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1er Février : la tradition respectée
Le 1er Février. C?est toujours la même animation sur la plage au pied de la montagne du Morne, lieu combien symbolique. Et comme chaque année, ils sont nombreux à se réunir comme ce vendredi sur cette plage. Il y a eu certes la cérémonie officielle, mais aussi les festivités.
Les autobus sont garés les uns après les autres, signe que la plage est bondée. On vient de loin. La commémoration de l?abolition de l?esclavage est un événement à ne pas rater. Et il ne faut pas prétexter que c?est un village éloigné. Patrice Marisson a «tracé» pour arriver dans ce coin éloigné de Maurice. De Roche-Bois où il habite, il a marché jusqu?à la capitale pour prendre le bus de Bambous. Et il a fait du stop de Bambous pour arriver jusqu?à la plage du Morne. Il a certainement pris du temps, mais il a fini par y arriver.
«Je suis ici pour commémorer cet événement et aussi pour la fête culturelle.» C?est une tradition dans sa famille qui se perpétue depuis plusieurs années. Elle fera la fête jusqu?à tard dans l?après-midi et assistera au concert aussi.
Chaude ambiance
L?après-midi sera chaude. Nancy Dérougère, le groupe OSB, Serge Lebrasse, Jean-Claude Gaspard et Michel Legris promettent de «chauffer » la foule. Il y a aussi le groupe culturel Moticoma qui vient du Mozambique. Mais pourquoi attendre les professionnels pour s?amuser ?
A peine la partie protocolaire terminée, que le son du djembé et de la ravanne arrive jusqu?aux tympans. C?est un groupe de jeunes de Petite-Rivière qui donne la voix sous les filaos. C?était comme au temps de l?esclavage. Les jeunes, tout comme les adultes, se déhanchent sur la plage. Est-ce ainsi que les esclaves ont manifesté leur joie lors de l?annonce de l?abolition de l?esclavage ? C?est une façon de leur rendre hommage. Peu à peu, le petit groupe s?agrandit. Jean Ramchurn, un adulte, encourage les jeunes à faire plus de bruit alors que lui-même improvise de la musique sur une bouteille vide.
Le 1er Février est aussi la journée des bonnes affaires. L?odeur des grillades et du briani flotte dans l?air. Tant mieux pour ceux qui n?ont pas pu préparer un repas. Il y a aussi ceux qui vendent de des objets de fantaisie. Les marchands ambulants et ceux ayant un endroit fixe ne manquent pas. Mais les affaires ne marchent pas. «Molo ! Molo !», déclare Jean-Claude Casimir qui vient de Pointe-aux-Sables. «Mo in vin profite pou gagn enn lavi», dit-il. Le public pense plutôt à s?amuser.
Et il est servi dans l?après-midi quand les différents artistes ont défilé sur la scène. Et ceux qui hésitaient à danser n?ont pas pu résister à l?ambiance festive.
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