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Rodrigues l?autonomie devient source de tensions
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Rodrigues l?autonomie devient source de tensions
Dès qu?il est question de pouvoir, même les définitions les plus nettes peuvent prêter à confusion lors des situations conflictuelles. Et comme les pouvoirs de l?Assemblée régionale rodriguaise sont dans un rapport d?interdépendance avec l?Assemblée nationale, le bras de fer était presque inévitable. Retour en arrière.
21 novembre 2001. Les sourires s?affichent. Le Parlement vote l?amendement à la Constitution et le projet de loi visant la création de l?Assemblée régionale. L?initiative est saluée par l?ensemble de la classe politique mauricienne et rodriguaise. C?est un «pari sur la maturité des Rodriguais», fait-on ressortir.
Ce pari aujourd?hui devient de plus en plus une source de tension. Au point que la question de l?indépendance de Rodrigues revient sur le tapis. Les principaux protagonistes de l?île tentent néanmoins de calmer le jeu. «On n?a pas discuté de l?indépendance de Rodrigues. J?ai évoqué toute la question avec Johnson Roussety et il m?a assuré que ce n?est pas ce qu?il a dit. Il a surtout parlé des gens de la rue qui évoquent cette éventualité face à une situation où ils se sentent incompris des autorités mauriciennes. Par contre, on a toujours parlé de l?indépendance économique de Rodrigues», insiste Nicolas Von Vally, leader du Mouvement rodriguais (MR) auquel appartient le chef commissaire de l?île, Johnson Roussety.
Afin de parvenir à cette indépendance économique de Rodrigues qu?évoque Nicolas Von Mally, il existe un fort sentiment chez les Rodriguais que l?aide mauricienne doit surtout être axée sur le développement infrastructurel. Rodrigues veut les moyens pour assurer son propre développement. «Nous voulons contribuer à l?épanouissement de l?économie mauricienne. Nous voulons d?une île Rodrigues qui se tient sur ses deux pieds. Les Rodriguais veulent de l?emploi. C?est un peuple fier qui veut travailler, qui ne croit pas à l?assistanat», soutient le leader du MR.
<B>«Il y a un risque de catastrophe sociale»</B>
La crise actuelle, fait-on ressortir du côté de la majorité de l?Assemblée régionale, est due à l?incompréhension des autorités mauriciennes par rapport à la situation rodriguaise. Pour Nicolas Von Mally, il n?a jamais été question de tirer un quelconque capital politique de cette crise. «Il n?y a pas de surenchère. L?Assemblée régionale a pris une décision d?allouer une compensation de Rs 1 085 aux pêcheurs rodriguais. C?est une mesure ponctuelle. Car il y a un développement qui est prévu et qui enregistrera un redéploiement de la main-d??uvre. On est sur des charbons ardents. Si le gouvernement insiste sur sa position, il y a un risque de catastrophe sociale. Qu?il vienne expliquer aux pêcheurs rodriguais pourquoi on est dans cette situation», lance Nicolas Von Mally.
Mais les choses ne sont pas aussi simples. Pointé du doigt, le ministère des Finances explique qu?il ne fait que respecter la loi. Suite aux analyses du directeur de l?Audit et aux consultations avec le State Law Office, il s?avère que la décision de l?Assemblée régionale est illégale. Ce n?est plus donc une affaire qui relève des compétences des Finances. Cependant, celles-ci se disent disposées à travailler sur les cas vraiment nécessiteux. Des propositions ont été faites pour que ces cas soient relayés jusqu?à l?Empowerment Programme, par exemple. Mais les autorités rodriguaises semblent avoir fait le choix de la confrontation.
«La solution de toute de cette affaire ne se trouve pas aux Finances», confie-t-on au ministère qui se doit de se plier aux décisions du parquet. Désormais, il y a une attente : que les principaux protagonistes se retrouvent dans le cadre de la loi avant d?étudier d?éventuelles solutions au conflit.
Les pêcheurs rodriguais, pour leur part, se regrouperont en front commun et prendront de nouvelles initiatives si la situation n?évolue pas en leur faveur. Ils insistent sur le fait que la source du conflit vient de la décision du ministère des Finances de diviser l?île en quatre zones. Ils maintiennent qu?ils n?ont jamais été d?accord avec cette décision qui implique que l?allocation de mauvais temps est «inégalement» distribuée entre les pêcheurs. Ils rappellent aussi que la décision frappe davantage Rodrigues que Maurice. Le budget pour Rodrigues a été ramené de Rs 54 millions à Rs 28 millions alors que, pour Maurice, il est passé de Rs 48 millions à Rs 42 millions. «On veut d?une Rodrigues comme une seule zone. D?ailleurs, lorsque les services météorologiques émettent leur communiqué, Rodrigues est présentée comme une seule zone. Avec le système de zonage, seulement les pêcheurs en haute mer recevront quelque chose alors que ceux du lagon n?auront rien», fait-on comprendre parmi les pêcheurs.
Entre un pouvoir central qui se montre intr0ansigeant et une autorité régionale qui se rattache à ses «droits», l?effort n?est pas seulement à fournir dans l?interprétation de la loi mais aussi dans cette nécessité d?éviter un conflit stérile.
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