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L?Etat déclare la guerre aux spéculateurs fonciers

23 janvier 2008, 20:00

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Les autorités haussent le ton. Les transferts des droits de bail à caractère spéculatif seront surveillés à la loupe. Désormais, un détenteur de bail qui a obtenu un terrain ne peut plus transférer son droit. Il doit s?assurer de l?aboutissement de son projet. Sinon, le bail est résilié, argue le ministère des Terres. Ce qui devrait mettre fin à la spéculation sur les terrains de l?Etat.

«Il y a eu trop d?abus. Si vous êtes une compagnie, vos transferts d?actions à d?autres personnes seront sujets à de stricts contrôles. De la même manière, un individu ne peut plus transférer au nom de quelqu?un d?autre. Il ne sera plus question de vendre vos droits. Le ministère ne peut pas être complice des transactions douteuses qui rapportent des millions», soutient un haut cadre au ministère des Terres. Jusqu?à tout récemment, les transferts se faisaient à la requête du détenteur après autorisation du ministère des Terres.

Un notaire qui connaît bien les rouages sur le transfert des terres de l?Etat précise : «Sans autorisation du ministère, aucun individu ne prenait le risque de vendre ses droits ou de les transférer. Il y avait cependant une astuce. Une compagnie, détentrice d?un bail, informait le ministère des Terres qu?elle allait transférer ses actions à une autre compagnie. Or, cet actif comprend également le droit au bail. L?autre compagnie en hérite ainsi. Tout cela se fait dans la légalité avec le notaire qui fait les papiers. Sauf que cette astuce permet au spéculateur de faire des millions de roupies sur un terrain qui n?est pas à lui en le vendant aux personnes à qui il a cédé ses actions.»

Sur ces transactions douteuses, le haut cadre du ministère des Terres ajoute que «ces compagnies se créaient souvent seulement dans le cadre de ces transactions. C?est pour cela que dès le départ, maintenant, nous cherchons à connaître la structure de l?actionnariat. Les changements d?actionnaires pour des raisons non justifiées ne seront plus acceptés».

Délais de construction respectés</B>

Deuxième mesure pour éviter les spéculations sur ces terrains : les délais de construction pour les projets seront rigoureusement respectés «Une fois les échéances terminées, nous chercherons des explications si le projet n?aboutit pas. Les demandes de prolongement ne seront pas pour de longues durées et il faut encore de bonnes raisons pour le faire. Et l?extension ne sera pas accordée à plusieurs reprises.»

Le ministère a eu vent récemment que des détenteurs de bail à Balaclava, dont le frère d?un conseiller du gouvernement, tentent de vendre leur droit de bail à des tierces personnes. Ces ventes se font à travers des courtiers mais, selon le notaire que nous avons sollicité, «le caractère spéculatif des terres de l?Etat a fait les choux gras de beaucoup de courtiers mais a beaucoup diminué ces derniers temps. Encore plus ces derniers mois, quand les autorités ont décidé de limiter les spéculations, en imposant une série de garde-fous».

Le ministre des Terres, Asraf Dulull, affirme que «le public doit être mis en garde sur le fait que les terrains de l?Etat vendus à travers des courtiers ne peuvent être transférés désormais. Aucun transfert fait dans ces conditions malhonnêtes ne sera toléré ni approuvé par mon ministère. D?ailleurs, les personnes qui ont reçu une lettre de réservation ou une lettre d?intention ou encore un bail, et qui ne respectent pas les conditions attachées n?ont qu?à bien se tenir. Car mon ministère est bien décidé à reprendre ces terrains non développés».

Avant 1999, les transferts de bail étaient autorisés, toujours avec l?aval du ministère. Ensuite, ils ne pouvaient se faire qu?après un «lease hold fee» de 20 % (10 % pour le vendeur et 10 % pour l?acquéreur). Puis la loi a été amendée pour permettre que les transferts se fassent avec autorisation et sans paiement. Jusqu?à ce que les mesures actuelles interviennent.

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