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Au service de la bonne gouvernance
Il pourrait tapisser bien des murs avec ses innombrables diplômes. «Quand je vous en parle, je me demande comment j?ai pu faire tout cela.»
Dans son classeur, il n?a gardé que l?essentiel. Pour ce qui est de sa centaine d?autres diplômes, il les a mis quelque part ailleurs. «Je ne sais pas comment gérer tout cela», raconte-t-il en secouant la tête.
A se demander s?il a le temps de faire autre chose ? «Oui», s?empresse-t-il de dire. «Je suis marié vous savez.» C?est vrai que cela occupe ! S?il n?a pas d?enfant pour le moment, cet homme de 42 ans est certain qu?il sera prêt le moment venu. «Je donne des cours en gestion de temps. Je saurai trouver le temps. Tout est une question d?organisation», assure-t-il.
Venons-en à ses diplômes. Apres ses études au collège Royal de Port-Louis, il obtient la petite bourse. Ayant été classé septième à ses examens du Higher School Certificate, il passe deux ans à l?île de La Réunion, après quoi il intègre la très prestigieuse Ecole nationale supérieure d?ingénieurs en France. Il y fait un diplôme d?ingénieur en chimie industrielle et en génie chimique. Grâce au programme Erasmus, il a la possibilité de compléter ses études dans un autre établissement européen. Il part à l?Institute of Science and Technology de l?université de Manchester en Angleterre. Il y fait aussi une maîtrise en chimie industrielle. En 2002, il fait un Master en Administration des entreprises.
«J?ai de l?ambition, je suis un leader, un entrepreneur qui a la capacité de mettre en place des stratégies et de les exécuter. Mon défaut, c?est que je ne sais pas dire non.
Son parcours professionnel : après sa maîtrise à l?université de Manchester, il fait son entrée chez le géant BP Chemicals à Lavéra en France en tant que Commissioning Engineer et Technology Transfer Consultant. Là-bas, il est appelé à travailler sur une technologie appelée Phase-Gaz, utilisé dans la fabrication de polyéthylène. Une technologie propre réduisant de 90 % les rejets nuisibles dans la nature. Il a alors 26 ans. Ce qui fait de lui le plus jeune consultant au monde à travailler sur cette technologie. «Je devais même garder une moustache à l?époque, histoire de paraître moins jeune.» En 1994, après quatre ans au service de BP, il revient à Maurice et rejoint le groupe Mauvilac. En tant que Project Manager, son premier projet est de faire de Mauvilac la première compagnie à Maurice à être certifié ISO 9002, une des normes relatives à la maîtrise de la qualité. En 2005, il devient le président de la Jeune chambre internationale (Maurice). Ajouté à cela, il a plus de 15 ans d?expérience en tant que formateur. Il est du reste un formateur agréé de la Mauritius Qualifications Authority et de l?American Society for Quality?
Vous en conviendrez : pour être titulaire d?autant de diplômes, il faut beaucoup d?études. A-t-il fini d?étudier ? Oh que non. Du reste, en ce moment même, il suit un cours en leadership qui se terminera en mars. Il a aussi été choisi par le British Council comme étant parmi les dix leaders qui émergent à Maurice. «Tous les jours, j?apprends des choses. Cela veut donc dire que je ne sais pas grand-chose... De plus, dans mon domaine, il est difficile d?être ne serait-ce qu?à jour. C?est un domaine en expansion tous les jours.»
Son domaine: la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Anwar Kaidoo est arrivé premier d?un concours sous forme d?essai sur la RSE organisé par la Jeune chambre internationale. Le sujet était «Bonne pratique de la RSE dans les Petites et moyennes entreprises.» La RSE est un concept dans lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales, et économiques dans leurs activités et dans leurs relations avec leurs parties prenantes sur une base volontaire. Aux critères issus de ces piliers, s?ajoute celui de bonne gouvernance.
En matière de RSE, Anwar Kaidoo est d?avis qu?à Maurice, «on peut faire beaucoup mieux. Dans le dernier budget, il était prévu que des entreprises contribuent à au moins 1 % de leurs profits à des activités de responsabilité sociétale. Certaines entreprises dans le monde vont jusqu?à 5 %. Il y a de la marge». Il est d?avis que les activités à faire demandent une planification. «Le chemin de la facilité serait que les employeurs donnent de l?argent à des organisations non-gouvernementales. Il faut plus que cela. Il faut un réel engagement de l?employeur. Pas uniquement ceux des grandes compagnies cotées en bourse, mais même des petites entreprises.» Car la RSE incarne, selon lui, l?avenir des entreprises. «Il faut une politique, des procédures pour s?assurer une bonne gouvernance. Aujourd?hui, ce sont à de telles compagnies que les investisseurs font confiance. Pour éviter de tout perdre comme c?était le cas avec Parmalat ou Enron. L?heure est maintenant à la transparence.»
Actuellement, il est consultant, formateur et auditeur en ISO 9001, ISO 14001, RSE et gestion de projets. Depuis novembre 2007, il a mis sur pied deux compagnies : Absolute Quality Ltd, un cabinet qui forme et donne des conseils en matière d?affaires. Pour ce qui est du volet bonne gouvernance et RSE, c?est sa deuxième compagnie, CSRplus qui s?en occupe. Le but ultime des deux étant le même : «L?excellence organisationnelle.»
Deux compagnies créées en un mois ! Cela demande entre autres de l?ambition. Il n?en manque pas, selon ses propres dires. «J?ai de l?ambition, je suis un leader, un entrepreneur qui a la capacité de mettre en place des stratégies et de les exécuter. Mon défaut, c?est que je ne sais pas dire non. Finalement, je me retrouve à faire tellement de choses qu?il ne reste pas beaucoup d?heures pour dormir. Peut-être que je devrais accorder plus d?heures à la famille», dit-il songeur. Laissons-le à ses réflexions, histoire de ne pas lui prendre le peu de temps qui lui reste.
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