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Trilogie spirituelle

25 janvier 2008, 20:00

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La tête levée au ciel. Le regard confiant. La voix posée et convaincante. Natty Jah mesure ses propos. Il pèse ses mots, sans trop les écraser. Souligne avec des métaphores ses convictions pour rassurer ceux qui l?écoutent. Le ton n?est point pesant mais sérieux, jamais imposant, toujours bienveillant. Il a des choses à dire. Silence. On écoute.

Sous un manguier, il faut une réclamation élevée pour prévenir ceux qui sont encore, mentalement, aveugles, sourds, muets ou handicapés. Enclavés dans la jouissance artificielle, ceux qui se sont éloignés de la route du Très-Haut et qui ne se sont pas encore rendus compte que le chemin vers la lumière est ailleurs.

«On est entrée dans le processus de la fin. C?est le début de la fin de l?écriture. On n?attend plus l?apocalypse. On la vit depuis l?an 2000,» souligne Natty Jah. Son disque s?axe sur le spirituel, avec des messages puisés de la sainte écriture, use de références bibliques, coraniques? pour attirer l?attention d?autrui.

«Viendra le temps où l?homme aura des comptes à rendre au Tout-Puissant. Il viendra pour faire une réclamation et chacun devra répondre de ces actes.»

Il vient de combler plus de deux ans d?absence discographique avec un disque qui boucle la boucle de sa pensée spirituelle. Natty Jah, ce prêcheur universel.

<I>«Viendra le temps où l?homme aura des comptes à rendre au Tout-Puissant. Il viendra pour faire une réclamation et chacun devra répondre de ces actes.»</I>

Point de vanité, l?auteur de l?opus éponyme qui a contribué à sa notoriété, prend son bâton de pèlerin pour diffuser sa philosophie de la vie. Il est le disciple d?aucune église mais fait la messe de sa vie au fil de sa pensée. Une philosophie universelle, empreinte de la culture rastafarienne.

Il puise sa source dans les trois livres sacrés de son existence, la Bible, le Coran et la Bagavad-Gîtâ. L?esprit, le c?ur et le corps. Trois aspects capitaux pour l?artiste qui prépare sa route vers «la clé de la compréhension de la vie.»

Si Vanité avait atteint son paroxysme de maturité pour être entendu du grand public après une vingtaine d?années dans les tiroirs, l?artiste concède que ce présent disque est un cran au-dessus des autres, dans l?approche et dans l?écriture.

«Il y a plus de maturité, plus de sagesse. Une quête vers laquelle j?essaie d?avancer». Sa plume a pris des galons. L?encre ne tache plus la page. Il est plus confiant dans ses dires.

Après plus de 25 ans dans l?univers roots, celui qui jadis arborait des dreadlocks se laisse aujourd?hui tomber des mèches grisonnantes sur l?épaule, voit la vie avec plus de sérénité. Ce fils de musicien, benjamin d?une famille de six enfants, s?éloigne de l?aspect matérialiste et prend les choses avec philosophie. Sa seule quête reste la sagesse et la richesse intérieure. Sa musique se veut un véhicule pour transporter les mots de sa pensée. La route est dégagée, Natty Jah prend la voie de la rédemption. L?heure de la réclamation divine approche?

<B>Reclamation : aux âmes citoyens</B>

Ce troisième opus de Patrice Leung Kai, dit Natty Jah, a été conçu dans le même état d?esprit que Vanité (2003). «Je vis la philosophie rastafarienne et c?est dans cet état de choses que j?ai composé mes albums.»

Si son premier disque avait pour but de lutter contre la vanité des gens, celui-ci est plus «une question sur soi.» Une remise en cause de son état d?être, son état d?âme face à ses actes. L?album reflète cette orientation spirituelle avec une variation de thèmes autour de ce sujet. La chanson Li partou qui atteste de l?omniprésence du Très-Haut est une mise en garde contre les abus de l?humain.

Le disque a été enregistré chez Geda Music de Gérard Louis qui assure sa production. L?arrangement est signé Kong et G. Louis. La partie musicale est signée Natir (Samarel).

«J?ai voulu un son plus roots pour ce disque. Reclamaton, la chanson, conserve la couleur identitaire de Vanité et Si to lé, mais l?ensemble de l?album résonne plus roots.»

Pour Natty Jah, cet opus est une sorte d?expérimentation sonore et d?influences. Sur la chanson Mo lespwar, il invite System R pour une connexion ragga/seggae. « Il y a un changement musical à 50% sur ce disque.»

Le premier disque de Natty Jah avait créé la surprise à sa sortie en devenant la plus grosse vente de 2003. Le chanteur avait séduit et trouvé son public. Sa voix mélodieuse posée sur un reggae fluide et soft jouait en sa faveur.

«Bon nombre ont cru que c?était un jeune homme tout frais qui chantait, ils ont été bien déçus en se rendant compte qu?il s?agissait d?un homme de 40 ans,» dit-il dans un grand rire contagieux.

Produit par Gérard Louis, Vanité avait apporté une nouvelle facette au seggae/reggae. Celui qui avait chanté Seggaeman sur l?album Seggae Experience avec Kaya s?installa sans grande difficulté dans le giron musical roots d?ici.

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