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Vingt bougies pour Vacoas-Phoenix
Le 20e anniversaire de la création de la municipalité de Vacoas-Phoenix, en décembre 1982, fournit, à la presse écrite, l?occasion de publier un dossier sur l?histoire de ces deux villages, réunis pour former la municipalité précitée.
Elle se fait d?abord l?écho de plusieurs traditions selon lesquelles l?appellation «vacoas» viendrait du mot malais wak wak pour désigner un latanier dont le fruit lourd, volumineux et cylindrique ferait ce bruit, en tombant avant d?éparpiller les nombreuses graines accolées au noyau central. Les Malais utilisent les feuilles de ce latanier pour fabriquer des tentes et des nattes (tanta et naty en malais). L?on croit savoir que l?on doit aux navigateurs malais l?introduction du vacoas à Maurice. Ils sont connus pour transporter dans leurs frêles esquifs à balancier des graines de vacoas pour les mettre en terre là où ils abordent. La langue malgache est assez proche de la langue malaise. La prolifération du latanier à Vacoas est sans doute la raison du nom donné à cette localité.
Selon ce même dossier, l?appellation phoenix aurait des origines celtes, indiquant un lieu traversé par plusieurs rivières ou ruisseaux. On prête la même étymologie à Phoenix, ville américaine, de l?Etat d?Arizona. Le seul rapprochement qu?on peut faire avec l?oiseau mythologique, phénix, renaissant de ses cendres, serait que la partie industrielle de Phoenix se trouve sur l?emplacement de l?ancienne usine sucrière du même nom, située au confluent des rivières Sèche et du Mesnil. Elle ferme ses portes en 1874, en raison d?une dépression financière. Le cyclone du 29 avril 1892 détruit ce qu?il lui reste comme vestige. Phoenix est aussi le nom donné à un palmier.
La ville de Vacoas-Phoenix compte, en décembre 1982, 57 000 habitants. Il faut ajouter à ce nombre les 24 000 habitants de Petit Camp, de Camp-Fouquereaux, de Highlands, de Glen Park, de Hollyrood, d?Henrietta, de La Marie, de Quinze Cantons, de La Caverne, de Solférino qui ne font pas encore partie de Vacoas-Phoenix. C?est chose faite depuis. Vacoas-Phoenix compte aujourd?hui près de 100 000 habitants, devenant la municipalité la plus populeuse après Port Louis. En 1982, la superficie de Vacoas-Phoenix est de 2 863 arpents, ce qui donne une densité démographique de 20 personnes à l?arpent.
La création de Vacoas-Phoenix remonte à avril 1963. Un conseil urbain de 12 membres élus et de quatre membres nommés, dont un certain Anerood Jugnauth, jeune avocat venu habiter à La Caverne, administre la nouvelle ville. L?hôtel de ville est provisoirement situé à Campbell Lane. En 1965, ce centre administratif prend possession de la magnifique demeure créole de feu sir Edouard Nairac, ancien chef juge de Maurice. Le 17 mai 1980 est inauguré le nouvel hôtel de ville flambant neuf de la localité, à la route Saint-Paul. A l?occasion de l?indépendance du pays, en mars 1968, le conseil urbain de Vacoas-Phoenix devient municipalité. Mais en douze ans, les habitants n?ont connu que deux élections municipales, dont celle complètement bidon de 1969 en raison d?une entente préélectorale entre PTr et PMSD, négociant alors un gouvernement de coalition. C?est donc davantage de commissions administratives nommées que de conseils urbains élus qui administrent Vacoas-Phoenix avant 1982. Un conseil urbain PMSD administre Vacoas-Phoenix de 1964 à 1967. Lui succède un conseil municipal de 1968 à 1977. Les Vacoassiens ont ensuite droit à une commission administrative de 1972 à 1971, à un conseil municipal MMM de 1977 à 1979, de nouveau à une commission administrative de 1980 à 1982 et depuis à un conseil municipal.
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