Publicité

Le prix des places à l?Opéra au théâtre s?envole le soir du nouvel an

24 décembre 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Comment expliquer que pour la soirée du 31 décembre dans les deux salles de l'Opéra national de Paris les prix de certaines places soient le double de ceux pratiqués pour ces spectacles les autres jours ? Il faudra débourser de 7 euros à 160 euros pour le ballet Paquita à Garnier (au lieu de 6 euros à 80 euros) et de 5 euros à 130 euros pour Casse-Noisette à Bastille (au lieu de 5 euros à 75 euros).Ce phénomène est traditionnel dans les théâtres privés qui, si l'on se fie aux tarifs affichés sur leurs sites Internet, majorent plus ou moins leurs prix habituels pour la Saint-Sylvestre. Mais l'Opéra est un établissement public culturel subventionné par l'Etat.

Le site Internet annonce «Soirée de gala» pour le Nouvel An et, effectivement, les spectateurs auront droit à l'entracte au champagne et à un buffet. Le directeur commercial du développement et de la communication de l'Opéra de Paris, Jean-Yves Kaced, explique qu'à jauge pleine, c'est-à-dire si les 1 900 places du Palais Garnier et les 2 700 places de l'Opéra-Bastille trouvent preneurs, la recette sera aux alentours de 150 000 euros. La réception (boissons, traiteur et fleurs) reviendra à quelque 110 000 euros. Gain : environ 40 000 euros.

Le buffet sera donc prohibitif pour les détenteurs des places à 130 euros ou 160 euros, mais c'est pour la bonne cause, dit-on à l'Opéra. «Ces soirées de gala, explique son directeur, Gérard Mortier, nous permettent d'aller donner Cosi fan Tutte de Mozart en banlieue, avec des tarifs jeunes à 11 euros, ou de programmer en avril au Théâtre des Amandiers de Nanterre Les Noces de Figaro avec un tarif unique à 40 euros.»

<B>Ni fleurs ni champagne</B>

C'est le conseil d'administration de l'Opéra de Paris qui décide de la programmation et des prévisions financières. Ce conseil comprend des représentants du ministère de la Culture, du ministère des Finances, des représentants des salariés et des personnalités. Ces hausses de tarifs ont reçu leur aval au moment du vote du budget. Elles ne sont donc en rien liées au trou financier occasionné par la grève récente liée aux régimes spéciaux de retraite.

A la Comédie-Française, autre haut lieu subventionné, le spectateur du Mariage de Figaro de Beaumarchais, le 31 décembre (complet), n'aura en revanche pas à débourser 1 euro de plus. Ni pour La Mégère apprivoisée de Shakespeare à 14 heures (de 11 euros à 37 euros). Mais il n'y aura ni fleurs ni champagne.

Le Théâtre du Rond-Point affiche, pour le réveillon, les quatre spectacles les plus gais de sa programmation (soirée de fête oblige). Pour Les Diablogues, d'après Roland Dubillard, Divino Amore, d'Alfredo Arias et René de Ceccatty et pour le nouveau spectacle de Guy Bedos, les tarifs seront - sans justification ? de 25 euros à 50 euros au lieu de 24 euros à 35 euros. En revanche, Emma la clown sous le divan (Meriem Menant) exerce sa thérapie de groupe avec le public au tarif habituel (de 10 euros à 28 euros).

Dans les théâtres privés, les hausses de prix varient. Certaines sont légères : pour voir Victor ou les enfants au pouvoir, de Roger Vitrac, dans la mise en scène d'Alain Sachs avec Lorant Deutsch, il en coûtera de 23 euros à 68 euros au lieu de 20 euros à 52 euros.

Au Théâtre de l'?uvre, on pratique en ce soir d'exception une formule à prix unique, aligné sur le tarif le plus élevé en temps normal : 30 euros pour aller voir L'Entretien de M. Descartes avec M. Pascal le jeune (dont ce sera la dernière) avec Daniel Mesguich, dans le rôle de Descartes, face à son fils William qui tient celui de Pascal. Plus tard dans la soirée, Voltaire's Folies d'après Voltaire, adaptation et mise en scène de Jean-François Prévand, est proposé à 40 euros.

En revanche, les porte-monnaie souffriront plus pour aller voir Biographie sans Antoinette au Théâtre de la Madeleine avec Thierry Lhermitte et Sylvie Testud puisqu'il faudra débourser de 38,10 euros à 122 euros au lieu de 20,10 euros à 63,60 euros.

On pourra ensuite enchaîner, dans le même théâtre, sans trop se ruiner avec Entre autres, par Jean Rochefort, avec Lionel Suarez à l'accordéon, en dépensant de 25,50 euros à 78 euros (au lieu de 17 euros à 52 euros).

<B>© Le Monde 2007 Distribué par le New York Times Syndicate</B>

Publicité