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Promesses à moitié tenues
■ Réforme du système électoral
Des promesses et toujours des promesses mais rien de concret. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, s?était engagé à ouvrir un dialogue sur la réforme du système électoral avec les différents partis politiques avant de soumettre le projet à un référendum mais on attend toujours. A noter que dans le manifeste électoral, l?Alliance sociale (AS) avait dit que «le Mouvement militant mauricien a trompé l?électorat en s?engageant, en 2000, à réformer le système électoral» mais n?a rien fait.
■ Collectivités locales
L?AS avait promis de «démocratiser» le fonctionnement des assemblées locales. Des élections municipales et villageoises ont eu lieu mais ce n?est pas sûr qu?elles ont eu pour résultat la «démocratisation» des collectivités locales. L?AS avait aussi promis de réviser la Constitution et les pouvoirs de la Local Government Service Commission pour consolider son autonomie et sa crédibilité mais il lui reste encore deux ans et demi pour en faire une réalité.
■ Méritocratie dans l?emploi
Les inégalités mènent à l?inefficacité, dit l?AS. Ainsi les opérations de la Public Service Commission (PSC) devaient être revues ainsi que plusieurs autres mesures pour assurer la méritocratie et revoir la politisation à outrance de la fonction publique et des organismes parapublics. Il y a encore du chemin à parcourir. Le jugement de la Cour suprême annulant des nominations de la PSC récemment n?améliore pas la perception de l?organisme.
Dans le même souffle, la fonction publique devrait rimer avec méritocratie car elle allait être modernisée, entre autres, avec la création d?une école de la fonction publique. Or celle-ci se fait toujours attendre.
■ Repenser le rôle de l?Etat
«L?Etat agira (?) comme un catalyseur du changement social», dit le manifeste électoral. Plusieurs réformes allaient être enclenchées pour combattre la corruption; un code d?éthique et d?intégrité devait être adopté par les élus et les hauts cadres du secteur public. Rien jusqu?ici. Entre-temps, il y a eu l?affaire Varma ? un député qui a écrit des lettres aux ministères et autres départements pour demander à être nommé conseil légal. Le code d?éthique aurait pu aider à éviter ce genre de problèmes.
L?allocation de contrats devait être plus transparente. Le Procurement Act a enfin été promulgué et le Procurement Board a été établi mais il est trop tôt pour dire si l?exercice d?appel d?offres sera plus transparent dans les faits.
La MBC devait être impartiale et être concurrencée par la télévision privée. La partialité de la MBC a souvent été décriée et on n?entend plus parler de la libéralisation de la télévision.
Nombre de projets de loi ont été promis dont le Freedom of Information Act et l?Equal Opportunities Act. Ni l?un ni l?autre n?a été circulé même si les membres du gouvernement en parlent toujours. Une ébauche de l?Equal Opportunities Bill était prête en 2006 mais il semble que les dirigeants de l?AS ne s?entendent pas sur un point spécifique.
■ Justice accessible
La réforme du judiciaire a été enclenchée et se porte bien, selon les observateurs. La Family Court vient d?entrer en opération et il semble y avoir une volonté de respecter l?engagement pris auprès de l?électorat à ce sujet.
■ Economie
L?AS avait promis 4 E ? empowerment, éducation, entrepreneuriat et employability. Les 4 E font partie intégrante de la politique de démocratisation de l?économie.
A mi-mandat, on peut constater que l?effort est en train d?être fait en termes d?empowerment avec la mise en place de l?Empowerment Programme mais il est peut-être trop tôt pour savoir si effectivement l?empowerment des gens s?est traduit dans les faits.
■ Education
L?accès à l?éducation n?a pas été nécessairement facilité malgré le transport gratuit pour les étudiants. Les statistiques ne démontrent pas qu?il y a eu changement. Pire : pour la première fois depuis quatre ans, le nombre d?élèves qui échouent au Certificate of Primary Education a augmenté et le système des A+ et l?introduction des collèges nationaux ont été décriés.
■ Entrepreneuriat
Les statistiques démontrent qu?il y a un nombre croissant d?entrepreneurs. La SEHDA et Enterprise Mauritius ont contribué à soutenir ces nouvelles entreprises mais les difficultés perdurent avec l?abolition graduelle des taxes douanières, résultat de la mondialisation.
■ «Employability»
Certes, il y a des efforts pour encourager les employés des secteurs à risques à se recycler. Cependant, le mismatch entre travail et main-d?oeuvre est toujours très grand. Le Premier ministre affirme que dans un proche avenir, «les gens n?auront plus à aller vers le travail, c?est le travail qui viendra vers eux» mais la question est de savoir si les chômeurs actuels ont le profil requis pour remplir ces futures vacances. Entre-temps, les permis de travail pour les étrangers sont autorisés alors que certains Mauriciens se plaignent toujours de ne pas avoir d?emploi.
■ Relance de l?économie
Des mesures entreprises donnent des résultats et les indicateurs marquent un certain progrès. La confiance dans notre économie semble avoir été réinstaurée puisque les investissements étrangers pleuvent. Toutefois, le gouvernement n?a toujours pas pu allier efficience économique et justice sociale.
Son plus grand défi demeure la hausse des prix des produits alimentaires et malgré «le langage de vérité» prôné par les rouges, il semble ne pas y avoir consensus sur la politique à adopter au sein du gouvernement, pour atténuer les effets de la perte du pouvoir d?achat. A titre d?exemple, alors que le premier budget Sithanen annonce la fin des subsides universels et l?introduction du ciblage et que le PM reprend ces propos lors de son message du nouvel an, les subsides sur la farine, le riz et le gaz ménager perdurent.
■ Démocratisation
Une commission pour la démocratisation a été créée, le gouvernement a fait voter le Competition Bill et l?Etat s?est engagé dans un bras de fer avec les sucriers pour la démocratisation. De ce bras de fer, l?Etat a eu 2 000 arpents de terres, des actions dans les raffineries, distilleries et autres centrales thermiques qui iront aux employés de l?industrie de la canne.
La démocratisation de l?accès à la terre a pris la forme, entre autres, d?une révision des conditions des baux sur les terrains de l?Etat, grazing lands et autres Pas géométriques. Les IRS ont été taxés pour que cet argent aille à l?empowerment des gens de la région et les petits planteurs peuvent désormais eux aussi prétendre à l?IRS sous une forme modifiée sous l?appellation Real Estate Scheme (RES).
D?autres mesures comme l?outsourcing dans les supply chains aux petites et moyennes entreprises n?ont, jusqu?ici, pas été très mises en pratique.
■ Sport
«Redonner des moyens d?épanouissement de notre jeunesse à travers le sport», dit pompeusement le manifeste électoral. L?épanouissement se fait attendre.
■ Décongestion
«L?AS s?engage à prendre, dès sa première année au gouvernement, une décision sur les modes alternatif ou complémentaire de transport en commun.» Il y a eu des propositions mais le projet a surtout été caractérisé par des atermoiements. Les embouteillages ? malgré l?assurance du PM que les choses allaient bouger avec le prêt qu?il a obtenu du gouvernement chinois ? empoisonnent toujours la vie des Mauriciens et font perdre de l?argent au pays.
■ Police
L?AS avait promis une police efficace et citoyenne pour aider à combattre le problème de la sécurité publique, incluant une révision totale du Police Act et une réforme en profondeur de la police. La situation est catastrophique. La police semble être handicapée avec un chef hiérarchique qui joue aux abonnés absents et les incidents de ces derniers jours démontrent la perte de confiance de la populationdans la police.
■ Prisons
«Rétablir la santé dans nos prisons», avait dit l?AS. Bill Duff s?en est allé comme promis mais la situation n?en est pas moins instable, même si moins médiatisée.
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