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Les options de l?opposition
L?opposition livre un suspense haletant sur sa configuration future. Beaucoup émettent des suppositions et des théories, les unes plus farfelues que les autres sur ses projets. Mais il y a une certitude : à ce stade de sa longue carrière, le leader de l?opposition ne souhaitera pas expérimenter des formules hasardeuses. Il choisira des valeurs sûres.
S?il reste dans cette logique privilégiant le connu à l?inconnu, c?est le ticket Paul-Pravind qui sera le choix préféré du leader du MMM. Ce tandem a travaillé au sein d?un gouvernement harmonieux durant cinq ans et peut très bien renouveler l?expérience. Mais il y a un obstacle sur la voie. Le leader du MSM fait une fixation sur le poste de Premier ministre. Il veut être premier ministrable pendant toute la durée du mandat d?un éventuel gouvernement MSM-MMM.
Ce ne sera pas facile de faire changer d?avis à Pravind Jugnauth tant il est convaincu que la défaite de son camp en 2005 est imputable à la candidature de Paul Bérenger au poste de Premier ministre. La seule raison qui pousse le leader du MSM à rejeter un nouveau ticket Paul-Pravind, c?est sa crainte d?être battu aux législatives. Un leader courageux aurait défendu ses principes jusqu?au bout, quitte à perdre des élections.
Quant au MMM, il a toujours attribué sa défaite au glissement de l?électorat musulman alors séduit par la position concédée à Rashid Beebeejaun par les travaillistes. Les mauves estiment que l?effet Beebeejaun s?est estompé depuis et que le dénouement sera différent cette fois. Tout en qualifiant «d?improbable» une alliance avec le MSM, les dirigeants du MMM n?excluent pas la possibilité que Pravind Jugnauth surmonte ses doutes sur les chances d?une victoire MMM-MSM. Ils disent même noter un «frémissement» chez celui-ci depuis quelques semaines.
Si ce scénario n?aboutit pas, le MMM se rabattra sur une formule que le PTr a déjà essayée avec succès. Il ralliera autour de lui plusieurs petits groupements pour constituer une alliance dont il sera le «very senior partner».
50 investitures iront au parti dominant contre 10 pour les alliés. Un tel partage aura l?avantage de donner au parti une marge de man?uvre pour aligner davantage de jeunes et de femmes.
Le PMSD, le parti d?Ashock Jugnauth et d?autres petits partis composeront cet attelage qui pourra être rehaussé par l?intégration de l?un ou de l?autre ministre mécontent. L?état-major du MMM est d?avis que Madun Dulloo, par exemple, pourra intégrer la nouvelle alliance à certaines conditions. Dans ce cas de figure, Paul Bérenger sera premier ministrable pour la première moitié du mandat mais une autre figure de proue du MMM pourrait l?être pour la seconde.
La récente montée en première ligne de Vishnu Lutchmeenaraidoo ne serait pas étrangère à cette stratégie.
L?échéance du 1er mai devrait aider à clarifier la situation. Sinon, la convalescence de l?opposition se prolongera pour longtemps encore.
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