Publicité
Service au public
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
La fonction publique devrait connaître dans les prochains mois une transformation importante. Plusieurs principes qui régissaient son fonctionnement jusqu?ici sont remis en cause. Les syndicats se montrent assez souples et semblent favorables aux changements proposés. Après l?introduction de la pension contributive et le report de l?âge de la retraite, on a appris, hier, qu?il y aura une révision du critère de promotion. Dans la moitié des cas, c?est le mérite, plutôt que l?ancienneté qui déterminera si le fonctionnaire est apte à gravir les échelons.
Les modalités des nouvelles mesures seront rendues publiques en mai dans le rapport du PRB, et, sauf surprise, elles devront prendre effet dès le mois suivant. Il faut d?emblée reconnaître que cette réforme silencieuse est avant tout l??uvre d?un homme déterminé mais patient : le directeur du PRB, Beejaye Coomar Appanah. Sur toutes les questions sensibles, il a fait preuve d?une volonté de dialogue. Avant d?ouvrir de véritables négociations avec les dirigeants des syndicats, il a organisé une série de rencontres explicatives, étalées sur plusieurs années, avec les employés de base. Il a dissipé leurs craintes.
Il y avait un besoin de rationaliser la gestion publique afin d?améliorer le service aux administrés tout en réduisant la charge financière, pour l?Etat, des administrations publiques. Ce serait ruineux pour le pays si le PRB devait accorder, disons, 15 % d?augmentation de salaires sans que cela ne repose sur un gain de productivité équivalent. Or, le taux de productivité n?a pas progressé depuis la dernière révision salariale. Les exemples ne manquent pas pour témoigner de la lourdeur des services publics et parapublics. Pas plus tard qu?hier, le ministère du Logement devait révéler qu?il a confié à un entrepreneur privé la construction de maisons à Plaine-Verte à un coût de Rs 975 000 l?unité alors que la NHDC aurait réclamé plus de Rs 2 millions pour accomplir la même tâche. Naturellement, l'Etat a choisi le fournisseur le plus performant.
La décision d?octroyer des promotions sur la base du mérite devra permettre d'insuffler une culture de la performance. Dans le système dont nous avons hérité depuis l?indépendance, la notion de rendement et d?efficacité était absente. L?avancement à l?ancienneté tue la productivité. Il fallait s?en débarrasser. Dommage que ce ne sera fait qu?à moitié.
Il reste toutefois des inquiétudes légitimes sur l?objectivité de l?évaluation de la performance des fonctionnaires. La pratique insidieuse du droit de cuissage ou du népotisme pourrait annuler tous les bienfaits possibles d?un système de promotion censé tenir compte du mérite. Les autorités ont l?obligation de mettre en place un système qui offre la garantie que le statut et le salaire du fonctionnaire seront liés à son rendement et pas à des facteurs occultes.
Si le rapport du PRB fait d?habitude le bonheur des fonctionnaires, cette fois les usagers devront également trouver leur compte. Un service public efficient peut offrir un réel service au public.
Publicité
Publicité
Les plus récents