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«Peine de mort : Ne pas céder à l?émotion», dit Bérenger

18 février 2008, 00:00

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La peine de mort, qui fait débat en ce moment, a suscité la réaction du leader du Mouvement militant mauricien (MMM), Paul Bérenger. A la suite d?une question, il a insisté pour que «l?on ne cède pas à l?émotion». Bien qu?il dise comprendre «la réaction de certaines personnes à cause du trouble de l?ordre et de la paix publics. Il y a beaucoup d?émotion dans l?air». Il intervenait, samedi, lors d?une conférence de presse.

Il fait allusion à la France, où l?ancien garde de Sceaux, Robert Badinter, a soutenu, à ce propos, qu?il ne faut pas «céder à la dictature de l?émotion». Il évoque également les amendements «choquants» du ministre de la Justice ayant trait à une commission de magistrats et de psychiatres à la sortie de prison des détenus. Si cette instance trouve que la personne n?est pas apte à regagner la société, elle devra rester en prison au-delà de sa condamnation prévue par une cour de justice.

Le leader de l?opposition soutient que comme la peine de mort est une question de «conviction personnelle». Il incombera à chacun lors d?un vote libre d?exprimer sa position à l?Assemblée nationale.

Dans un autre contexte, il affiche sa satisfaction que ses critiques portant sur l?insécurité ne soient pas tombées dans les oreilles d?un sourd. Toutefois, il s?appesantit sur le fait «les ministres et le Premier ministre ne doivent pas s?ingérer dans le travail de la police».

Commentant la politique monétaire et l?inflation, Paul Bérenger est d?avis que le pays perd doublement. Son argument étant que l?inflation reste élevée à 10 % (avec 1% de plus pour janvier) alors que les autres pays dont les Etats-Unis sont à 3 %, les pays européens, à 2 %, notamment la France et la Grande-Bretagne, et pour Singapour l?inflation est de 4%. L?autre perte est l?industrie du textile, en difficulté avec une telle politique monétaire. Pour preuve, avance-t-il, sa progression de 10 % l?an dernier, est estimée à 5 % cette année.

Au niveau des pénuries, celle du riz « ration » est réelle alors qu?au Parlement, le 14 décembre, le ministre du Commerce, Rajesh Jeetah, avait annoncé six cargaisons. Paul Bérenger déplore aussi que l?on ne soit pas très avancé par rapport à la farine chinoise. Il dit attendre que le ministre Jeetah dépose à la bibliothèque de l?Assemblée nationale le contrat liant la compagnie chinoise et la State Trading Corporation (STC).

Le ciment devient une source de préoccupation pour Paul Bérenger. Il «reviendra à la charge sur un appel d?offres manipulé». Il rappelle que la STC a été poursuivie en justice. Elle n?aurait pas respecté les conditions pour l?appel d?offres de 300 000 tonnes de ciment. Elle aurait octroyé le contrat à une firme qui n?est pas un producteur mais un distributeur.

Le leader du MMM dénonce la campagne qu?avait menée à l?époque Xavier-Luc Duval et Rama Valayden sur les eaux usées. Surtout après la hausse des tarifs des eaux usées à partir du mois prochain. «Nous pouvons une fois encore démasquer leur démagogie.»

Commentant la déclaration du leader du Mouvement rodriguais (MR), Nicholas VonMally, qui ne compte pas demander l?indépendance de Rodrigues, Paul Bérenger va suivre de très près les propositions d?amendements que le MR apportera au Rodrigues Regional Assembly Act. Il s?attend à ce que le gouvernement à Maurice respecte «l?esprit et la lettre de cette loi».

Ayant évoqué les élections en Malaisie, le 8 mars, Paul Bérenger s?inspire du modèle de ce pays, relatif à la fixation de la date des élections et à la dissolution du Parlement. Il est d?avis qu?il faudrait renforcer le pouvoir du président de la République pour que ce ne soit pas le Premier ministre qui ait le pouvoir de les réclamer mais le chef de l?Etat.

Paul Bérenger fait aussi remarquer que dans plusieurs pays du Commonwealth c?est la commission électorale qui fixe la date des élections. Il souhaite que Maurice puisse emprunter la même voie dans le cadre de la consolidation de la démocratie.

Toujours à propos de la commission électorale, il évoque l?exercice de délimitation des circonscriptions qui devra se faire en 2009. Vu la délicatesse de l?exercice, il demande aux dirigeants politiques de bien y réfléchir. Mais il réjouit de «l?indépendance et la solidité» de la Commission et du commissaire électoral.

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