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A l?épreuve du pouvoir

23 janvier 2008, 00:00

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L?heure est au bilan. Cela fait deux ans et demi que les travaillistes sont arrivés au pouvoir. La première moitié de leur mandat est épuisée. Durant la deuxième moitié, il ne se passe pas, en général, des choses sérieuses. Les réformes structurelles les plus significatives sont derrière nous. Voilà pourquoi cette échéance du mi-mandat est importante.

Il est peu probable que les dirigeants oseront, à partir de maintenant, introduire des changements susceptibles de provoquer des remous. Confronté aux contraintes électorales, tout gouvernement consacre normalement la fin de son mandat à des mesures populistes et à l?octroi de petits cadeaux à l?électorat.

Le programme gouvernemental des travaillistes était principalement articulé autour du thème de la démocratisation de l?économie. Ce thème a fait rêver l?électorat. Manifestement, le rêve s?est brisé depuis. En dépit de toute la bonne volonté dont on peut créditer les travaillistes, ils n?ont pas instauré un «nouveau modèle pour une relance saine de l'économie à travers la démocratisation» comme promis.

A l?épreuve du pouvoir, le PTr a compris combien le passage est difficile du discours à l?acte. Le pouvoir économique n?est pas moins concentré aujourd?hui qu?il ne l?était avant. Dans certains cas, le mouvement s?effectue en sens inverse. Par exemple, Harry Sookun s?est retiré après son incursion inédite dans le secteur bancaire.

Dans le secteur sucre également, les rêveurs ont déchanté. Pendant une année, les tensions Etat-sucriers ont tenu le pays en haleine, mais, en fin de compte ce n?était qu?une tempête dans un verre d?eau. Toute la dramaturgie qui visait à faire croire que l?affrontement avec les opérateurs ferait baisser le coût de l?électricité ou ouvrirait l?actionnariat des grandes compagnies aux masses a été suivie de peu d?effets. 2 000 arpents de terres ont été offerts à l?Etat ? Une superficie bien plus grande avait été cédée, en d?autres circonstances, sans la rhétorique et le décor belliqueux.

Si un virage a néanmoins été bien négocié, il s?agit de l?ouverture de notre économie. Les régimes fiscaux sont allégés et les procédures bureaucratiques imposées aux entrepreneurs simplifiées. Un environnement plus accueillant est créé pour attirer l?investissement. Les graines sont semées, la récolte ne saurait tarder.

Pour autant, il n?y a pas toujours eu de cohésion au sein du gouvernement sur le libéralisme économique. Le ministre des Finances a accéléré l?ouverture, mais, certains de ses collègues ont cherché à freiner le changement. Le ministre de l?Industrie est un de ceux-là. Partisan de l?interventionnisme d?Etat, il aura accumulé entre l?épisode Amul et celui de la farine chinoise, beaucoup de revers. La plupart de ses actions se retournent contre lui par la suite.

Les programmes électoraux sont tous remplis de promesses non tenues et de mots creux. D?habitude, cela se pardonne. Mais quand le PTr écrit qu?il «veillera au respect de l?impartialité à la MBC», ce n?est pas qu?une tromperie. C?est une arnaque.

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