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Les agapes de Noël
<B>Nicolas Kan Wah, manager de London Way
D?une pierre, deux coups</B>
Les Kan Wah n?ont rien mangé de spécial hier soir, travail oblige. Puisque les supermarchés sont restés ouverts jusqu?à fort tard, la famille a vite avalé un peu de riz, agrémenté de curry de poulet et de brèdes.
Ils n?auront pas le temps de préparer un déjeuner spécial d?aujourd?hui puisque les supermarchés restent ouverts jusqu?à la mi-journée pour les retardataires. Mais ce soir, Nicolas Kan Wah et sa famille se retrouveront dans un restaurant chinois. Ils en profiteront pour fêter la Noël et l?anniversaire de leur nièce. «En temps normal, nous mangeons de la dinde et de l?agneau le 25 mais il y aura une dérogation cette année-ci !»
<B>Mahen Gowressoo, ministre des Arts et de la Culture
«Toufe pom de ter e brinzel»</B>
Plaisantin, le ministre Mahen Gowressoo affirme que le dîner du 24 n?a pas été «particulièrement spécial». «J?ai mangé ce que ma femme a préparé, c?est-à-dire du végétarien car je suis en carême les lundis et les mardis.» Aujourd?hui, il retrouvera ses frères et s?urs chez leur mère. «Je lui ai demandé de nous faire un bon toufe brinzel pom de ter accompagné de faratas» «Je vais en profiter pour manger des faratas avant que le prix de la farine n?augmente !» Mahen Gowressoo pense déjà au 2 janvier. Il salive même à l?idée du bon «kari bouk» qu?il va déguster?
<B>Sheila Baguant, responsable du «shelter» de Forest-Side
Un Noël pas comme les autres</B>
Ce sera un Noël un peu triste pour Sheila Baguant qui a perdu son mari au cours de cette année mais la responsable du shelter de Forest-Side va quand même s?occuper des ses «enfants». Hier soir, les petits ont mangé des grillades et il y aura du poulet rôti et du gratin ce midi.
Sheila Baguant sera, elle, entourée de ses enfants, de sa mère et de quelques amis anglais qui sont en vacances à Maurice. Ces derniers qui déjeunent chez Sheila aujourd?hui ont une requête spéciale. «Ils ne veulent pas de Christmas lunch mais des faratas, du rougay et du giromon !», confie Sheila en riant.
Jacqueline Dalais, restauratrice
Cordonnier très bien chaussé ! </B>
Son dîner du réveillon, Jacqueline Dalais ne l?a partagé qu?avec ses enfants. Si le menu vous plaît, vous n?aurez qu?à passer une commande l?année prochaine ! En effet, à la table des Dalais hier soir, il y avait une terrine de foie de canard aux figues, un hors-d??uvre de fruits de mer et c?ur de palmiste avec du crabe frais et du canard à l?orange.
Pour une fois, Jacqueline Dalais avait cuisiné pour son propre plaisir et celui de ses enfants. Mais aujourd?hui, elle s?occupe de ses clients. «Je vais m?assurer que toutes les commandes soient livrées d?ici 14 heures. Après c?est repos !»
<B >Kishore Pertab, avocat
L?important c?est la? Compagnie</B>
Son épouse et sa fille étant en Grande-Bretagne, l?avocat a passé le réveillon avec son cousin et famille de retour au pays après 32 ans d?absence. Kishore Pertab s?amuse donc à leur faire découvrir ou redécouvrir le pays. Hier soir, il les a faits manger chinois à Roches-Brunes. Aujourd?hui c?est farniente à la mer. Quid du menu ? «Je ne sais pas encore mais le plus important, c?est la compagnie !»
<B>Hassen Mustun, cancérologue et directeur de la clinique Medpoint
Du spécial régal</B>
Pour le Dr Mustun, le mets était spécial hier. En l?occurrence, une daube de «lake bef» concocté avec les restes du qurbani. Rebelote aujourd?hui : sa tendre moitié lui réserve un autre plat aussi spécial. C?est-à-dire un «kari andan» composé d?abats de b?uf : de foie, du poumon et de la rate entre autres. Sinon c?est un jour comme les autres pour la famille Mustun, affirme le médecin, sauf qu?on se régale un peu plus.
<B>Toolsyraj Benydin, syndicaliste
Peut-être une dérogation à l?agenda</B>
Parce qu?elles sont meilleures cuisinières que lui, Toolsyraj Benydin laisse le soin à son épouse Sara et ses filles Noreyna et Shamila de préparer le repas de Noël qui réunira toute la famille. Le menu sera-t-il végétarien ou pas ? Telle est la question? Car chez les Benydin, le lundi et le mardi, normalement, «on est veg». Lorsque les 24 et 25 décembre tombent un lundi et un mardi, comme cette année, c?est un peu plus compliqué. «Peut-être que nous ferons une exception. Mon épouse et mes filles en décideront. Mais même si le repas est végétarien, je suis certain qu?il sera exceptionnel», soutient le syndicaliste. S?il n?est pas particulièrement d?humeur festive, dit-il, cela n?empêche pas que le repas familial soit pimenté de plaisir et de joie.
Sarita Boodhoo, écrivain
Comme d?habitude? </B>
Chez les Boodhoo, pour les fêtes, pas d?extravagance. Pour Ñoël, ils mangeront «la même chose que d?habitude». «Du riz, du dholl, des légumes?», précise la végétarienne, Sarita. Car Noël, c?est avant tout «sharing and caring et non pas ce qui se trouve dans notre assiette». Comme elle est la seule à ne pas consommer de viande, il faudra prévoir un autre menu pour les «non-veg». Ce ne sera «pas grand-chose», l?important étant que le repas soit préparé «en famille». Mais comme Harish Boodhoo a un «bon appétit» et qu?il «aime le poisson», le menu comportera «enn bon cari poson». A moins qu?il ne décide de sortir avec ses amis?
<B>Jocelyn Grégoire, prêtre
Du dholl puri au civet de lapin </B>
De 11 h 30 à 15 ou 16 heures? Chez les Grégoire, le déjeuner de Noël peut durer des heures. «Tous les 25 décembre, nous nous réunissons chez ma mère. Elle invite toute la famille ainsi que les jeunes spiritains qui sont en formation à Rose-Hill. C?est une tradition», explique le père Jocelyn Grégoire. Le repas est «festif». Le prêtre soutient que sa mère attend ce jour avec impatience chaque année. Le menu varie peu. Puisque la majorité des jeunes spiritains sont d?origine malgache, la plupart des plats sont mauriciens. En entrée : des dholl puri. Suivi d?un civet de lapins, «si (sa) mère arrive à trouver plusieurs lapins», sans oublier le fameux cari de poulet servi avec du riz. Pour le dessert, une salade de fruits avec de la glace. Le tout arrosé de bière ou de vin. Un repas familial qui se termine aux sons des djembes malgaches.
Patrick Assirvaden, président du «Central Electricity Board»
La dinde mais pas une... farce</B>
Comme bon nombre de familles mauriciennes, le 24 décembre au soir, Patrick Assirvaden a réveillonné «en famille» autour d?un barbecue. Le déjeuner du 25 par contre se fera en petit comité. Uniquement avec «la famille proche». Comme chaque année, ce sera «chez maman avec mes deux frères et mes deux enfants». Car pour Patrick Assirvaden, Noël, c?est l?occasion de gâter les siens et de passer un peu de temps avec ses enfants qu?il consent «avoir négligé pendant l?année». Le menu sera-t-il particulier ? Patrick Assirvaden l?espère : «J?aime bien manger de la dinde rôtie. Ma maman m?a dit qu?elle en ferait». Sa mère qui finalement, changera d?avis et cuisinera un «salmi» de dinde.
<B>Adèle Cadinouche, biologiste marin
Copieux le 24, léger le 25</B>
Depuis qu?elle a quitté la France pour s?installer à Maurice, il y a quelques années déjà, Adèle Cadinouche, a quelque peu délaissé la traditionnelle dinde de Noël. «A Maurice, ce n?est pas toujours évident de trouver une dinde. De plus, elle ne plaît pas forcément à tout le monde.»
Si s?en est fini de la dinde, le «bon dîner» demeure. En général du foi e gras et un gigot d?agneau qu?elle déguste en famille le 24 au soir. Le 25, le déjeuner est plutôt léger. «Tout le monde a fait un repas copieux la veille alors le déjeuner du 25 est plus léger». Des fêtes qui se déroulent en deux temps. «Le 25, nous déjeunons avec les membres de la famille qu?on a pas vu la veille».
Amédée Darga, président d?«Enterprise Mauritius»
«The proof of the Christmas pudding is in the...eating</B>
L?entrée ou le plat de résistance de son repas de Noël, Amédée Darga les relègue au second plan. Il ne pense qu?au dessert. Toute l?année, il a pensé son? Christmas Pudding. «Pas un Christmas Pudding en boîte. Un fait maison par l?épouse britannique d?un ami . Un authentique !» Puisqu?il n?a pas de famille à Maurice, c?est en compagnie d?amis proches qu?il va fêter. Il a pour principe de ne pas manger certaines choses au cours de l?année afin d?en apprécier «leur petit goût spécial» à Noël.
Comme le canard, par exemple, du menu d?hier soir. Aujourd?hui, c?est surprise, surprise car c?est un ami qui sera aux fourneaux.
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