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Dysfonctionnement
Le textile repart mais reste largement tributaire de la valeur de la roupie. Pour les exportateurs, une monnaie compétitive est indispensable pour maintenir les parts de marché. Le spectre de ralentissement économique en Europe et aux Etats-Unis, leurs deux principaux marchés, rend les choses encore plus compliquées.
Selon les industriels, le taux de change actuel de la roupie ne reflète pas sa vraie valeur. Ils réclament un ajustement monétaire. La Banque centrale indique, elle aussi, que la monnaie doit refléter les fondamentaux de l?économie. La question est de déterminer la vraie valeur de la monnaie.
Les exportateurs estiment que la roupie bénéficie de quelques soutiens aléatoires tels que les taux de rendement élevés sur les bons de Trésor, qui attirent des capitaux étrangers. Les placements étrangers à la Bourse sont également une source de devises, mais sont à la merci du sentiment des investisseurs internationaux. Il faudrait donc dissocier ces éléments des «vrais» fondamentaux de l?économie. En d?autres mots, la roupie doit se déprécier.
Cette situation met en exergue la fragilité du secteur de la confection. Le retour à la croissance après des années de récession a été possible grâce, en grande partie, à une monnaie faible. Le textile pourra-t-il survivre à une politique de taux de change restrictive ? Certains exportateurs anticipent déjà la prochaine crise dans quelques mois si la Banque centrale ne fléchit pas son action.
Celle-ci peut soit intervenir sur le marché pour racheter des devises et faire chuter en conséquence la valeur de la roupie, ou baisser les taux d?intérêt pour rendre les actifs libellés en roupies moins attrayants auprès des investisseurs étrangers. Il semblerait que la dernière option est plus appropriée aux yeux de la Banque de Maurice qui, déjà, exclut toute incursion dans le circuit «forex» en vue d?influencer la valeur de la monnaie.
Les autorités vont-elles réaligner la politique monétaire autour des préoccupations du textile ? Il y a peu de chance que cela soit ainsi. Certes, la confection occupe encore une place importante dans l?emploi et dans la richesse nationale. Il faudra insuffler au plus vite un nouveau dynamisme aux nouveaux pôles de croissance pour consolider la résilience de l?économie.
Le symposium sur les services financiers qui s?ouvre aujourd?hui à Flic en Flac devrait proposer des solutions stratégiques et structurelles à un secteur sur lequel le pays compte beaucoup pour une transformation quantitative et surtout qualitative de son modèle de développement.
La semaine prochaine, le «Board of Investment» (sous l?égide duquel se tiennent les symposiums) abordera le potentiel de services d?externalisation. L?économie des services à valeur ajoutée est en marche. Il lui faut un encadrement tant sur le plan de développement des capacités que sur le plan de recherche des niches porteuses. Plusieurs métiers dont Maurice compte déjà les compétences, tels que les services juridiques et la comptabilité, se prêtent à la sous-traitance. Plusieurs créneaux sont à prendre.
L?économie des services dépend beaucoup moins du taux de change pour assurer sa compétitivité. Elle n?est pas, cependant, un substitut à l?industrie du textile, mais les choses peuvent changer beaucoup plus vite qu?on ne le pense. Le projet «relooké» de Tianli apporte une toute autre perspective aux nouvelles potentialités de l?économie.
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