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L?autre alliance de l?opposition

17 février 2008, 00:00

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Le Mouvement socialiste militant (MSM) et le Mouvement militant mauricien (MMM) continuent à se tirer dans les pattes. Le cessez-le-feu cent fois annoncé n?a visiblement pas eu lieu, même si leurs dirigeants respectifs ne cessent de déclarer que l?alliance entre leurs deux partis est ardemment réclamée par leurs partisans. Mais, à croire les dirigeants des mauves, cette possibilité est de plus en plus improbable. Car les divergences portent, entre autres, sur le poste de Premier ministre.

Au MSM, la condition essentielle serait que Pravind Jugnauth soit présenté comme le Premier ministre de l?alternance. Ce qui irrite au plus haut point Paul Bérenger et les dirigeants du MMM, car pour ces derniers, il est hors de question de transiger sur le poste de Premier ministre. Paul Bérenger serait le candidat qui sera présenté dans le cadre d?une alliance avec le MSM, même si certains noms sont cités, notamment Alan Ganoo, ou encore Vishnu Lutchmeenaraidoo.

Même si le fossé se creuse de plus en plus entre le MMM et le MSM et que les chances d?un accord s?éloignent, certains membres des deux partis continuent à travailler sur une formule qui pourrait satisfaire leurs leaders et leurs bases respectives. Ainsi, en dépit de ce qu?affirment les leaders du MMM et du MSM, le contentieux bute sur une Winning Formula, celle du partage de pouvoir à l?israélienne entre Bérenger et Jugnauth. Mais au MSM, on n?envisage pas de partage. C?est Pravind Jugnauth qui devra être investi comme Premier ministre dans le cas dune victoire de l?alliance MSM-MMM.

Devant ce constat d?échec, les partis de l?opposition cherchent l?autre voie. Depuis quelques mois, des contacts sont établis avec l?establishment rouge. Ramgoolam ne se mouille pas et ne donne aucun signe montrant qu?il est prêt à composer avec l?un ou autre bloc. Il laisse courir.

Le Premier ministre (PM) n?est d?ailleurs pas pressé de conclure. « Je ne recherche pas d?alliance. Mon objectif est de réussir la réforme enclenchée par mon gouvernement. Le progrès économique et le développement du pays sont mes priorités. »

De plus, Navin Ramgoolam a rassemblé des éléments dont Xavier-Luc Duval, Anil Bachoo, Madun Dulloo, Rama Valayden et Sylvio Michel, au sein de l?Alliance sociale et il se garde de provoquer aucune de ces composantes et ce, jusqu?à l?échéance de cette législature. « Nous sommes dans une alliance. Nous travaillons en équipe et je ne m?occupe pas d?alliance en ce moment », a-t-il insisté. Entendez par là, que le moment venu, Navin Ramgoolam se penchera sur la question.

L?option rouge n?est pas une impossibilité

Si le PM ne semble pas pressé, au sein de l?opposition les choses sont différentes. Il faut faire vite, car les échéances arrivent à grands pas. Les préparatifs pour le 1er Mai, seront enclenchés dès cette semaine par le MMM et le MSM. D?autre part, les partis s?activent pour la rentrée parlementaire qui est prévue pour le 25 mars. Et ils sont en attente du jugement du Privy Council sur l?affaire Ashock Jugnauth. Les perspectives d?une élection partielle ne sont pas à écarter en 2008 ou au début de 2009. Navin Ramgoolam pourrait toutefois opter pour la dissolution du Parlement et convoquer le pays à des élections générales en 2009. Tous ces événements vont pousser les partis d?opposition à travailler sur les options pour conquérir le pouvoir. Et la clé de l?autre alliance de l?opposition pourrait passer par le Parti travailliste (PTr).

Mais du côté des rouges, le PM aurait fait savoir à plus d?un que personne n?est mandaté pour discuter d?alliance avec qui que ce soit. Certains se sont même fait taper sur les doigts pour avoir essayé de s?aventurer dans des tractations. Mais des voix se font entendre sur les options d?alliance. « Il n?est un secret pour personne que des ministres et non des moindres, et de hautes personnalités du parti seraient favorables à une alliance avec le MMM. Mais ils savent aussi qu?il ne faut pas trop pousser dans cette direction de peur de se retrouver face à Navin Ramgoolam », avance un haut responsable du parti.

Ceux qui souhaitent une alliance des mauves et des rouges expliquent que ce serait salutaire pour l?unité du pays et permettrait à toutes les composantes de la population de se retrouver. Au sein du MMM, en dépit de ce que certains avancent, il ne serait pas impossible que les ponts puissent se remettre en place. « À ce stade, tout nous sépare de l?Alliance sociale. Je ne dirais pas qu?une telle alliance est impossible. Mais il n?est pas question de se retrouver avec certains des éléments les plus rétrogrades au sein de cette alliance », déclare un haut responsable des mauves. La porte n?est donc pas fermée. Elle est simplement entrebâillée.

Du côté du MSM, on formule le souhait qu?une alliance avec le MMM soit concrétisée. Toutefois, l?option rouge n?est pas une impossibilité. Certains, refroidis par les propos de quelques dirigeants mauves, ne cachent pas leur colère sur le fait que le MMM veuille persister dans le schéma de 2005. « Nous ne pouvons pas répéter cela, car nous allons vers un échec. Autant chercher une autre formule », avance un responsable du parti soleil. Quelle est cette autre formule ? Soit continuer seul comme le MMM, si d?aventure une alliance n?était pas possible, nous répond-on.

Toutefois, au sein des rouges, les membres du parti s?interrogent. Ils savent très bien que c?est leur leader qui tranchera au moment opportun. Actuellement, Navin Ramgoolam assiste à l?affrontement des deux belligérants. Épuisés, pense-t-il, l?un des deux se jettera dans les bras du troisième soldat qui n?attend que ça.

Mais les rouges gardent en mémoire la surprise causée par la conclusion de l?alliance MSM-MMM à Medpoint. « Je ne souhaite pas une telle réédition de l?épisode de 2000. J?espère que le leader a retenu la leçon, et qu?il agira en conséquence », déclare un membre influent du Comité central des rouges. « Navin Ramgoolam sait que nous sommes à mi-mandat. Le gouvernement et le parti ont fait du bon travail, mais le coût de la vie continue à nous créer des problèmes. La situation n?est pas celle de 2005. Certes, le gouvernement a de grands chantiers, mais est-ce suffisant pour remporter les élections. Sir Anerood Jugnauth a aussi connu un succès économique, mais il a perdu les élections en 2000 », affirme un ancien ministre rouge très observateur de la situation politique, et qui espère que le PM prendra acte de cette observation.

Navin Ramgoolam a les cartes en mains. Jusqu?ici, il n?a pas dévoilé sa stratégie. Mais il sera peut-être forcé d?y réfléchir si Ashock Jugnauth perdait son procès au Privy Council. Les options seraient alors ouvertes et le PTr pourrait tout aussi bien présenter un candidat ou appuyer l?un des partis de l?opposition. Et c?est par la suite que se jouera la prochaine joute électorale? au niveau national.

DELIMITATION DES CIRCONSCRIPTIONS

Paul Bérenger fait confiance à la « Boundaries Commission »

« La délimitation des circonscriptions est un exercice extrêmement délicat et je suis confiant que la Boundaries Commission a les compétences pour effectuer un excellent travail. » Ainsi s?exprimait le leader du MMM, hier, à Rose-Hill. La délimitation des circonscriptions a lieu tous les dix ans, et la prochaine se tiendra en 2009. Ce même exercice avait été effectué en 1976, 1986 et en 1999. Toutefois, Paul Bérenger devait relever que des problèmes ont surgi lors de l?exercice de 1986 et que la Commission électorale avait réussi à trouver des solutions pratiques. Il souhaite que la Commission soumette un draft afin de permettre aux partis concernés de faire part de leurs observations, avant que la Commission ne remette son rapport final. Cette révision est d?autant plus importante et l?exercice d?autant plus délicat et complexe dans un pays comme le nôtre, car il s?agit de prendre en compte beaucoup de paramètres, a déclaré le leader du MMM. Soulignons que le rapport de la Commission est soumis au Parlement pour ratification, mais qu?il doit être accepté in toto ou bien être rejeté dans son intégralité.

Lors de sa conférence, le leader du MMM a également abordé d?autres sujets dont la peine de mort, le Law & Order, la question de l?énergie avec l?implantation de C-T Power, Rodrigues et la situation à la NHDC. Il s?est montré très critique à l?égard du ministre Asraf Dulull pour n?avoir pas mis en ?uvre le programme de logement pour la classe défavorisée.

Ainsi, selon Paul Bérenger, seulement 533 maisons du type Firinga ont été construites depuis 2005.

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