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L?harmonie comme philosophie

26 janvier 2008, 00:00

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Elle est de nature douce mais ne lui cherchez pas noise ; Vijayal Sunassee est prête à rendre coup pour coup ! Elle se dit «têtue mais aussi combative». L?âge aidant, la tolérance s?installe, et elle avoue faire fi de la «petitesse et de la méchanceté des autres. Il faut penser et voir grand».

Petite fille de Mootoocoomaren Sangelee, écrivain ayant traduit bon nombre d?écrits tamouls en français, cette aînée deux enfants effectue sa scolarité secondaire au Queen Elizabeth College. Au grand dam de sa mère, qui la voyait plutôt au collège Lorette de Rose-Hill.

Vijayal l?a décidé, elle sera urbaniste, comme son oncle. Elle s?envole pour l?université Heriott Watt en Ecosse. Pour exercer comme urbaniste et être membre du Royal Town Planning Institute, il faut compter cinq ans d?études et deux années supplémentaires de pratique.

Sa mère décède durant sa troisième année. Ne voulant pas laisser son père seul, elle rentre au pays une fois ses études terminées.

A l?époque, les urbanistes ne sont pas nombreux et n?ont pour employeur que le ministère du Logement. Elle y est embauchée audit ministère. Elle avait auparavant effectué sa pratique au sein de ce ministère, aux côtés d?urbanistes expérimentés tels que son oncle, Kim Koo et Ruby Saha, qui sont ses mentors. Elle y ?uvra pendant dix ans. Les plans d?aménagement des gares routières et le National Physical Development Plan, les Outline Schemes, entre autres, portent en partie sa griffe.

Entre-temps, Vijayal épouse le pharmacien Pralat Sunassee, qui dirige aujourd?hui Copharma Ltée. De cette union naissent deux enfants : Dareena, 18 ans, et Kaveesh, 15 ans.

Vijayal est passionnée par son travail mais les lourdeurs administratives qui y sont associées finissent par l?étouffer. Elle a le sentiment qu?elle peut faire davantage pour le pays. Pour preuve, elle sait que la demande de permis des conseils de districts au ministère du Logement aurait été simplifiée si chaque conseil de district employait un urbaniste. Avec son homologue Raj Phul, elle met deux ans à faire approuver cette idée. Une fois fait, Vijayal est envoyée au conseil de district de Rivière-Noire. Elle ignore toutefois qu?elle aura à lutter perpétuellement pour défendre ses opinions techniques.

Certains conseillers lui mènent la vie dure. Mais elle n?est pas femme à se laisser marcher sur les pieds. De surcroît, elle peut compter sur le bon sens de Soondren Karuppudayan, le secrétaire du conseil, «une personne très raisonnable et juste».

Sur un dossier spécifique, le proche d?un politicien décide de lui mettre des bâtons dans les roues. Il fait des allégations contre elle auprès de l?Independent Commission against Corruption. Au final, c?est le dénonciateur qui est épinglé. Mais Vijayal n?est pas au bout de ses peines. Deux mois plus tard ? et presque dix ans après son arrivée au conseil de district de Rivière-Noire ? elle est transférée sans explications à la mairie de Vacoas -Phoenix.

Il s?agissait clairement d?un transfert punitif.

On l?installe dans un bâtiment délabré, infesté de rat. Et ses responsabilités sont accrues. Au bout d?un mois, Vijayal obtient que ses locaux soient remis en état.

Germe alors l?idée du Feng Shui. C?est à travers les livres de Lilian Too ? une Malaisienne ayant renoncé à sa carrière de Chief Executive Officer d?une importante banque à Hong Kong pour s?y consacrer ? que Vijayal découvre cette science millénaire chinoise, qui permet de vivre en harmonie avec son environnement.

La jeune femme suit une formation d?une semaine avec Lilian Too, qui donne des cours à ceux désirant s?y initier. «J?ai découvert toute une philosophie basée sur l?harmonie. Tout ce que l?humain recherche dans sa vie, comme l?amour, la santé, la richesse, l?éducation pour ne citer que ceux-là, correspond à un secteur de son environnement immédiat, en l?occurrence sa maison.» Elle poursuit en disant que «chaque secteur est associé à des étoiles favorables. Il faut activer ces secteurs avec des symboles pour obtenir les bonnes énergies. Cette influence des étoiles varie d?année en année et il faut alors revoir la position des symboles».

Au départ, Vijayal applique le Feng Shui pour son propre bien-être. Elle veut retrouver son équilibre et améliorer sa vie professionnelle. Sa chance semble tourner. Le ministère des Administrations régionales finit par lui demander d?apporter son savoir-faire aux réformes administratives pour l?octroi des permis. Elle travaille sur le Business Facilitation Act et obtient la reconnaissance pour son travail. Elle est convaincue que cette chance est due aux symboles de Feng Shui qu?elle a installés à domicile comme au bureau.

Le Board of Investment (BOI) recherche un manager en hospitalité et développement de la propriété. Vijayal postule et est recrutée. Elle prend un congé sans solde de trois ans du conseil de district de Rivière-Noire et s?occupe, entre autres, des projets Integrated Resorts Scheme auprès du BOI.

L?an dernier, elle repart en Malaisie et suit une formation plus poussée en Feng Shui afin de pouvoir exercer comme consultante. Comme Lilian Too possède une chaîne de boutiques de symboles du Feng Shui, Vijayal décide d?en ouvrir une pour mieux faire connaître cette science. Elle s?installe dans les locaux du Caudan Waterfront qui en est à sa phase II.

<I>«Vijayal est passionnée par son travail mais les lourdeurs administratives qui y sont associées finissent par l?étouffer.»</I>

Si Vijayal n?est pas encore prête à se lancer dans la commercialisation des symboles de Feng Shui sur une grande échelle, sur les encouragements de ses proches, elle opte plutôt pour une boutique-kiosque qu?elle baptise SiKaDA. «Sicada est un symbole du Feng shui et c?est une cigale. Elle symbolise la promotion dans le travail. Tout en conservant la résonance, j?ai modifié l?orthographe. La syllabe Ka est le début du prénom de mon fils et la syllabe Da est le début du prénom de ma fille. Et le SI peut aussi être pris pour la syllabe Si dans Sunassee.»

Opérationnel depuis le 16 décembre, les débuts de SiKaDa sont satisfaisants. Ses vendeuses ont préalablement été formées pour pouvoir conseiller sur les symboles du Feng Shui. D?ailleurs, la plupart de ceux achetés jusqu?ici ont trait à la richesse, l?amour et le mariage.

A partir du 13 février, Vijayal fera des consultations à plein-temps. Les honoraires pour une consultation sont basés sur la superficie de la maison.

Le Feng Shui «est une science millénaire, transmise de génération en génération». Vijayal peut conseiller sur «la disposition des pièces de la maison quand la construction n?a pas encore commencé et sur l?aménagement et la décoration intérieure pour mieux capter les énergies positives et corriger les énergies néfastes avec des symboles».

Vijayal précise toutefois que le Feng Shui n?accomplit pas des miracles. «Il aide à améliorer les chances terrestres mais pas la chance divine déjà déterminée à la naissance.»

Vijayal assure que le Feng Shui lui a apporté beaucoup de bonheur dans sa vie personnelle et professionnelle. Elle dit retrouver des composantes d?urbanisme dans le Feng Shui. «L?urbanisme, c?est l?aménagement de l?environnement physique sur une grande échelle, alors que le Feng shui est l?aménagement du même environnement mais dans des proportions plus réduites. Il est même possible de l?appliquer à l?environnement d?un pays comme l?ont fait la Chine et Hong Kong qui ont réussi.»

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