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Divertir, diversion

11 février 2008, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

C?est trop facile. De se contenter de dire : « c?est trop cher », que «c?est juste pour un certain public» ou encore qu? «il manque de distractions à Maurice», en parlant de l?offre culturelle locale. Alors nous avons voulu comprendre. Les ressorts de l?événementiel artistique.

Pourquoi les arts et la culture raisonnent selon des lois cycliques ? Devenues presque aussi immuables que le rythme des saisons. Exemple, pour les albums de séga, il faut en règle générale, attendre Pâques, la mi-août et décembre, avec le goulot d?étranglement que cela suppose.

Le public mauricien compose aussi avec les «vacances» bleu-blanc-rouge entre juillet-août, se réjouit à la «rentrée» en septembre, signe que les manifestations proposées par la coopération française reprennent. Alors que notre calendrier n?est pas calqué sur ces modèles là.

Force est de reconnaître que les pointures françaises, en tout cas francophones sont celles qui visitent le plus régulièrement notre île. N?allez pas croire que c?est une faveur. Non, elles ne peuvent venir que si le voyage comprend aussi une escale à l?île s?ur et dans la Grande île. C?est ce qu?explique avec pragmatisme Claire Le Lay, directrice de Hemisphère Events et Bao Communications, promoteurs du concert d?Emmanuel Moire.

Maurice, avec sa formule persistante de représentation unique, fait partie d?un package. D?un contexte économique. Celui du corporate social responsibility. En clair, la responsabilité sociale des entreprises notamment dans la lutte contre la pauvreté. Un item désormais inamovible du budget de nombre d?entreprises.

Est-ce au détriment des manifestations artistiques ? Loin de nous de vouloir être taxé de cynisme. De s?entendre dire que nous ne pensons qu?aux «lamizman», alors que les cas sociaux, pas juste le sujet d?une chanson, le thème d?une pièce ou la trame d?un roman, sont des problèmes réels, graves et d?ampleur préoccupante, qui demandent là, répartition judicieuse et surtout urgente de ressources financières.

Alors, comment faire ? Couper la poire en deux et enlever une part aux solutions contre la pauvreté ne saurait être une mesure acceptable. Générer davantage de richesses. Oui mais?Cela pourrait ne faire que reproduire le système actuel. Comment faire pour que le parrainage de manifestations artistiques ne soient pas un à côté, au cas où il reste des sous. Un à côté cyclique avec des années avec et des années sans.

A bien y voir, la raréfaction d?événements, c?est la porte ouverte à la misère culturelle. Secourir la pauvreté tout en sombrant dans la misère en création artistique, en plate-forme d?expression, voilà qui est tout aussi inacceptable. Pourrions-nous envisager de soulager la misère à travers des actions culturelles ? Possible sur papier. Des exemples existent déjà. D?autant plus qu?il nous semble que lutter contre la pauvreté ce n?est pas faire la charité, plonger des gens dans l?assistanat. Et que la création artistique, qui requiert effort et assiduité peut s?avérer être une solution.

le manque de sponsors. C?est ce qui explique aussi pourquoi les artistes locaux sont rares à organiser leur «propre» concert. Alors que Linzy Bacbotte est annoncée au MGI début avril, cet événement vient nous rappeler combien ils sont peu nombreux ceux à monter sur scène en leur nom propre. Eric Triton, Cassiya, Menwar, Alain Ramanisum?Les autres, la grande majorité des autres, eux, «gagn zoue». On les verra un petit quart d?heure maxi sur les podiums des fêtes nationales. Dans les fancy-fairs, les rassemblements politiques, et les cabarets d?hôtels. Quand ils n?ont pas été invités en tournée par une association mauricienne à Paris, Liège, Sydney, Melbourne ou Londres. Ou quand ils n?enflamment pas le théâtre Saint-Gilles voisin. Sommes-nous condamnés à n?être qu?un cycle culturel ?

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