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Les nouveaux plans du bâtiment
Une croissance record de 15 %, comparé aux 4 % de 2006. La bonne santé du secteur de la construction se confirme. Mais elle provoque quelques craintes: que l?arrivée d?entrepreneurs étrangers comme China Jiangsu, à qui a été confié le chantier de Valriche à Bel-Ombre, n?annonce une déferlante qui laisserait les constructeurs locaux sur le pavé. Le tout sur fond de pénurie de main-d??uvre locale.
Si le secteur de la construction doit, selon les chiffres du Bureau central des statistiques, connaître une moindre progression en 2008, avec 3 %, cela veut d?abord dire que les nouveaux projets en seront à leurs débuts.
La suite, avec ne serait-ce que les 14 Integrated Resort Schemes à venir ou à compléter, et les compagnies offshore pressenties, promet. Pour Bushan Ramloll, de Ramloll Bushan Ltd, il faut s?attendre à des chantiers de Rs 5 milliards et plus. «Nous pourrions voir arriver des entrepreneurs libanais, égyptiens. Ce sont de grandes sociétés qui ont une technologie de pointe et leur propre équipe. Cela ne serait pas un problème pour elles d?ouvrir une antenne à Maurice.»
Les locaux n?en souffriront pas nécessairement, pense Bushan Ramloll. «Nous devrions en profiter pour conclure des joint-ventures.» Le gain pour les Mauriciens se situerait au niveau du «transfert de technologies, tandis que les étrangers pourraient approcher de nouveaux contrats».
Le hic, c?est que, faisant apparemment fi de la loi mauricienne, qui prévoit deux tiers de travailleurs mauriciens et un tiers d?étrangers sur un chantier, les constructeurs du type China Jiangsu ont leur propre équipe.
«Sur les chantiers les jours de congé»
Ce qui inquiète le syndicaliste Reaz Chuttoo, de la Construction Metal and Wood Employees Union, c?est que dans leur quête du chiffre d?affaires, les entreprises puissent trouver plus profitable de «traiter avec des travailleurs qui n?ont qu?un salaire de base». Ce qui fragiliserait la situation des employés locaux, «qui, contrairement à ce que l?on croit, sont aussi souples sur les horaires».
Reaz Chuttoo ajoute : «Ils sont utilisés partout, et même après la livraison du chantier, pour des tâches pour lesquelles ils n?étaient pas prévus au départ, comme laboureurs.»
Mais pour Bushan Ramloll comme pour Amédée Darga, président d?Enterprise Mauritius, il faut voir les choses autrement.
«Avec la globalisation et les nouvelles exigences des clients, le secteur doit se moderniser ? et les travailleurs doivent être capables d?être sur les chantiers les jours de congé», déclare Bushan Ramloll. «Si vous avez besoin de 1 000 personnes, elles doivent pouvoir aussi travailler selon un roulement. Or, si la loi des 2/3 de Mauriciens est respectée, vous risquez de n?avoir qu?un seul tiers des travailleurs qui va vouloir rester sur le chantier aux heures tardives.»
Entrepreneurs plus aventureux
Par rapport aux entrepreneurs locaux qui seraient affectés par les nouveaux venus, Bushan Ramloll pense que «beaucoup de grosses entreprises ont les yeux enfoncés dans le sable». Nous aurions clairement un problème de capacité : «Soit on applique partout les mêmes règles, soit on devient plus souple en employant des étrangers, avec les avantages qu?ils apportent en termes de souplesse.»
Amédée Darga, lui, va plus loin : «On est en train de parler d?un problème qui n?existe pas.» Si les entrepreneurs ne sont pas compétitifs par rapport aux étrangers, «ils ne peuvent s?en plaindre auprès des clients, qui choisiront les moins chers et les plus efficaces».
Le problème, pour le président d?Entreprise Mauritius, est davantage un problème de méthodes de travail. «Certains se sont reposés trop longtemps sur un marché captif. Nous sommes également à la traîne pour certaines technologies.» De plus, «l?île Maurice de 2008 ne peut pas s?arrêter de travailler à 16 heures».
Il est donc nécessaire de ne pas «mener de combat d?arrière-garde». Le pays est entré dans un stade où, naturellement, certains types d?emplois sont délaissés par les nationaux. Un phénomène qu?on rencontre dans le monde entier.
Il faudrait aussi que, de leur côté, les entrepreneurs soient plus aventureux, plus prêts à l?ouverture. «Ils semblent ne pas voir ce qu?ils pourraient gagner à être en joint-venture : notamment en s?associant sur des projets à l?étranger, en Afrique par exemple, où nous pourrions être très utiles aux entrepreneurs chinois ou indiens.» Bref, en matière de bâtiment, il faut voir plus grand.
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