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Romano Prodi, la «mortadelle»?

26 janvier 2008, 00:00

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IL est calme, mesuré, un peu guindé certains disent même terne et fade.

A deux reprises à la tête d?une coalition de centre-gauche, Romano Prodi s?est efforcé de maintenir ses alliés unis autour de lui. Mais à chaque fois, il a échoué.

En 1998, la rébellion est venue des communistes, alors qu?il en était à la moitié de son mandat de cinq ans. Dix ans plus tard, ce sont des catholiques qui lui portent le coup fatal, au bout de seulement vingt mois.

Contraint avant-hier de démissionner après avoir perdu un vote de confiance au Sénat, Prodi a fait savoir qu?il ne briguerait plus le poste de président du Conseil. Jusqu?à la fin, Prodi a affiché une grande sérénité tranchant sur l?effervescence caractérisant les milieux politiques italiens.

Diplômé de l?université catholique de Milan et de la London Schools of Economics dans les années 1960 et ancien professeur invité de Harvard, Romano Prodi savait que maintenir l?unité d?une coalition allant des communistes aux catholiques ne serait pas chose aisée.

A la suite de «primaires» à l?américaine ?- une première en Italie ? auxquelles ont participé plus de quatre millions d?électeurs, il avait été désigné à 75 % comme candidat de la gauche et avait demandé à ses alliés de s?engager publiquement à ne pas faire défection avant les élections de 2001. Mais une telle promesse a peu de poids dans un pays qui a vu défiler 61 gouvernements depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Ne disposant que d?une étroite majorité à l?issue des élections les plus serrées de l?histoire d?Italie, il a été contraint de faire de nécessité vertu en recourant aux votes de confiance pour faire adopter les textes de loi. Dans ces conditions, tenir pendant vingt mois n?aura pas été facile, et il a pour cela dû renoncer à d?ambitieuses réformes d?une économie à la traîne de l?eurozone depuis plus de dix ans.

Si son prédécesseur, Silvio Berlusconi, était connu pour sa propension à susciter des controverses, Prodi s?est efforcé de rester au-dessus de la mêlée politique. Ses amis le surnomment la «mortadelle» ? «Gros saucisson moelleux, de couleur rosée, (...) qui se consomme froid», dit un dictionnaire. Et originaire de Bologne, comme lui?

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