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Lequel est indispensable ?

24 décembre 2007, 00:00

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<B>Par Gilles RIBOUET</B>

Conakry, Guinée. Au Centre Sory Kandia Kouyaté des notes de jazz, de la kora électrique, une bourse aux livres, du théâtre local et des artistes français ou internationaux de passage. C?était il y a trois ans environ. Le Centre culturel franco-guinéen était mon QG.

Rose-Hill ou Quatre Bornes, Maurice. Au Centre Charles Baudelaire (CCB) ou au Conservatoire François Mitterrand, du rock mauricien, du seggae, du jazz roche-boisien, du lyrisme et encore une fois de la kora électrique. C?était cette année. Le Centre culturel français tend à devenir un nouveau QG.

Ce n?est pas de la propagande pro-française. Encore moins un discours laudatif gratuit ou un coup d?encensoir. La coopération culturelle est bel et bien un soutien de la culture dans les pays en voie de développement. Les coopérations indienne et chinoise étoffent aussi notre agenda culturel. Certes, les crédits alloués au ministère mauricien des Arts et de la Culture sont dérisoires eut égard à sa mission. Surtout, les autorités «culturelles» entretiennent des carcans qui relèvent plus d?un passéisme pesant, parfois folklorisés. Notre ministère n?a-t-il pas mieux à faire que d?estampiller les DVD importés sous couvert de censure bienveillante ?

La question des moyens est centrale. Mais elle n?est pas unique. Les agences d?évènementiel locales sont force de propositions. C?est louable. Pour autant, ce n?est que trop rarement qu?elles nous invitent à découvrir nos jeunes talents, connus ou inconnus. Toute culture exogène serait-elle systématiquement portée au pinacle ? Si tel était le cas, ce serait gravissime !

Il y a quelques mois, le CCB organisait un tremplin des musiques actuelles. La curiosité initiale est devenue une habitude hebdomadaire durant les quatre semaines du tremplin. Et pour cause : les groupes participants, toutes influences confondues ? même les plus atypiques ? ont attesté avec éloquence la richesse des talents locaux.

Mon point est le suivant : les coopérations culturelles française, indienne ? tous les mois le centre Indira Gandhi est le théâtre d?une activité culturelle orientale, ou chinoise, sont des acteurs clés du paysage culturel mauricien. Le manque de moyens du ministère est un faux-fuyant trop aisé. Il s?agit surtout d?inventivité, de recherche et de promotion de talents.

Il faut croire que la culture des Autres est bénie tant les ponts d?or se multiplient pour les amener ici. Mais paradoxalement, ce sont ces gens d?ailleurs qui semblent avoir conscience de la richesse de notre paysage culturel. La reconnaissance locale de nos artistes procède trop souvent d?un adoubement préalable hors-côtes.

Dans la plupart des pays en voie de développement, la culture ? et son ministère de tutelle ? est un enfant pauvre. Mais de Conakry à Maurice, d?Hanoi à Lomé, j?ai toujours été content de voir que la coopération culturelle nous ouvre à la culture d?un pays qui manque de moyens. L?Inde, la Chine et la France principalement, ont garni notre calendrier d?évènements souvent remarquables. Serait-il trop candide, en cette période de Noël, de demander à notre ministère de nous offrir en plus des «jalsa» populaires quelques spectacles de qualité sans qu?ils soient compassés ? Mieux, une plus juste appréciation de nos artistes ? Dans l?attente, nous pourrons au moins nous rassasier de DVD avec garantie ministérielle.

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