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Le chômage persiste
Après deux années d?existence de la Coopérative Chemin-Sud(CCS), selon Joyce Dauphin présidente et Rajinee Babooram membre exécutif, le bilan est : «Mi figue mi raisin». La coopérative regroupe toutes les femmes licenciées de la zone franche et les sans emplois qui souhaitent mettre en place leurs petites ou moyennes entreprises.
Les licenciées sont de cinq secteurs précis : la pâtisserie, l?agriculture, la confection de paillettes et le textile. Elles ont aussi bénéficié de l?aide du Trust Fund for The Vulnerable Group (TFIVG), des Organisations non gouvernementales (ONG) du ministère des Coopératives, du ministère de la Femme, et quelque temps après de l?Empowerment Fund (EF).
«Notre première expérience au sein d?une grande équipe a été désastreuse. Les initiateurs de ce projet étaient sincères dans leur démarche. A mon avis une étude aurait dû être menée auprès des licenciées pour connaître leurs besoins réels pour une formation plus appropriée avant de les encadrer et non imposer une formation pour laquelle elles n?ont aucune aptitude», suggère la présidente de la CCS. Cette dernière est gérante d?une pâtisserie à Chemin-Grenier et emploie quatre autres membres de la coopérative.
<B>Persévérance</B>
Se basant sur ses expériences personnelles, elle pense qu?il faut également faire un suivi régulier des projets. Cela permettrait de mieux accompagner et guider les bénéficiaires pour des résultats plus concrets.
Elle relate les difficultés auxquelles elle est exposée pour vendre ses gâteaux. Malgré l?aide de Santee Barosee, qui se déplace de Chemin-Grenier pour faire du porte-à-porte dans les magasins, les bureaux et les centres commerciaux de la région la vente est difficile. «Pa fasil, li dimann bocou volonté pou fer marketing et surtout si ou pas fin gagne formation ek ou pena lexperience pou fer sa», témoigne Santee.
Autre expérience amère pour les membres toujours actifs, c?était la difficulté à gérer la CCS lorsqu?elle était encore au stade embryonnaire. «Certaines avaient cru que cette coopérative donne de l?emploi», se souvient-elle. Selon Joyce, cette perception est due à une mauvaise communication dès le début. Cette situation avait fini par créer la confusion et le découragement pour celles qui plaçaient beaucoup d?espoir dans cette coopérative. «C?était compréhensible. Tout comme moi, elles venaient tout juste d?être licenciées. Nous avions peur, étions angoissées et nous ne savions pas trop ce que nous réservait l?avenir.»
Rajinee Babooram et quatre collègues travaillent en sous-traitance avec une unité de textile de la région. Elle a aménagé un coin chez elle à Chemin-Grenier pour placer des paillettes sur les blousons que lui confie cette unité. «La direction de cette usine veut nous aider mais elle n?arrive malheureusement pas à le faire de manière régulière. En attendant nous nous retrouvons face au problème de chômage. Nou ti a contan gagne travay surtout avec sa la vie difisil là», plaide Rajinee. Elle soutient entièrement le point de vue de Joyce sur le manque de formation pour le marketing et la gestion des affaires. «C?est très bien d?avoir les moyens financiers pour démarrer un projet mais pour le faire aboutir, il faut absolument un encadrement plus professionnel et une formation plus appropriée.
Au cas contraire, nous sommes vouées à l?échec», préviennent les deux voisines.
La réussite d?une société coopérative, croit-elle, repose sur la persévérance, la patience, le goût de l?effort et rester solidaire dans toutes les épreuves. «Il faut foncer contre vents et marées.»
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