Publicité

Sithanen : la roupie forte reflète la bonne performance de l?économie

24 janvier 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Le taux de change est fonction des fondamentaux économiques. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, a indiqué hier que le gouvernement entend bien laisser les forces du marché déterminer la valeur de la roupie.

L?appréciation de la monnaie locale est le résultat de la performance jugée positive de l?économie, soutient-il. Du coup, il minimise les chances d?une éven- tuelle intervention du gouvernement dans la politique monétaire pour soulager les exportateurs qui disent craindre les effets d?une roupie forte sur leur business.

<B>Soutiens aléatoires</B>

«Nous sommes en train de récolter les fruits de la réforme. L?économie est en train de très bien faire. Notre devise reflète les fondamentaux de l?économie», soutient Rama Sithanen. Il répondait hier aux journalistes à l?occasion de l?ouverture du symposium sur les services financiers à Flic-en-Flac.

La valeur de la roupie fait débat. Les industries d?exportation sont très inquiètes car une monnaie forte fait chuter leurs recettes en roupies. Dans un commentaire à l?express (édition du mardi 22 janvier), le vice-président de la Mauritius Export Association (MEXA), Ahmed Parkar, affirmait que le secteur manufacturier court le danger d?une nouvelle crise si les autorités ne revoient pas leur position sur le taux de change. Il estime que le taux de la roupie ne reflète pas sa vraie valeur et qu?elle bénéficie de certains soutiens aléatoires, dont un taux d?intérêt élevé.

Les autorités sont d?un avis contraire. Le ministre des Finances estime que même s?il faut maintenir un équilibre entre la nécessité de contenir l?inflation et les impératifs de la compétitivité des exportations, la stabilité de la monnaie doit primer. De ce point de vue, il avance qu?il faut voir l?évolution de la roupie sur un laps de temps plus long. La monnaie nationale a connu une dégringolade en 2006 et elle est en train de remonter la pente.

«Nous avons procédé à des ajustements qui portent aujourd?hui leurs fruits. La roupie affiche actuellement une certaine stabilité par rapport aux devises. Il faut laisser le marché déterminer le taux de change. Sauf en cas de corrections trop fortes, où c?est la responsabilité des autorités d?intervenir», explique Rama Sithanen.

Excès de liquidités</B>

La position du grand argentier rejoint celle de la Banque de Maurice qui insiste sur la discipline monétaire. Un responsable de l?institution indiquait à l?express récemment qu?il n?était nullement question de réajuster la politique monétaire pour accommoder certains intérêts économi- ques. Il expliquait que les récentes interventions de la Banque centrale sur le marché des changes avaient pour objectif d?éponger un excès de liquidités. Il ne s?agissait pas d?une action pour faire déprécier la roupie face à l?euro, au dollar et à la livre sterling.

La Banque de Maurice a racheté 40,5 millions d?euros (environ Rs 1,7 milliard) sur le marché durant le mois de décembre. Le circuit forex avait enregistré un excédent significatif de monnaies européennes après que les compagnies sucrières ont échangé des euros pour des roupies pour une valeur de Rs 3,8 milliards. Ces sociétés avaient contracté un crédit relais en euros pour financer le Voluntary Retirement Scheme 2.

Elles ont emprunté en euros et elles attendent le décaissement des mesures d?accompagnement dans la même devise. C?est l?Union européenne, principal bailleur de fonds de la réforme sucrière, qui débourse. La Banque de Maurice a dû intervenir, car le marché ne pouvait absorber une masse de liquidités d?une telle envergure.

Publicité