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A la croisée des mondes - La boussole d?or

20 décembre 2007, 20:00

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En fait, il ne s?agit pas d?une boussole avec une aiguille qui se contente bêtement d?indiquer le Nord, mais d?un appareil plus intéressant: un aléthiomètre, instrument qui n?existe que dans ce film et dans les romans de Phillip Pullman. C?est un appareil avec un cadran et des aiguilles qui répond aux questions que l?on se pose en son for intérieur et il faut un don spécial pour l?utiliser. Autrement, les lecteurs se doutent bien que ce serait trop facile. Phillip Pullman est ce qu?on pourrait appeler un créateur d?univers. Et A la Croisée des Mondes... est l?adaptation signée Chris Weitz du premier volet de son best-seller qui en compte trois.

Certains ont émis des réserves, reprochant notamment à cette adaptation, une simplification à outrance et l?ablation de quelques épisodes plus sombres de l??uvre originale. L??uvre écrite originale serait destinée à un public adulte alors que le film, lui, est clairement destiné à un public familial. A la Croisée des Mondes... tourne autour d?une orpheline de douze ans rebelle et surdouée, Lyra / Dakota Blue Richards. Celle-ci est pourchassée par les forces d?un gouvernement totalitaire et répressif dont les principaux agents sont incarnés par Nicole Kidman et Derek Jacobi, sinistres à souhait. Rien de tel pour émouvoir petits et grands. A cela, il faut ajouter que l?histoire se déroule dans un monde parallèle qui contient ce qu?il faut pour frapper l?imagination du spectateur, avec de splendides édifices «Art Déco» dans sa partie urbaine et de vastes étendues enneigées dans son grand Nord. On y navigue soit en bateau, soit en dirigeable (ballon ou zeppelin) et les automobiles sont propres à 100 %. Autant dire que les animateurs et graphistes ont dans ce film, toute la latitude pour exprimer pleinement leur talent. Outre son office de McGuffin, l?aléthiomètre n?est, finalement, qu?une astuce plutôt honteuse servant à contourner les questions susceptibles de ralentir le récit. Une autre astuce cependant, est magnifique : celle d?octroyer à chaque personnage humain, un «dæmon» ; c?est-à-dire un animal incarnant son âme. Le «dæmon» des enfants change constamment de forme (chat, oiseau, belette, etc.) et celui des adultes s?est stabilisé ; les personnages leur parlent ; ils sont vulnérables à travers eux, etc. Ce qui nous fait autant d?opportunités de les comprendre, presque en lisant dans leurs pensées.

A propos des personnages, A la Croisée des Mondes... a cela de rafraîchissant que le récit fait la part belle aux contestataires et aux marginaux. Un oncle (Daniel Craig) érudit et aventurier, toujours à enfreindre les lois du gouvernement, des gitans et des sorcières. Et, notre jeune héroïne, aux traits marqués par la détermination, a comme le plus extraordinaire de ses compagnons, un gigantesque et superbe nounours tout blanc. Entendez par là, un ours polaire que les animateurs n?ont pas cherché à rendre mignon. Comme les vrais, celui-là a l?aspect, le regard, l?attitude et les réflexes d?un tueur au sang froid, même s?il a le c?ur loyal et généreux.

Univers fascinant, superbes images, héros sympathiques et récit absorbant, malgré la mise en scène de Chris Weiz. Réalisateur d?un indigeste American Pie, il y a quelques années, ce dernier se contente ici de filmer les scènes et de les aligner sans aucune imagination. Rien ne vient titiller notre anticipation ou nous surprendre au détour d?une séquence, rien non plus pour que nous nous sentions inclus dans cette aventure épique. Sans être ennuyeux, ce film ne doit son intérêt qu?à la richesse du roman original.

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