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Les commerçants : nos marges ne sont pas exorbitantes

21 février 2008, 00:00

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L?article intitulé «Les marges des distributeurs font débat», paru dans notre édition du vendredi 25 janvier 2008, a suscité de vives réactions de certains distributeurs.

En effet, sollicités par l?express pour leur opinion sur les marges maximales (maximum mark up) des distributeurs, des agents du ministère de l?Industrie, des Petites et moyennes entreprises, du Commerce et des Coopératives ont estimé que «la plupart de ces marges sont exorbitantes».

Ces marges sont celles définies par le ministère du Commerce sur les biens dits contrôlés afin, dit-on, «de limiter des abus». A noter qu?aucun distributeur n?avait voulu faire de commentaires au sujet de ces marges jugées excessives quand l?article était sur le point d?être publié.

Aujourd?hui, des distributeurs estiment que ces marges sont tout à fait raisonnables. Nicolas Merven, responsable du secteur du détail (retail) chez Ireland Blyth Limited (IBL), explique : «Les marges maximales définies par le ministère du Commerce sur certains produits contrôlés sont purement théoriques. Dans la réalité, aucun distributeur ne peut arriver à cette extrémité compte tenu de la guerre des prix qui sévit dans le secteur de la distribution entre les détaillants.»

«La concurrence dans le milieu est si âpre que bon nombre de distributeurs ont subi des pertes énormes ces dernières années. Ceux qui estiment qu?il existe des cartels qui s?amusent à fixer des prix comme ils l?entendent se trompent. Si c?était vraiment le cas, pourquoi alors cette féroce concurrence axée sur les prix distributeurs, uniquement dans le but de s?accaparer une plus large part de marché ? Cela manque de logique», ajoute-t-il.

<B>«Acheter de façon intelligente»</B>

Pour Nicolas Merven, les distributeurs sont très sensibles à la dépréciation du pouvoir d?achat de la population mais, malheureusement, le problème de l?inflation reflète la situation sur le marché international. «L?inflation n?est pas limitée à Maurice. C?est une situation qui prévaut partout ailleurs. L?appréciation de la roupie par rapport à certaines devises ne fait qu?atténuer, dans une certaine mesure, cette hausse démesurée des prix. Face à cette situation, nous conseillons à la population de faire ses achats de façon intelligente, rationnelle, en choisissant des produits dont les prix sont les plus abordables. Contrairement à l?idée répandue, les produits les moins chers ne sont pas forcément les moins bons», insiste Nicolas Merven.

A la question de savoir si la demande du ministère des Finances et de celui du Commerce relative à la baisse des prix dans le secteur de la distribution sera entendue, la réponse de Nicolas Merven est plutôt évasive : «Les détaillants achètent en roupies, donc, ils ne ressentent aucun effet par rapport au taux de change. Au point où nous en sommes, avec des marges infimes, ceux qui peuvent baisser leurs prix les baisseront, mais ceux qui ne le peuvent pas ne les baisseront pas. Par ailleurs, les promotions régulières proposées par les supermarchés et hypermarchés viennent en quelque sorte remplir ce rôle et font baisser les prix sur un grand nombre d?articles.»

Un autre distributeur ? qui n?a cependant pas voulu être cité ? a estimé que les propos tenus par certains employés du ministère du Commerce sont «irresponsables». Pour lui, après avoir déduit de ces marges les frais de gestion de stocks, les consommations intermédiaires (charges d?électricité, d?eau, de téléphone, le loyer, les charges salariales, entre autres) et les diverses marges accordées à d?autres distributeurs (les demi-grossistes et les détaillants par exemple), le profit qu?ils réalisent est assez maigre.

«Le ministère du Commerce devrait aller chercher son bouc émissaire ailleurs. Depuis deux ans, les efforts des distributeurs pour mettre sur pied un groupe de travail avec le ministre du Commerce afin qu?ensemble nous trouvions une solution au problème, sont restés vains. La dernière rencontre que nous avons eue remonte à début 2006», explique à l?express ce responsable d?une autre grande centrale de distribution qui a aussi requis l?anonymat.

Il ajoute : «Ce n?est pas du tout honnête que le ministère du Commerce nous fasse passer aux yeux de l?opinion publique pour des profiteurs. Certains de nos produits sont vendus à perte. Le sucre blanc, par exemple, on nous le livre à Rs 5,11 et nous avons l?obligation de le revendre à notre tour à Rs 5,10. Pourtant, vous continuerez à voir du sucre blanc sur nos rayons, tout simplement parce que nous avons aussi à c?ur l?intérêt du consommateur.»

Pour les consommateurs, les marges des distributeurs, objet de ce débat, ne représentent qu?un des quatre principaux facteurs intervenant dans la fixation des prix. Comme l?ont précisé, lors d?une conférence de presse ce lundi, les responsables de la Chambre de commerce et d?industrie de Maurice, les trois autres facteurs sont le coût du produit à l?origine, le fret, et le taux de change.

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