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Profitez des fruits avant qu?il ne soit trop tard?
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Profitez des fruits avant qu?il ne soit trop tard?
Décembre a pointé le bout de son nez avec, dans sa besace, une bonne nouvelle qui réjouira les gourmands et une autre, moins bonne, qui fera grincer les dents de ces mêmes amateurs de bonnes choses. Vous voulez laquelle en premier ? Va pour la bonne ! D?ici la semaine prochaine, les étals des marchés vont crouler sous les letchis mûrs et juteux.
Selon Nasser Peerally, président de la Market Traders Association, le prix du letchi à l?unité devrait baisser en conséquence d?une bonne roupie. De Rs 2,50, le letchi passera à Rs 1,50.
Et la mauvaise nouvelle ? Cet épisode gourmand ne va pas durer. D?ici la fin du mois, il ne restera plus que quelques grappes de ces fruits. La faute aux chauves-souris et au climat plus qu?instable.
Les mangues, elles aussi, seront plus rares. Si on devrait trouver des «baissac» jusqu?à la mi-janvier, les «dauphiné» ou les «maison rouge» seront plus difficiles à dénicher. Cette fois, la faute revient aux petits malins «kine kas tro bocou mang letan li ti enkor ver». Nasser Peerally précise que le prix de la mangue varie de Rs 15 à Rs 20.
Cette année, instabilité a été le maître mot. Un jour, il aura fait chaud et puis l?autre, plutôt froid. En somme, pas les conditions idéales pour une floraison réussie. Surtout lorsque l?on sait qu?il suffit de quelques heures de décalage pour que la floraison soit compromise. La récolte ne sera certes pas catastrophique mais quand même moins bonne que celle de l?an dernier.
Recrudescence de chauves-souris
Du côté de l?Agricultural Research and Extension Unit (AREU), on explique que dans certaines régions, notamment le Nord et l?Est, il a fait tellement chaud au début de l?été que les letchis ont connu une «maturité hâtive». La plupart des letchis de la région Nord ont déjà été récoltés. Ces mêmes letchis ont été exportés vers l?Europe. La majeure partie vers la France.
Il paraît que novembre est un bon mois pour l?exportation. «Les letchis de Madagascar ne sont disponibles sur le marché qu?à partir de la fin novembre et début décembre. Dès que les letchis de Madagascar sont disponibles, le prix chute. D?où l?intérêt d?exporter en novembre», explique-t-on du côté de l?AREU.
Si le volume de letchis disponible sur le marché est moins important, c?est aussi que les chauves-souris ont été très actives. L?AREU a noté une recrudescence de chauves-souris ces cinq dernières années. Elles n?hésitent d?ailleurs plus à s?aventurer en ville pour se nourrir. A l?AREU, on recommande d?installer des filets sur les arbres pour les effaroucher. D?autres optent pour des ampoules ou de larges feuilles de plastique. Un truc radical ? Placer du «bomli», trempé préalablement, dans un sac en plastique que l?on attache aux branches de l?arbre. Il paraît que l?odeur pestilentielle qui s?en dégage repousse les chauves-souris les plus téméraires et affamées. De petites bêtes que l?on ne peut tuer étant donné que c?est une espèce protégée, car en danger d?extinction.
S?il y a un fruit qui devrait connaître une bonne saison, c?est bien le longane. Dans la région de Beau-Bassin, les arbres sont «chargés». «Si pa gaign cyclone, pu gaign ene bon rapor. So pri pu moin. Sa fwa la, kapav nu pu gaign pli bocou longane ki letchi», soutient Nasser Peerally. L?AREU prévient toutefois que si les arbres sont «chargés», il faut tout de même les arroser régulièrement «pour faire grossir ces fruits». Car les longanes comme les letchis sont composés de plus de 85 % d?eau. Et qui dit sécheresse dit fruits chétifs.
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