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Guitar story

3 mars 2008, 00:00

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Il a pris le risque. Celui de faire un album instrumental.Uniquement. Ce qui l?éloigne d?emblée du mainstream. Des impératifs commerciaux. Décontracté, presque détaché, Neshen Teeroovengadum explique qu?il a fait «un album sans enjeu». Que ce n?est «pas fait pour vendre mais pour faire écouter ma musique». C?est tellement rare les gens qui disent cela. Les artistes qui se la jouent cool. A ce point-là.

Alors, si c?est comme cela, autant se caler confortablement. Monter le son et laisser dévaler la cascade de notes. De l?impro jazz à l?électro-guitare en passant par le ternaire séga. Semer dessus des «tilala eh lolo» riches et chauds. Sur la batterie qui se déchaîne sans perdre le fil, le saxophone qui s?invite. Et Macondé qui nous attend. Par temps de soleil, cela s?entend. Car c?est là le titre de l?album que propose le guitariste Neshen Teeroovengadum. Parce que «c?est un endroit qui représente l?île Maurice que j?aime, l?île Maurice pittoresque». L?île Maurice à double-face. Couper du monde en temps de pluie.

Vingt ans à tourner dans le circuit hôtelier. A faire des rotations de six jours sur sept, «parfois sept jours sur sept». A quoi cela sert ? «Mont enn lakaz.» Avoir une famille. Vingt ans de cabaret. De quoi vous saturer de la variété ? c?est le cas de Neshen. De quoi vous pousser, quand vous êtes en vacances à Paris (excusez du peu), à aller dans un club dédié à l?improvisation, et d?aller vous rafraîchir en faisant un boeuf. «Là-bas, le niveau est monstrueux.»

Des fourmis dans les doigts

De quoi faire réfléchir. Et puis voilà, celui qui a toujours accompagné les autres, celui qui fait partie du band qui entoure Marie Luce Faron dans les cabarets d?hôtels, s?est mis à entendre «sa» musique.

Vingt ans à travailler son instrument. A tout essayer pour maîtriser techniques et harmoniques. Au point de ne plus avoir envie de voir sa guitare en peinture dès fois. Cela vous donne des fourmis dans les doigts. Cela fait crisser les ongles qu?il a longs et limés à la perfection.

Les influences sont venues en premier. Les amis aussi. Les vrais. Ceux qui travaillent sans vous réclamer un cachet, comme nous le confie Neshen Teeroovengadum. Il y a là, Christophe Bertin à la batterie, Frédéric Grenade à la basse, Jocelyn Armandine aux claviers, Jhonny Joseph aux percussions et le trio Caroline Jodun, Kiki Cerdor et Allan Dupuy aux choeurs.

Et vous voilà invité à balader vos oreilles en dehors des catégories. «Ce n?est pas du jazz, pas du séga, pas de la musique traditionnelle». Enfin un peu quand même. C?est surtout une «démarche naturelle».

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