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Rs 660 millions de subventions
Les impératifs du marché ont eu raison des acrobaties de Rajesh Jeetah, le ministre du Commerce, pour éviter à la population une augmentation du prix de la farine et du pain. Pour en atténuer les effets, une subvention de Rs 660 millions sur la farine a été déloquée.
La nouvelle est tombée vendredi, annoncée par le ministre lui-même. Le prix d?un demi-kilo de la farine passe de Rs 5,30 à Rs 6,90. Le pain maison passe de Rs 2,15 à Rs 2,65, la baguette de 200 g passe de Rs 4,50 à Rs 5,50.
Visiblement gêné par les événements, Rajesh Jeetah tente de se justifier : « N?im-porte qui à ma place aurait fait la même chose. Le prix du blé est monté de 70 % sur le marché international. Nous devons faire face au contexte et éviter de faire des attaques personnelles. »
On se souviendra que lors de la Private Notice Question (PNQ) du 2 décembre, le ministre avait fait part de la stratégie du gouvernement pour trouver une autre source d?approvisionnement afin d?éviter une répercussion du prix mondial de la farine sur les consommateurs. C?est dans ce contexte que le gouvernement s?est tourné vers un fournisseur de farine chinois, dont le prix allait être inférieur à celui offert par Les Moulins de la Concorde.
Le problème, est que l?entreprise chinoise n?est pas en mesure, pour diverses raisons, de fournir sa farine en début d?année. Sans le recours à de la farine de la Turquie, une rupture du stock aurait été inévitable. « La farine de Turquie est chère, mais elle est de très bonne qualité », témoigne un boulanger des Plaines-Wilhems.
La STC passe à la caisse
Le prix annoncé vendredi n?est pas le prix réel, selon Rajesh Jeetah. Car il contiendrait une part de subvention. Sans celle-ci, le prix d?un demi-kilo de la farine aurait coûté non pas Rs 6,90 mais Rs 10,20, et celui d?un « pain maison » Rs 3,35 au lieu de Rs 2,65. Le financement partiel de cette augmentation va nécessiter l?injection d?une subvention additionnelle de Rs 260 millions, outre les Rs 400 millions de subventions sur la commande placée en 2007.
Et c?est la State Trading Corporation (STC) qui passera à la caisse. « L?année dernière, les subsides concernant la farine étaient de Rs 400 millions. Cette année, elles seront de Rs 260 millions. Ce qui équivaut à un montant total de Rs 660 millions. Les bénéfices que la STC fait dans d?autres secteurs seront utilisés pour le financement de ces subsides », soutient Rajesh Jeetah.
Les défenseurs des droits des consommateurs n?ont que faire de la posture du gouvernement qui présente les subventions comme une stratégie visant à éviter le pire aux consommateurs. Mosadeq Sahebdin, porte-parole de l?Institute for Consumer Protection (ICP), remet en cause la formule de subvention.
« Ce n?est pas un cadeau que le gouvernement fait aux consommateurs. Cet argent, c?est celui des contribuables. Où est le ciblage des personnes devant bénéficier de subventions ? » Mosadeq Sahebdin explique les différentes techniques utilisées par la STC pour récolter de l?argent, surtout celle qui consiste à introduire une taxe dans la structure même des prix de vente de certains produits de grande consommation comme l?essence.
Pour sa part, Jayen Chellum, secrétaire de l?ACIM, se demande pourqui Rajesh Jeetah n?explique pas laquelle des trois farines importées, à savoir, celle de Chine, celle de Turquie et celle produite à Maurice par Les Moulins de la Concorde a, selon lui, accusé une hausse de 70 %. Jayen Chellum soutient que « le flou le plus total règne autour du dossier farine. C?est une question d?approche. Le ministre parle d?une augmentation de 70 %. C?est une approche erronée. Je peux faire la démonstration qu?au fait, les prix n?ont augmenté que de 50 %. »
Concernant les subsides, Jayen Chellum soutient qu?« on est dans le flou, car les chiffres de la STC ne sont pas transparents et c?est la raison pour laquelle il est impossible de dire à ce stade d?où on va prendre de l?argent pour financer ces subsides ».
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