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Sarah Bernhardt à la rescousse
Re-réouverture exceptionnelle du Plaza. Le 25 mars, le théâtre retrouvera, pour un soir, l?urgence de la création. Les bruits des spectateurs, leurs bravos. C?est à cette date que Pierrette Dupoyet donnera Sarah Bernhardt, création 2007, présentée au Festival d?Avigon.
Comédienne pour comédienne. Sarah, celle qui a tout osé, pour l?époque. Notamment jouer des rôles d?hommes. Celle qui, avec sa jambe de bois ? elle avait été amputée ? , alla jouer pour les soldats au front. Portée par Pierrette Dupoyet, une habituée de Maurice. Venue en 2006 avec son interprétation toute personnelle de Le Petit prince. Et précédemment avec Les parias chez Hugo.
Les initiatives se multiplient. Pour sauver le Plaza. Après le lancement du CD lyrique (voir encadré), le théâtre accueille cette création de Pierrette Dupoyet. Et quoi de plus approprié pour sauver un théâtre de l?usure du temps que d?y faire revivre cette personnalité extravagante qu?était Sarah Bernhardt. Une extravagante, à la fois adulée et contestée. Une tragédienne surnommée «Délirante Sarah» qui n?a pas craint de choquer en interprétant des rôles d?hommes (L?Aiglon, Hamlet, Lorenzaccio?) ou des rôles d?ingénues (alors qu?elle était déjà grand-mère).
Sarah Bernhardt, c?est celle qui était là où on ne l?attendait pas. Faisant preuve de courage en soutenant Zola dans l?Affaire Dreyfus. Affrontant la maladie et la mort, pour que vive le théâtre.
Elle sera au Plaza, le 25 mars, dans un décor d?intérieur feutré avec une table de maquillage de théâtre. Alors, Sarah la rouquine, par la voix de Pierrette Dupoyet, pourra se laisser aller à passer de l?autre côté du miroir. Sarah la grande, la flamboyante sera rongée par le trac, par le trou de mémoire, cette «traversée du désert du texte », face au « public imprévisible qui peut brûler ce qu?il a adoré».
Bel écho au parcours de Pierrette Dupoyet. Comédienne elle-même inspirée par «tout ce qui frissonne, ce qui étonne, ce qui bouleverse?tout ce qui rassemble ce qui est épars». Comédienne qui, à travers ses créations, a abordé des thèmes aussi divers que la peine de mort (Madame Guillotin), l?enfermement (Laisse tomber la neige), l?exclusion (Les parias chez Hugo), les sestins de femmes (George Sand, Marguerite Yourcenar, S?ur Emmanuelle, Colette).
*Billetterie dans le Rezo Otayo.
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