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La place de Rodrigues dans la République
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La place de Rodrigues dans la République
Alain Tolbize, le président de la Rodrigues Government Employees Association (RGEA) a déjà commencé à prendre contact avec différentes personnalités, à Maurice, en Australie et toute la diaspora Rodriguaise pour animer un atelier de travail de deux jours à Rodrigues dont le thème est : Quelle est la place de Rodrigues au sein de la République après 40 ans d?indépendance ?
Cet atelier de travail coïncidera avec la quarantième an-niversaire de l?Indépendance de Maurice .
Pour Alain Tolbize, cette idée de se faire entendre sur les inégalités dans la République de Maurice ne date pas d?hier mais depuis le 26 octobre 1993. Cette date précise remonte à l?épisode où la RGEA avait dénoncé dans un document qui date du 29 juillet de la même année, la discrimination institutionnalisée subie par les fonctionnaires. Selon le syndicat, le gouvernement est en contradiction avec l?article 16 de la Constitution du pays qui interdit toute discrimination à l?encontre d?un citoyen de la République à cause de son origine.
Dans son jugement rendu le 15 novembre 1996, le juge, Vinod Boolell soutient que les plaignants n?avaient aucun motif de poursuite sous l?article susmentionné et que, si litige existe, il faut faire appel à d?autres cours ou instances arbitrales que la Cour suprême.
«Nous avons qualifié ce jugement de colonialiste et nous avons même envisagé d?avoir recours au Conseil privé. Nous n?avions malheureusement pas trouvé les moyens financiers pour le faire», déplore le président de la RGEA. «Malgré cela, nous avions cru qu?avec l?avènement de l?autonomie, les choses allaient évoluer de manière positive. Mais nous constatons que les inégalités se creusent entre les citoyens de la même Republique. Cela se confirme avec l?attitude adoptée par Rama Sithanen, ministre des Finances lors du budget 2007-2008 dans lequel il n?a fait aucune mention de Rodrigues», déplore-t-il.
Le syndicaliste dit avoir l?impression que le gouvernement central veut à tout prix garder les Rodriguais dans la misère. Pour soutenir ses dires, il cite l?époque où ces derniers travaillaient dans les Docks pour un salaire de misère et aujourd?hui comme aide-chauffeur, dans la construction ou dans les centres d?appels. Il souligne également la position récente du ministre des Finances sur le paiement de l?allocation aux pêcheurs. «A mon avis, si nous étions traités comme citoyens de la République, la question de l?indépendance n?aurait pas été soulevée.»
«Même mentalité que les colons»
Yvan Martial journaliste, historien et fin observateur de la politique n?y va pas de main morte pour donner son point de vue sur la question soulevée sur l?indépendance de Rodrigues. «Si nous refusons d?accorder l?indépendance à l?île Rodrigues sous prétexte qu?elle ne peut pas financer son fonctionnement, nous aurons la même réaction et la même mentalité que les colons», déclare ?t-il .
Selon lui, Rodrigues, n?a pas encore des assises financières solides, le gouvernement peut toujours trouver un moyen pour un arrangement financier pour que l?Indépendance devienne possible pour cette île. Rodrigues a ses spécificités qui sont distinctes de Maurice, insiste-t-il.
Comme les Mauriciens 40 ans de cela, les Rodriguais ont le droit légitime de réclamer leur indépendance, même si la situation demande à franchir plusieurs étapes constitutionnelles avant de se concrétiser.
Il se rappelle également des économistes qui avaient prédit le pire pour Maurice avant son accession à l?indépendance «La preuve est là. Nous allons fêter bientôt notre quarantième anniversaire.»
Interrogé sur ce qu?il avait écrit dans son billet, intitulé Il y a vingt-cinq ans, dans lequel Gaëtan Duval affirme qu?il n?y a pas de document juridique établissant que Rodrigues fait partie du territoire mauricien. «Si les Rodriguais réclament leur indépendance, ils le feraient dans la légalité la plus stricte», Yvan Martial réplique «Pour être franc, je n?accorde aucune valeur aux paroles des politiciens.»
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