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«Les prix baissent»
Le marché fonctionne et les commerçants en général répercutent les effets de l?appréciation du taux de change sur les prix de vente des articles. C?est en substance l?argument de la Chambre de commerce et d?industrie (CCIM) face aux critiques que les produits restent chers malgré le fait qu?une roupie forte devrait contribuer à absorber l?inflation importée. Mais, dans beaucoup de cas, soutient la chambre, les coûts ont augmenté plus vite que l?appréciation de la monnaie locale.
«Il y a eu des baisses de prix et il y en aura d?autres encore», prévoit Mahmood Cheeroo, secrétaire général de la CCIM, lors d?un point de presse hier à Port-Louis. Selon lui, la majorité des distributeurs joue le jeu et passe les gains sur le mouvement de devises aux consommateurs là où c?est possible.
«Le marché fonctionne. C?est aux consommateurs d?acheter là où les prix sont plus compétitifs. Il y a une plus grande variété de produits disponibles. Il y a plus de 10 000 importateurs qui sont en opération. Les sources d?approvisionnement se sont beaucoup diversifiées également», explique le secrétaire général de la CCIM.
Plusieurs produits provenant de l?Afrique du Sud, tels le jus en boîte, les biscuits, certaines céréales et des cosmétiques ont en général connu une baisse en raison de la faiblesse du rand face à la roupie, indique-t-il.
Toutefois, argue-t-il, la flambée de certains produits dont les denrées alimentaires et le pétrole ne permettent pas aux prix de vente de baisser dans la même proportion que la progression du taux de change. Les consommateurs se plaignent en effet des hausses continues malgré la conjoncture favorable de la monnaie locale.
Pour le secrétaire général de la chambre, certaines majorations ? comme celles sur le lait ? auraient été plus importantes n?était-ce le mouvement à la hausse de la roupie. Selon lui, le taux de change n?est qu?un facteur dans l?équation. Il faut aussi tenir compte du coût à l?origine, du fret, des marges de distribution sur le marché local pour les produits finis et des coûts de transformation pour les produits semi-finis.
<B>Matières premières plus chères</B>
Azim Currimjee, président de la CCIM, explique les facteurs qui contribuent à maintenir les cours des denrées alimentaires à des niveaux élevés sur le marché mondial. La sécheresse dans des grands pays producteurs, tel l?Australie, la croissance de la demande dans des pays comme l?Inde et la Chine et qui réalisent des taux de croissance de 8 à 12 % et la déviation de l?utilisation des céréales vers la production des biofuels sont autant d?éléments qui font flamber les prix.
«Il y a aussi l?aspect de la spéculation financière. Beaucoup de hedge funds sont en train de prendre des positions très importantes sur les matières premières. Cela accentue l?inflation des produits alimentaires», affirme-t-il. Ainsi, le blé a plus que doublé son cours en un an. Le maïs se vend 24 % plus cher tandis que le riz et les grains secs ont enregistré une majoration de 40 à 100 % depuis le début de 2007.
Maurice qui est un net food importing country est dans une conjoncture très défavorable tant sur le plan des produits finis que sur les intrants dans les produits transformés. «Très souvent les matières premières représentent 60 à 70 % du produit fini. L?impact des hausses est très important sur le coût final», souligne Azim Currimjee.
<B>«Il a fallu un temps d?observation»</B>
La CCIM récuse les accusations selon lesquelles les distributeurs et revendeurs mettent du temps avant de répercuter les gains sur le taux de change sur les prix. Selon Mahmood Cheeroo, les commerçants ne peuvent ajuster les prix trop souvent. Ils observent l?évolution des prix pendant quelque temps avant de procéder à des changements. «L?apprécia-tion de la roupie vis-à-vis de plusieurs devises fortes en même temps est une situation qu?on n?a pas connue depuis très longtemps. Il a fallu un temps d?observation pour savoir si la tendance allait se maintenir», fait-il ressortir.
La chambre a, par ailleurs, réitéré ses critiques contre la politique des prix administrés. Elle estime que le contrôle des prix est contraire à l?esprit et aux pratiques de la libre concurrence. Les marges contrôlées sur le lait, par exemple, ont repoussé les opérateurs et ont contribué à créer des pénuries dans ce marché.
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