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Un jardin extraordinaire !
Aussi étrange que cela puisse paraître, c?est la danse du ventre qui a réuni Sonia et Uma. Et pourtant, elles ont fréquenté le même collège secondaire, le Collège de Lorette de Quatre-Bornes, à intervalles pas trop lointains, se croisant toujours sans jamais vraiment se rencontrer.
La trajectoire subséquente de Sonia, née Forget, l?a emmenée sous plusieurs cieux. A commencer par Montpellier en France où elle a pris un diplôme en psychologie. Revenue à Maurice, elle a agi comme consultante en ressources humaines chez Price Waterhouse Coopers. Ses pas et surtout son c?ur ? elle avait déjà rencontré Paul Matthews, consultant pour la Mauritius Revenue Authority ? l?ont ensuite menée à Johannesburg où elle a fait de l?administration pour une société de traitement des eaux usées. C?est d?ailleurs là qu?elle a appris la danse du ventre de Shalimar, celle qui a introduit cette danse en Afrique du Sud.
Sachant qu?elle regagnait Maurice pour se marier à Paul Matthews, Shalimar lui a dit qu?elle a le niveau requis pour pouvoir enseigner la danse du ventre. C?est ce qu?elle a fait et continue à faire jusqu?ici à la David Academy of Dancing et chez Fitzone. Elle n?a fait qu?une pause d?un mois avant son accouchement, la danse du ventre n?étant pas indiquée pour les femmes en voie de famille.
Le parcours d?Uma est sensiblement différent de celui de Sonia. A l?issue de ses études, elle part pour la France et change de filière. Au lieu de poursuivre avec les sciences, elle bifurque vers la comptabilité et la gestion dans une grande école parisienne. Et cela dans l?optique de monter des affaires.
Pour acquérir de l?expérience professionnelle, Uma prend de l?emploi au sein d?une société d?immobilier-loisirs. Lorsqu?elle démissionne, elle fonde sa propre société d?immobilier-loisirs à Lyon et à Dijon. Si ses affaires marchent bien, Uma finit par ne plus supporter cette vie au pas de course. Elle rentre au pays et monte en association plusieurs affaires dans le tourisme et la confection d?uniformes. Lorsque Uma qui est mariée à un Français, accouche d?un enfant prématuré, elle a besoin de se défouler et la danse du ventre, enseignée par une certaine Sonia Matthews, est toute indiquée.
C?est ainsi qu?elle devient l?élève de Sonia. Les deux femmes sympathisent. Sonia est agréablement surprise par la régularité d?Uma qui ne rate jamais un cours, de même que ?par sa positivité qui est très contagieuse?. Les choses en seraient restées là si des élèves de l?université de Maurice n?avaient pas sollicité Sonia pour qu?elle anime un cours sur le campus. Ne pouvant être au four et au moulin, Sonia décide de déléguer. Et comme Uma fait partie de ses meilleures élèves, c?est à elle que Sonia s?adresse. Uma répond par l?affirmative ainsi qu?à la demande d?enseignement de cours de danse du ventre à Empire Gym.
En avril dernier, Sonia, qui suit de près toutes les initiatives liées à la préservation de l?environnement, décide de refaire le jardin de sa maison à Floréal. Elle se tourne vers un architecte-paysagiste qui lui présente une note plutôt salée «pour une forme de quatre lignes». En s?informant, elle réalise que le professionnel dont elle a besoin en réalité est un designer de jardin.
Lors d?un déplacement en Grande Bretagne, Sonia s?achète plusieurs livres sur le design de jardin qui est l?aménagement de tout jardin avec des plantes propres à la région. «C?est connaître les plantes, le sol et le climat. En sus de ces trois paramètres, dans les livres de design de jardin, il est dit qu?il faut observer les plantes qui poussent spécifiquement dans chaque région».
C?est en ouvrant l??il que Sonia note un grand laisser-aller dans les jardins de bon nombre de Mauriciens. ?Les Mauriciens aiment pourtant planter mais ils manquent de temps et ne savent pas comment embellir leurs jardins. Tout comme ils ne sont pas familiers aux plantes qui absorbent plus le monoxyde de carbone que d?autres ou encore aux insectes bénéfiques qui permettent de réduire la quantité de pesticides?. Sonia confie la chose à Uma et là, elles décident de fonder l?organisation non-gouvernementale Conscientisation et Apprentissage des Plantes pour l?Embellissement de l?Environnement (CAPE Environnement) et dont l?objectif est d?embellir l?environnement de Maurice à moindres coûts. Sur le modèle d?une émission anglaise où des animateurs vont refaire le jardin d?un particulier, elles décident d?aller chez un volontaire qui veut bien refaire son jardin. Elles se font accompagner par une équipe chargée de l?entretien de la cour et de peindre la maison. Et cela gratuitement. Elles pensent aussi au réaménagement des jardins de compagnies mais aux frais de ces dernières.
Jusqu?à présent, Sonia et Uma ont trouvé deux parrains, Phocéa, entreprise de construction immobilière qui fournit la main-d??uvre, et le fabricant de peinture Mauvillac. CAPE Environnement se charge des plantes. Voulant en faire une émission de télévision pour éduquer les citoyens sur les plantes endémiques, les insectes bénéfiques comme les abeilles, coccinelles et cochenilles et sur l?embellissement de l?environnement, elles ont pris contact avec Bijaye Madhoo, directeur général de la Mauritius Broadcasting Corporation, qui les a encouragées à produire une telle émission.
Elles ont trouvé une famille volontaire à Quatre-Bornes qui a bien voulu leur confier son jardin et l?extérieur de sa maison. Un producteur privé est venu filmer cette opération de relooking. «Nous avons planté deux plantes endémiques, 29 plantes ornementales non envahissantes et nous avons élagué les arbres et repeint la maison en une journée». Une fois le film en boîte, il a été soumis à la MBC. Mais la corporation a trouvé qu?il était «trop amateur» et a proposé à la place de prendre à sa charge la production et le montage de toute nouvelle émission de réaménagement de jardin qu?elles animeraient.
Sonia et Uma ont alors offert de transformer l?immense jardin de la MBC, aux frais de la corporation, et d?y mettre 500 plantes dont la majorité sont endémiques. Le directeur général est enchanté par ce projet qui a démarré il y a une semaine. Le film de cet embellissement devrait être projeté en février prochain. «Dans l?émission, nous faisons aussi intervenir un employé des Bois et Forêts et un représentant de l?Agricultural Research and Extension Unit qui donneront des explications plus scientifiques sur les plantes».
Sonia et Uma ont prévu 13 émissions de ce type qui seront diffusées et rediffusées hebdomadairement sur les différentes chaînes de la MBC. Ce qui leur fait défaut actuellement, ce sont des parrains car cette entreprise de réaménagement avec des plantes endémiques est coûteuse. Elles leur promettent en contre-partie de l?espace publicitaire durant l?émission. Tout comme elles doivent trouver des volontaires disposés à laisser leurs jardins entre leurs mains. A bons entendeurs ?
Note de bas de page : Sonia et Uma peuvent être contactées par téléphone au 701 3149 et par écrit à «CAPE Environnement», Boîte Postale numéro 13, Floréal.
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