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Jugduth, poignardé en pleine rue
Quelques mots prononcés sous le coup de la colère. C?est ce qui aura valu à Jugduth Koonjahon, 44 ans, de perdre la vie mardi soir. Ce père de famille, habitant à Petit-Raffray, avait voulu s?en prendre à celui qui, quelques jours plus tôt, avait agressé l?un de ses neveux. Mais en tentant de se défendre, ce dernier a plus tard expliqué à la police avoir sorti le couteau à cran d?arrêt qui se trouvait dans la poche de son pantalon, avant d?asséner un violent coup à l?estomac de son assaillant.
L?altercation aurait eu lieu peu avant 19 heures. Selon des témoins, qui auraient assisté à la scène, la victime circulait à bord de son taxi lorsqu?elle s?est arrêtée à la hauteur de Gajendradev Dookharun. Ce dernier, employé comme chauffeur d?autobus à la National Transport Corporation (NTC), et habitant la localité, revenait tout juste d?un commerce à proximité.
Une violente dispute éclate alors entre les deux hommes. Jugduth veut en découdre. Il veut comprendre pourquoi Gajendradev, qui est, par ailleurs, son voisin, a agressé son neveu. Celui-ci, blessé, a dû être conduit à l?hôpital. Les deux hommes en viennent rapidement aux mains. « Tout s?est passé très vite. Ils ont commencé à échanger des coups et Jugduth est parvenu, à un certain moment, à prendre le dessus. Mais il s?est aussitôt écroulé. Il y avait du sang partout », relate Rajiv, qui était sur les lieux à ce moment précis. Et pour cause, Jugduth a reçu un coup de couteau à l?abdomen.
Abandonnant son voisin à terre, le chauffeur d?autobus court chez lui chercher du secours. Il explique alors à la police avoir agi en légitime défense. Pendant ce temps, Jugduth parvient à se relever dans un ultime effort et tente de regagner son domicile. En chemin, il croise son neveu qui comprend aussitôt que quelque chose de grave lui est arrivé. Jugduth est placé dans une voiture qui prend la direction de l?hôpital du Nord. Sur place, les médecins de service ce soir-là ne peuvent malheureusement que constater le décès de la victime.
La Criminal Investigation Division de Grand-Baie, chargée de l?enquête, arrête quelques heures plus tard le présumé agresseur à son domicile. Dans sa déposition initiale, Gajendradev Dookharun explique aux enquêteurs avoir agi en état de légitime défense. Jugduth Koonjahon, a-t-il déclaré, l?aurait pris à partie devant la boutique et il aurait seulement tenté de se défendre en se saisissant d?un tesson de bouteille qui se trouvait dans les parages.
Mais le suspect reviendra le lendemain sur sa version pour avouer, cette fois, avoir poignardé son voisin à l?aide d?un canif qu?il a dissimulé à l?arrière de sa maison. Ce revirement de situation est dû au fait que l?examen post-mortem, pratiqué par le docteur Satish Boolell, Chief Police Medical Officer, a statué que la blessure relevée sur le corps de la victime avait été faite par une arme tranchante. Confronté à ce résultat, le présumé meurtrier de Jugduth Koonjahon n?aurait eu d?autres choix que de revenir sur sa version des faits.
Une veuve et un nourrisson</B>
Gajendradev Dookharun a comparu devant le tribunal de Mapou mercredi sous une accusation provisoire d?assassinat. La police ayant objecté à sa remise en liberté sous caution, il a été maintenu en cellule policière en attendant une nouvelle comparution. Il a retenu les services de Dinesh Appajala et de Sanjeev Teeluckdharry, avocats.
À Petit-Raffray, l?altercation mortelle de mardi est encore dans tous les esprits. Chez la famille Koonjahon, les premières émotions ont laissé la place à la colère.
« Jugduth ne méritait pas cela. Il tentait seulement de prendre la défense de l?un de ses neveux. Son meurtrier doit payer pour ce qu?il a fait », lâche un proche, encore bouleversé par le terrible drame qui a secoué le village. Jugduth Koonjahon laisse derrière lui une veuve et un nourrisson de deux mois.
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