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Polémique à la foire de Mahébourg
MahEbourg village situé dans le sud-est, a abrité l?une des premières foires de l?île. Aujourd?hui, après plus de cinq décennies d?existence, la foire qui s?y tient tous les lundis, et qui voit des gens défiler des quatre coins de l?île entre 15 000 et 20 000, provoque une polémique.
Une manifestation et un meeting, mobilisant quelques marchands, ont été organisés, hier matin, par Georges Ah-Yan, membre du conseil de village de Mahébourg.
On déplore que la fermeture de cette foire ait de fâcheuses conséquences sur nombre de familles qui comptent sur leurs ventes du lundi pour vivre. En effet, la venue de touristes représente une véritable rentrée de revenus.
Mais les récriminations de la Mahebourg Citizens Welfare Organisation, menée par Georges Ah-Yan, s?apparentent à une tempête dans un verre d?eau. Le président du conseil de districts de Grand-Port-Savanne, Ramesh Basenoo, dément l?information selon laquelle le conseil de districts de Grand-Port-Savanne aurait décidé d?annuler la tenue de cette foire les lundis.
Ramesh Basenoo explique vouloir mettre de l?ordre pour des questions de sécurité et de discipline en mettant un frein aux activités de marchands illégaux qui, souvent, ne sont pas originaires de la région. «La foire ne peut pas fonctionner comme c?est le cas à présent», dit-il. Il invite les personnes de bonne foi à la table des discussions pour trouver une solution pour la tenue de la foire les lundis.
Cependant, loin des appels des syndicalistes qui participaient au meeting hier, les marchands ? presque un millier ? répondent à l?appel en ce lundi, fidèle à leurs habitudes. La foire donnant sur le front de mer ? terrain appartenant à la State Property Development Company ? et à proximité de la gare routière, un peu trop même pour des questions de sécurité, se tient comme à l?accoutumée.
«Promosyon, promosyon kasket sorti Rs 100 vinn Rs 50.» Derrière son porte-voix, le marchand de chapeaux tente d?attirer la foule de touristes français massés à l?entrée de la foire. Comme lui, le marchand de «pwason sale» et de sachets de poudre en tous genres, fait le marketing de ses produits typiquement mauriciens.
C?est cela la foire de Mahébourg du lundi. Avec, notamment ses montres Quartz à Rs 100, ses t-shirts Ronaldo ou les blousons de la marque Renault que vous ne trouverez pas moins cher ailleurs, assure-t-on. Ses marchands de vêtements, de chaussures ou d?ustensiles de cuisine, un peu comme dans toutes les foires. De même que ses marchands de briani, d?alouda et de dholl puri. Il y aurait aussi la vente de voitures. Et les affaires semblent être une... affaire de famille !
Les touristes, principalement réunionnais, français, italiens et allemands, plus nombreux en cette période de l?année que les Mauriciens un peu fauchés en ce mois de janvier, visitent étal par étal, mais les ventes ne semblent pas vraiment marcher. Ce que nous confirme Visham, marchand depuis 18 ans. La baisse dans la vente de ses produits, qui sont essentiellement artisanaux, se confirme depuis deux à trois ans?
Alors on est là très tôt, vers six-sept heures, histoire de ne rater aucun acheteur potentiel. Le temps c?est de l?argent, dit-on. C?est cette raison qui n?aurait pas permis à la majorité d?entre eux de se joindre à la manifestation hier matin.
Alnazir, qui travaille depuis dix ans à la foire de Mahébourg, s?est rendu pendant quelques instants au meeting pour s?enquérir des dernières nouvelles. Il n?a pu participer à la manifestation. Alanazir qui travaille également à la foire de Quatre-Bornes, de Port-Louis et de Rose-Belle estime que cette foire, avec celle de Quatre-Bornes, sont les deux seules qui permettent aux marchands de «couvrir leurs frais vu le nombre de personnes qui viennent des quatre coins de l?île pour y faire de bonnes affaires».
Mais si ce sont justement «ces bonnes affaires» qui attirent les Mauriciens, comme Jacqueline habitante de Rose-Belle venue «dénicher un deksi pour sa cuisine», entre autres choses, Marie-Claire, touriste qui en est à sa première visite trouve «les produits moyens en général». En effet, le touriste peut également en vouloir pour son argent?
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