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Peinture-Passion : aro et les rastas

13 janvier 2008, 20:00

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Naïves. Explosion de couleurs vives. Insulaires. Scènes de vie d?une île Maurice douce et dépaysante. Les première peintures de Karo peuvent se définir ainsi. Française établie à Maurice depuis la fin des années 1990, Karo est «tombée amoureuse de Maurice». Son premier séjour dans l?île en 1991 a été une épiphanie. De retour dans l?hiver européen, la grisaille n?a pas été supportable. Ce sont ces couleurs de l?été austral qui l?ont marqué. Qui ont marqué ses peintures. Qui ont motivé son départ.

Si ces premiers pas dans le petit monde de la peinture à Maurice avaient un net accent commercial ?expo-vente à la gallerie Hélène de Senneville, Karo s?est, à présent, lancée sur un chemin bien plus personnel. Coucher sur la toile les éléments de la culture rastafari. La peinture garde cet aspect naïf qui lui «colle à la peau». «C?est une philosophie qui m?attire. Comme ma peinture, elle a quelque chose de naïf parce qu?elle est pleine d?utopies.» Ces peintures plus personnelles sont révélatrices de sa passion : «Elles sont un morceau de moi, c?est pourquoi je ne les vends pas.»

C? est une philosophie qui m?attire. Comme ma peinture, elle a quelque chose de naïf parce qu?elle est pleine d?utopies.»

A Maurice, force est de reconnaître que les Rasta et leur culture n?ont pas une bonne image. Les préjugés sont légions et réducteurs. Les connaissances que l?on en a sont souvent erronées ou très partielles. Pour Karo, la peinture est un moyen de démystifier la culture rastafari. Une entreprise de «reconnaissance et de valorisation» en somme.

Karo fait essentiellement des portraits, notamment de musiciens locaux connus. Elle immortalise aussi «des scènes de leur vie quotidienne». Le projet est clairement culturel. Il ne s?attache pas à donner une vision du rastafarisme au sens large, mais se concentre sur «les spécificités de la culture rasta mauricienne». Karo lie sa peinture à la musique ? au seggae notamment, et à l?artisanat. C?est un triptyque culturel porteur. En ce sens, elle rêve d?un musée du rastafarisme à Maurice où peinture, artisanat, informations et concerts se mêleraient pour mieux faire connaître une culture trop souvent stigmatisée.

Ambition de peintre. De passionnée surtout. Karo veut faire voyager ses toiles rasta. Donner un coup de projecteur sur cette culture qui, à Maurice, s?imprègne des particularismes locaux. Manque de sponsors pour l?aider dans son entreprise. Il faut dire que la démarche de Karo suscite parfois des interrogations. «Femme et blanche», il peut sembler curieux qu?elle défende une culture qui n?est pas la sienne. Sans attendre elle rassure : «Je ne tire aucun bénéfice de ces peintures contrairement à mes autres toiles clairement commerciales.»

Karo peint. Avec son c?ur. Avec passion. Pour partager. Pour faire connaître. Pour casser des clichés tenaces. Pour défendre aussi. Elle ne vire cependant pas dans une adoration aveugle. Elle croque la vie, les regards, les visages, de cette culture qu?elle promeut à sa manière. En attendant qu?une exposition permette de mieux faire connaître ses peintures plus intimes.

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