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G. Duval accuse le père Koenig de dire la messe chez Paula Atchia

24 décembre 2007, 00:00

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Il n?y a pas comme la crainte d?un glissement de terrain électoraliste, sous les pieds d?un dirigeant politique, à la veille d?un scrutin, pour le faire paniquer et l?inciter à faire l?impasse sur la prudence la plus élémentaire, dans le choix de ses propos publics. Gaëtan Duval, chef de file des 24 candidats du PMSD à Curepipe, se démène comme un diable dans un bénitier, à la veille des élections municipales de la mi-décembre 1982. Les échos, qui lui parviennent de l?humeur des votants curepipiens, ne sont guère encourageants pour lui comme pour les siens.

En fin stratège, Gaëtan Duval sait utiliser les munitions parlementaires à sa disposition pour faire échec à un MMM encore auréolé par sa victoire incontestable de 60-0 du 11 juin 1982. Il sait pourtant que le parti de Paul Bérenger ne surfe plus sur la vague de popularité des 11 et 20 juin 1982. Il lui reste cependant de beaux restes. En quantité suffisante, en tout cas, pour damer le pion, même dans le fief bleu curepipien, à une opposition encore divisée (ce qui reste du PTr versus ce qui reste du PMSD). Il faudra d?ailleurs la constitution quasi miraculeuse de l?alliance Bleu-Blanc-Rouge, de la mi-1983, pour venir à bout de la victoire emblématique du 60-0 du 11 juin 1982. Avis donc aux roitelets, pensant pouvoir vaincre Navin Ramgoolam, en 2010-11, en s?opposant à lui en ordre dispersé et sans une alliance dûment réfléchie de tous les partis anti-PTr (au cas où il en existerait encore quelques-uns).

Parmi les armes parlementaires à la disposition de Gaëtan Duval, figure une motion de blâme anti-gouvernement MMM-PSM que le chef de l?opposition corrective dépose au moment choisi et voulu. Elle permet à ce dernier d?accuser le MMM-PSM de décevoir l?enthousiasme du 11 juin 1982. Il accuse plus précisément Bérenger de déstabiliser ce gouvernement par des révolutions de palais. Il accuse le MMM de trahir la classe ouvrière. Il dénonce les quinze péchés capitaux du gouvernement en place. Il déplore que l?espoir du 11 juin fait place au transfugisme, au gaspillage et au communalisme. Marie France Roussety fait l?inventaire des trahisons commises à l?encontre du petit livre mauve. Michael Glover accuse le MMM-PSM d?imiter mal le gouvernement travailliste qu?il a toujours critiqué.

Aux bassesses des accusations portées contre lui, le MMM-PSM se laisse aller à d?autres bassesses, comme celles de tirer coup sur coup, de son chapeau d?illusionniste, et à la veille des municipales du 15 décembre 1982, le rapport Lallah concluant à l?illégalité du recrutement de 21 000 partisans à la veille des législatives du 11 juin 1982, ainsi que celui de Me Marc David accusant l?ancien ministre des Coopératives, Iswardeo Seetaram, d?ingérences ministérielles indues dans la gestion quotidienne de l?usine de thé de Nouvelle France, d?empiètements sur les pouvoirs du conseil d?administration et de pression en vue du recrutement de partisans politiques.

Gaëtan Duval s?empare alors d?une proposition gouvernementale bienvenue de réduire le nombre de nos congés publics de 23 à 13, pour se livrer à la plus vile attaque possible contre le MMM et contre la hiérarchie catholique. Il ne digère pas que le Groupement curepipien ait pu aligner 24 candidats, capables de mordre sérieusement dans l?électorat bleu et mauve, dans les trois arrondissements de la ville. Il ne décolère pas en apprenant qu?une messe a été célébrée au domicile de la candidate du GC, Paula Atchia. Il accuse le père Noël Koenig de multiplier les sermons politiques en faveur de ses adversaires politiques.

Paula Atchia explique en vain qu?il s?agit de la messe mensuelle du quartier Bestel qui, depuis des années, est célébrée chez elle, sans aucune connotation politique et électorale, bien sûr. D?ailleurs, la messe est célébrée, non pas par le père Koenig, mais par le père Chan.

Gaëtan Duval ne décolère pas. Il accuse évêque et prêtres catholiques de complaisance à l?égard du gouvernement MMM. La réduction des congés publics à caractère chrétien ne doit pas être discutée avec les hiérarchies chrétiennes mais avec les dirigeants politiques, se prétendant les leaders de la communauté chrétienne (N.B. Comprenne, qui pourra, la logique (?) d?un argument aussi illogique). C?est la faute banne mon père, affirme Duval qui n?est pas à sa première critique contre les prêtres catholiques. Jugnauth aurait-il fait appel à Gaëtan Duval que les chrétiens n?auraient pas perdu un seul congé public. (N.B. Voilà qui fera plaisir aux dissidents bleus en faveur de l?amizement créole du lundi de Pâques).

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