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Il tue son ami, l?enterre et le recouvre de béton
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Il tue son ami, l?enterre et le recouvre de béton
Jairaj Jeea, 25 ans, habitant Lallmatie, était porté manquant depuis le vendredi 1er février. Son corps a été retrouvé hier matin sous une plaque de béton, à trois pieds sous terre, dans la cour de son meilleur ami, Shyam Sooknauth, 30 ans. Ce dernier, habitant une maison de la National Housing Development Co Ltd à Lallmatie, l?aurait tué d?un coup de sabre au cou. Il le soupçonnait d?une liaison avec sa femme.
Vers 8 heures hier, avant l?arrivée de la police, des proches de Jairaj Jeea, munis de sabres, se rendent chez Shyam Sooknauth. Ils ont eu vent que Shyam a tué Jairaj. La maison est déserte. Ils pénètrent par effraction, en brisant les fenêtres. Devant la cuisine de Shyam, ils découvrent une plaque de béton. Ils la brisent, creusent et déterrent le corps de Jairaj, enveloppé dans deux sacs en plastique. Dans la salle de bains était la moto de Jairaj.
Peu après l?arrivée des policiers de Lallmatie, les officiers du Scene of crime office et ceux du Forensic science ont été appelés sur les lieux pour la collecte d?indices. Le Dr Satish Boolell, Chief Medical Officer de la police, était également sur place pour procéder à un premier examen du cadavre, lequel a été ensuite transporté à la morgue de l?hôpital Candos pour l?autopsie. L?inspecteur Indradev Badal et ses hommes, du poste de Lallmatie, étaient sur le qui-vive pour empêcher toute récidive des proches de Jairaj.
«Indices»</B>
Entre-temps, les membres de la Major Crime Investigation Team (MCIT), sous la supervision de l?assistant commissaire de police Yousouf Soopun, ont appréhendé le suspect Shyam Sooknauth à Dubreuil, après une course poursuite. Il voulait se réfugier chez un proche. Sa femme était chez sa mère à Caroline. Quand il a été arrêté, Shyam Sooknauth a menacé de se suicider. Au cours de son interrogatoire, il a raconté comment il a tué et enterré Jairaj?
Vendredi 1er février, soit trois jours avant la découverte macabre, Jairaj Jeea rentre chez lui vers 20 heures, après avoir pris un verre avec Shyam Sooknauth dans une boutique. Vers 21 heures, Shyam rappelle Jairaj et l?invite chez lui pour prendre à nouveau un verre.
Jairaj prend une bouteille de liqueur et se rend à l?invitation de son «meilleur ami». Chez lui, ses parents l?attendent revenir. Vers minuit, ils se demandent pourquoi leur fils n?est pas encore rentré. Ils pensent qu?il s?est peut-être rendu chez sa fiancée, à Poste-de-Flacq. Mais le lendemain, samedi, Jairaj n?est toujours pas rentré. Ses parents essaient de l?appeler sur son portable. Aucune réponse, le téléphone semble éteint.
Ils décident alors d?avertir la police et, dans le même temps, entreprennent leur propre enquête en vue de retrouver leur proche. Un cousin de Jairaj sillonne toute la région de Lallmatie mais en vain. Le lendemain, dimanche, Shyam et sa femme se présentent chez les parents de Jairaj. Ils veulent les aider à retrouver le disparu. Vers 22 heures ils passent au peigne fin le cimetière de Lallmatie mais ne trouvent toujours rien.
Tôt hier matin, Seewooraj Jeea, un cousin de Jairaj, découvre un sac dans un champ de cannes, à proximité du cimetière. Il contient des vêtements en partie brûlés et recouverts de béton et de macadams. Les proches de Jairaj se doutent alors que le disparu a en fait été tué par son meilleur ami. Ils se souviennent que samedi, Shyam était venu leur emprunter deux sacs de ciment pour compléter des travaux chez lui. Ils font le lien avec le fait que Jairaj s?était aussi rendu chez Shyam en dernier, le soir de sa disparition
«Un acte crapuleux»</B>
Se basant sur ces soupçons, le cousin de Jairaj appelle Shyam, lui disant que la Central Investigation Division (CID) sait qu?il a tué Jairaj et que des indices l?incriminent. Il s?agissait d?un bluff, rien n?étant encore démontré à ce moment-là. Mais cela a suffi pour que Shyam crache le morceau.
Les proches de Jairaj ont immédiatement alerté la police et se sont rendus chez Shyam où ils ont retrouvé le corps de Jairaj. Le suspect a été ensuite appréhendé. Il a déclaré qu?il avait envoyé sa femme chez sa mère le jour du meurtre, qu?elle n?est pas mêlée à cette histoire. Shyam est père de deux enfants, le dernier est un nourrisson de six mois.
Mais les proches de Jairaj qualifient, eux, la femme de Shyam de complice. La fiancée de Jairaj, Deepti Maudhab, a reçu un message du portable de son fiancé le jour du meurtre. Le message disait : «Mo pa pou rentre, mo loin kot enn kamarad la. To pa pou trouv mwa.» Le problème, c?est que ni le suspect, ni la victime ne sait écrire, dit Deepti Maudhab, inconsolable. «Ce doit être une autre personne qui a écrit le message», ajoute Deepti. Le cousin de Jairaj, Seewooraj Jeea, dit aussi avoir aperçu la femme de Shyam qui achetait des légumes dans la localité. Outre Deepti, les parents de Jairaj ont également reçu un message du portable de leur fils le jour du drame : «Pey Shyam Rs 2 000 pou so bann zour travay lakaz.» Shyam était employé comme maçon chez Jairaj. Il l?aidait à bâtir sa maison : ce dernier devait se marier l?année prochaine.
Les proches de Jairaj ne croient toujours pas que Shyam, le meilleur ami de leur fils, ait pu commettre cet acte crapuleux. Jairaj était jardinier dans un hôtel à Belle-Mare. Sa fiancée veut que justice soit faite : «Sa kalite dimoun la bizin pendi sa, li pa kapav fer enn mama soufert koumsa», lâche-t-elle, contenant à peine sa grande colère.
La famille du défunt a reçu la dépouille hier, après l?autopsie pratiquée par le Dr Boolell. Jairaj Jeea a été incinéré au crématorium de Lallmatie. L?enquête est menée par la CID de Flacq, sous la supervision du Detective Inspector Pierre Louis, conjointement avec la MCIT.
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