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Un conflit inutile

6 décembre 2007, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Qui a gagné ? Qui a perdu ? Ni l?un, ni l?autre. Il n?y a, à l?issue du match entre l?Etat et les sucriers, ni vainqueur, ni vaincu mais un accord qui permet de sortir le pays de l?impasse. L?industrie sucrière peut maintenant enclencher sa modernisation et le gouvernement peut s?employer à faire autre chose que de combattre les barons sucriers.

Pendant plusieurs mois, le pays a vécu au rythme d?un conflit qui lui coûtait cher. C?est tant mieux si chaque partie peut maintenant consacrer son énergie à des fins plus utiles.

Dès ce matin, le coup d?envoi à la première étape de la centralisation sera donné.Les représentants du gouvernement et des sucriers se rencontrent pour discuter des modalités de fermeture de trois usines. Les lettres d?autorisation seront délivrées aussitôt après. Les optimistes prévoient que cette étape cruciale pour l?industrie sera franchie avant le 31 décembre. Ils estiment qu?il est possible de rattraper le temps perdu.

De plus, le dialogue s?instaure entre les décideurs publics et privés. Le climat d?affaires s?en trouvera amélioré.

Concrètement, ce qui change avec le dénouement intervenu hier, c?est que les usines Riche-en-Eau, Mon Trésor et Mon Loisir peuvent fermer. En revanche, rien n?a changé en ce qui concerne le financement à hauteur de 70 % des plans pour réduire le nombre les travailleurs dans les champs (VRS 2) et dans les usines (ERS). De même, 75 % du coût de la centralisation des usines sera financé à partir des mesures d?accompagnement de l?Union européenne. Tout cela était prévu dans un document signé depuis le 9 mai 2006.

Sur la question des terres, il y a un assouplissement des sucriers. Ils ont consenti à céder, sans condition, les 2000 arpents demandés par l?Etat pour des projets sociaux. Rien ne change en ce qui concerne les terres qui pourront être réquisitionnées par l?Etat pour des infrastructures publiques. Ce type de transfert est régi par des lois existantes. Quant aux métayers, ils devront attendre trois à quatre mois encore pour savoir s?ils pourront acheter les terres dont ils sont locataires.

Sur l?ouverture de l?actionnariat, le gouvernement a pu augmenter la part de 20 % que les planteurs et employés avaient obtenu dans le capital des usines en 1994 avec la création du SIT. Cette part est portée à 35 %. Manifestement, la «vieille ferraille» des compagnies usinières a acquis aux yeux des dirigeants du PTr une valeur qu?elle n?avait pas autrefois. Ces actions seront achetées par leurs acquéreurs. Elles ne seront pas offertes gratuitement.

Puis, il y a la question de l?énergie qui a profondément divisé Etat et sucriers. Elle restera en suspens en attendant une étude que mènera un expert indépendant. Cet arbitrage est, en somme, le meilleur moyen de parvenir à un accord juste et équitable. Il fallait y penser plus tôt. Cela nous aurait évité un psychodrame.

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