantation par les Etats-Unis d?une base militaire à Diego Garcia. Expulsé de sa terre natale entre1967 et 1973, ce peuple meurtri mérite, dans sa lutte pour une réparation, le soutien de tous les êtres épris d?humanisme et de justice. Toutefois, il est important de distinguer entre le sort tragique des îlois et le préjudice causé à Maurice par l?excision des Chagos. Le combat en faveur de notre souveraineté sur cet archipel doit primer sur toutes autres considérations.

Il existe bel et bien un litige anglo-mauricien qui porte sur les Chagos. Port-Louis n?a raté aucune occasion de faire connaître au monde sa position sur la question. Certes, nous avons obtenu, ces dernières années, quelques avancées mais nous sommes encore loin d?avoir réglé le problème. Ainsi, tout ce qui peut prendre à revers le combat en faveur de notre souveraineté sur les Chagos est reçu avec beaucoup d?amertume par les Mauriciens. C?est pour cette raison que nous sommes stupéfaits par la déclaration faite par Olivier Bancoult, leader du Groupe Réfugiés Chagos, à Londres devant un Comité parlementaire sur les Relations extérieures en janvier dernier. Les délibérations de cette instance sur Diego Garcia sont déjà disponibles sur internet :(http://www.publications.parliament.uk/pa/cm200708/cmselect/cmfaff/c147-ii/c14702.htm ).

Les propos du chef de file des Chagossiens portent un coup dur à la cause mauricienne dans le conflit territorial qui nous oppose aux Britanniques. Un membre du comité parlementaire, le député Paul Keetch, voulait savoir si les Chagossiens préféraient rester des citoyens mauriciens ou devenir des sujets de Sa Majesté Elizabeth ll. Olivier Bancoult lui répond sans ambages : «Frankly, most of us want to stay British». Ce qui signifie que si un référendum était organisé parmi les 5 000 Chagossiens, une fois rentrés dans leurs îles natales, la plupart d?entre eux exprimeraient le souhait d?être colonisés par les Britanniques. Or, en droit international, l?autodétermination est un principe reconnu. Même quand il va à l?encontre du concept d?intégrité territoriale.

On se demande comment réagirait l?avocat Hervé Lassémillante aux propos du leader chagossien, lui qui n?a jamais mâché ses mots à l?égard de ceux qu?il appelle les «soi-disant anglo-chagossiens». Devant l?empressement des îlois à réclamer un passeport britannique, il déclarait déjà : « Je suis choqué par ces Mauriciens secourus lors de l?exode forcé des années 60 et 70 et qui vont, en tant que peuple servile et colonisé, demander justice aux colonisateurs en oubliant les intérêts de cette île qui les avait accueillis». Il doit se sentir davantage scandalisé aujourd?hui.

Une courte période nous sépare de l?échéance de 2016, date de l?expiration du bail consenti aux Etats-Unis par la Grande-Bretagne pour la location de Diego. C?est le moment d?intensifier nos actions pour faire respecter nos droits. Le chemin sera semé d?embûches

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